La flambée des prix du pétrole et les tensions autour du détroit d’Ormuz pourraient déclencher bien plus qu’une simple crise énergétique. Entre risques de récession, escalade militaire et fragilisation de l’ordre mondial, c’est tout l’équilibre de la civilisation pétrolière qui vacille.
« Le pétrole est à l’économie réelle ce que le crédit est à Wall Street. » — Tom Dyson
Notre mission – qui consiste à relier les points de l’Histoire entre eux – se poursuit comme à l’accoutumée.
Et quel spectacle !
Nous assistons à une véritable explosion de points, comme des feux d’artifice projetés dans le ciel, éclatant en centaines d’étincelles scintillantes avant de retomber au sol. Et chacune d’elles pourrait atterrir dans un réservoir de kérosène.
Quelle époque exaltante !
Dans cette lumière incendiaire, se dessinent les contours de plusieurs grandes questions.
Si Tom Dyson a raison, nous allons bientôt constater les effets réels d’une hausse brutale des prix du pétrole. Les économies modernes basculeront-elles en récession ? Et lorsque les investisseurs verront les bénéfices des entreprises s’éroder, assistera-t-on à un krach boursier ?
Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi la question des enjeux stratégiques actuels. L’Iran, dont l’armée a été presque anéantie, peut-elle réellement contrôler le détroit d’Ormuz ? Ses missiles et ses drones sont-ils capables de couler un navire de guerre de la marine américaine ? Et que devient la civilisation moderne lorsque sa ressource la plus précieuse – son véritable sang – devient soudain beaucoup plus difficile à obtenir ?
Faillites d’États ? Pénuries alimentaires ? Émeutes ? Révolutions ?
MN Gordon ajoute :
« La flambée des prix du pétrole est un signe avant-coureur bien connu du ralentissement économique. La hausse du prix de l’essence n’est pas une simple contrariété de marché. Elle agit comme un impôt régressif qui frappe chaque être humain qui mange, se déplace ou consomme. Lorsque les prix s’envolent et que les pompes se tarissent, ce sont les fondations mêmes de l’économie mondiale qui vacillent. »
Le plan stratégique des États-Unis reste, à ce jour, inconnu. Pendant des années, différents généraux américains ont mis en garde contre une attaque contre l’Iran. Celui-ci pourrait contrôler le détroit d’Ormuz, soulignaient-ils, avec des conséquences potentiellement dévastatrices. Comme pour confirmer notre hypothèse – selon laquelle la mission historique de Donald Trump (et non son intention) est d’isoler et d’affaiblir l’empire américain – le président s’est avancé avec audace là où d’autres n’ont pas osé aller.
Et maintenant, surprise !
Le détroit d’Ormuz est fermé aux États-Unis et à Israël.
Business Insider rapporte :
« La flambée des prix du carburant frappe déjà l’économie
‘Quand les prix de l’essence explosent, les trajets domicile-travail reviennent, en pratique, à une baisse de salaire’, nous confie un directeur des opérations.
Si quelques employeurs assouplissent leur position sur le retour au bureau face à la hausse des prix, la grande majorité ne devrait pas modifier ses exigences, surtout dans un marché du travail qui se détend, où de nombreux salariés n’ont plus le levier nécessaire pour résister.
Cette nouvelle hausse rappelle à quelle vitesse l’augmentation des prix du carburant se propage à l’ensemble de l’économie. »
Alors, que va-t-il se passer maintenant ?
L’équipe de Trump pourrait proclamer la victoire, rapatrier les troupes et organiser un défilé sur la Cinquième Avenue. Après tout, elle aurait de quoi célébrer : elle a « anéanti » à deux reprises les capacités nucléaires de l’Iran !
Le problème, c’est que tant que l’Iran bloque le détroit d’Ormuz, cette victoire restera illusoire. Déjà, l’attaque contre l’Iran ressemble à une guerre mal organisée, où le protagoniste principal improvise au fil des événements. Et désormais, deux options s’offrent à lui : mettre fin au conflit – au risque d’être perçu comme un nouvel échec – ou l’élargir (avec des troupes au sol, par exemple).
Dans les deux cas, cela pourrait peser lourdement sur les républicains lors des élections de novembre.
Notons que l’Iran n’a pas besoin de bloquer totalement le trafic dans le détroit d’Ormuz pour atteindre son objectif. La menace crédible de détruire un ou deux pétroliers suffit à réduire fortement l’offre de pétrole disponible et à faire grimper considérablement les prix des carburants et des engrais.
Autre point : l’idée d’utiliser la marine américaine pour sécuriser le trafic maritime paraît pour le moins hasardeuse. Les navires sont des cibles idéales pour les drones. Les Iraniens pourraient être capables de les détruire.
Et même si ce dispositif fonctionnait, la marine américaine ne dispose pas d’un nombre suffisant de navires pour désengorger ce goulet d’étranglement. Trump a tenté d’y remédier en appelant d’autres nations à participer. Mais se mettre à dos ses alliés a un prix.
Jusqu’à présent, l’Italie, l’Espagne, la France, la Norvège, le Canada, le Japon, l’Australie et l’Allemagne ont toutes, prudemment, répondu « non » – tandis que d’autres n’ont tout simplement pas donné suite.
Il se pourrait donc que nous soyons face à bien plus qu’un simple affrontement entre, d’un côté, Israël et les États-Unis, et de l’autre, l’Iran et ses alliés. Nous assistons peut-être à une épreuve majeure pour l’équipe Trump et pour l’empire américain… voire à un test décisif pour la civilisation elle-même, fondée sur le pétrole.
Saura-t-elle éviter une guerre susceptible de la priver de ce dont elle dépend le plus ?

2 commentaires
Après avoir insulté, menacé, rançonné, vilipendé les Etats amis comme ennemis, D Trump leur demande de l’aider dans une guerre illégale et inutile.
Qu’espérait il ? Dans quel rêve vit il ?
Les Etats Unis sont exportateur d’un pétrole cher, le leur et celui du Venezuela. Il semble qu’une fermeture temporaire du détroit d’Ormuz procure quelques bénéfices. Cette fermeture temporaire affaiblit la Chine et l’Ukraine. On peut penser que Trump et Poutine, trop heureux, s’entendent même si la Russie arme surement l’Iran. L’Europe comme d’habitude va payer la note dans un chaos qu’elle a elle même provoqué. Il n’est pas sur que l’armée Américaine et Israël, dans son combat vital, n’ait pas les moyens de neutraliser ce qui reste d »Iran à terme. Tout ceci ressemble à une partie de poker, certes risquée, mais avec des gagnants et un perdant certain, l’Europe.