Alors que l’or s’échange nettement sous son dernier sommet historique, les investisseurs disposent peut-être d’une nouvelle fenêtre d’entrée. Mais pour profiter pleinement d’un rebond, l’or physique et les ETF ne sont pas forcément les options les plus puissantes. Les sociétés minières aurifères, en particulier les plus petites, peuvent offrir un effet de levier bien supérieur…
Le cours de l’or évolue actuellement près de 1 000 dollars sous son plus haut historique, atteint en janvier.
Pour les investisseurs convaincus que le métal jaune n’a pas dit son dernier mot, cette correction peut représenter une fenêtre d’entrée intéressante — avant une éventuelle nouvelle poussée haussière et, pourquoi pas, l’inscription d’un nouveau record.
Il existe plusieurs façons de s’exposer à l’or.
La première consiste à acheter de l’or physique, sous forme de pièces ou de lingots. Mais cette solution pose immédiatement une question pratique : où le conserver ?
Les pièces sont relativement simples à stocker, notamment dans un coffre bancaire – à condition d’accepter les frais annuels qui l’accompagnent. Un coffre-fort à domicile peut également convenir à condition qu’il soit solidement fixé, difficile à déplacer et suffisamment résistant aux tentatives d’effraction. Les lingots, en revanche, sont plus contraignants. Dès que les montants deviennent significatifs, il faut disposer d’un coffre de grande taille, voire d’une véritable chambre forte.
Il est aussi possible de confier son or à un service de stockage spécialisé. Mais dans ce cas, vous ne détenez plus physiquement le métal. Or, pour beaucoup d’investisseurs, c’est précisément l’un des grands attraits de l’or physique : l’avoir réellement entre les mains, ou du moins sous son contrôle direct.
Une autre option consiste à acheter le SPDR Gold Trust (NYSE : GLD – US78463V1070). Cet ETF est adossé à de l’or physique et cherche à reproduire l’évolution du prix du lingot. Malgré ses frais, il constitue un substitut assez efficace pour suivre le cours de l’or.
Mais à mes yeux, il existe une meilleure manière de profiter d’une hausse anticipée du métal jaune : investir dans les actions de sociétés minières aurifères.
Voici pourquoi…
Une société minière supporte des coûts relativement fixes pour extraire l’or du sol.
Prenons un exemple simple : si produire une once d’or coûte 1 500 dollars et que l’or se vend 3 000 dollars l’once, la société réalise un bénéfice de 1 500 dollars par once. Mais si le cours de l’or grimpe à 4 000 dollars, soit une hausse de 33 %, son bénéfice passe à 2 500 dollars par once. Autrement dit, son profit augmente de 67 %. Et si l’or atteint 6 000 dollars, soit un doublement par rapport à 3 000 dollars, le bénéfice par once grimpe à 4 500 dollars. Cette fois, le profit progresse de 200 %.
À paramètres constants, l’action d’une société minière devrait donc grimper beaucoup plus vite que le métal lui-même. Si l’or gagne 100 % et que les bénéfices de l’entreprise bondissent de 200 %, le titre devrait, en théorie, offrir un effet de levier de deux pour un par rapport au cours de l’or.
Dans la réalité, cet effet peut même être amplifié. Car les investisseurs ne se contentent pas de payer les bénéfices actuels : ils paient aussi la croissance future des profits.
Ainsi, une action qui se négociait dix fois ses bénéfices lorsque l’or valait 3 000 dollars pourrait très bien se traiter quinze fois ses bénéfices si l’or monte à 6 000 dollars et que les profits de l’entreprise ont triplé. La revalorisation du titre serait alors encore plus spectaculaire.
C’est précisément ce mécanisme qui explique pourquoi les minières aurifères — en particulier les plus petites, dont les profits peuvent exploser très rapidement — s’envolent souvent lors des grands marchés haussiers de l’or.
Le VanEck Gold Miners UCITS ETF (NYSE : GDX ou G2X, selon la place de cotation – IE00BQQP9F84) permet de s’exposer simplement aux actions de sociétés minières. Toutefois, cet ETF privilégie les grandes capitalisations. La capitalisation boursière moyenne de ses positions s’élève à 48 milliards de dollars.
Parmi ses principales lignes, figurent les grands noms du secteur aurifère que vous connaissez probablement déjà comme :
- Agnico Eagle Mines (NYSE : AEM) ;
- Newmont (NYSE : NEM) ;
- Barrick Mining (NYSE : B).
À elles trois, ces sociétés représentent environ 30 % du portefeuille de l’ETF.
Pour viser des sociétés de plus petite taille, il existe le VanEck Junior Gold Miners UCITS ETF (NYSE : GDXJ – IE00BQQP9G91).
Mais là encore, il faut relativiser le terme « junior ». La capitalisation boursière moyenne des sociétés détenues dans ce portefeuille atteint 9 milliards de dollars. Nous ne sommes donc pas encore dans l’univers des véritables petites capitalisations.
Ses trois principales positions sont :
- Alamos Gold (NYSE : AGI), valorisée environ 16 milliards de dollars ;
- Equinox Gold (NYSE : EQX), dont la capitalisation atteint 11 milliards de dollars ;
- Coeur Mining (NYSE : CDE), valorisée autour de 18 milliards de dollars.
Pour bénéficier d’un effet de levier maximal sur une hausse de l’or, je pense qu’il faut descendre encore plus bas dans l’échelle des capitalisations.
Mais attention, les petites minières juniors comportent aussi davantage de risques. Ce sont des valeurs spéculatives. Elles peuvent s’envoler si le scénario haussier se confirme, mais elles peuvent aussi corriger brutalement si les conditions se retournent. Il faut donc être certain de pouvoir supporter cette volatilité accrue.
Lorsque vous étudiez des minières aurifères juniors, privilégiez les sociétés déjà rentables et dotées d’un bilan solide. Ce type de profil permet de maximiser le potentiel de gains si l’or poursuit sa hausse, tout en limitant les risques si le marché ne suit pas le scénario espéré.
Détenir de l’or physique n’a rien d’une mauvaise stratégie. Pour certains investisseurs, cela procure une tranquillité d’esprit incomparable.
Mais si votre objectif est de générer des gains importants, les minières aurifères — et plus encore les plus petites d’entre elles — offrent sans doute la meilleure façon de profiter du prochain mouvement haussier de l’or.
