Dans un monde instable, marqué par un dollar faible, des banques centrales acheteuses et des marchés actions toujours élevés, l’or retrouve de solides arguments. Son rapport au S&P 500 suggère même qu’il pourrait encore être sous-évalué.
Les arguments en faveur de l’or sont nombreux aujourd’hui.
Le plus évident tient au contexte mondial : dans un environnement instable, marqué par l’incertitude, l’or continue de jouer son rôle historique de réserve de valeur — un statut qu’il conserve depuis des millénaires.
Les banques centrales, elles aussi, renforcent cet attrait. Ces derniers mois, elles ont intensifié leurs achats d’or.
Certes, la Turquie en vend actuellement, contrainte par son besoin de dollars. Mais la Chine, elle, reste un acheteur majeur : elle a accru ses réserves d’or pendant 17 mois consécutifs.
Le dollar demeure faible, et cette faiblesse pourrait perdurer avec un président de la Fed davantage enclin à baisser les taux. Or, un dollar faible constitue généralement un soutien pour le métal jaune.
Mais au-delà des fondamentaux, une question s’impose : que disent les marchés ? Est-ce vraiment le bon moment pour acheter de l’or ?
Pour y répondre, j’ai comparé la valorisation de l’or à celle des actions, en étudiant le ratio entre le prix de l’or et le S&P 500.
Prenons d’abord du recul avec un graphique sur 25 ans.

Aujourd’hui, l’or se négocie à 0,65 fois le niveau du S&P 500.
Il semble sortir d’une longue phase de consolidation, amorcée il y a près de dix ans. Il évolue également au contact de sa moyenne mobile à 200 mois. Un franchissement durable de ce seuil signalerait probablement une accélération de l’or, par rapport au S&P 500.
Cela ne signifie pas nécessairement que l’or doit monter pendant que le S&P baisse. Je reste optimiste sur les actions : si l’indice continue de progresser — comme il l’a toujours fait sur le long terme — et que l’or réduit l’écart qui le sépare du S&P 500, alors son potentiel de hausse devient considérable.
À plus court terme, intéressons-nous maintenant au graphique journalier de l’année écoulée.

Depuis janvier, le ratio recule, l’or ayant corrigé après ses sommets.
Il se rapproche désormais de sa moyenne mobile à 200 jours, orientée à la hausse, qui devrait faire office de support.
Le panneau inférieur affiche par ailleurs l’indicateur stochastique, qui mesure la dynamique du marché. Il se trouve en zone de forte survente et commence à se retourner à la hausse : un signal encourageant.
S’il s’agissait d’une action, je serais tenté de l’acheter sans hésiter. La tendance reste haussière, le cours revient sur un support important, et la dynamique commence à s’améliorer.
Lorsque l’or entamera sa prochaine phase de hausse, si le ratio parvient à franchir sa moyenne mobile à 200 mois, je ne serais pas surpris de le voir se rapprocher de 1,0. Autrement dit, le prix de l’or rejoindrait alors le niveau du S&P 500.
Même si le S&P restait stable par rapport à ses niveaux actuels, un tel scénario impliquerait une hausse de 56 % du prix de l’or. Et si l’indice continuait de progresser, le potentiel de gain serait encore plus important.
Les raisons d’apprécier l’or ne manquent donc pas aujourd’hui. Sa relation avec les actions en ajoute une de plus.
