Après l’effondrement des NFT, une question demeure : où est passée la richesse que l’on croyait acquise ? Avec des valorisations extrêmes et une IA potentiellement très déflationniste, la prochaine correction des marchés pourrait faire disparaître des milliers de milliards de dollars de « richesse » aussi vite qu’ils étaient apparus.
Il y a quelques années à peine, les spéculateurs se ruaient encore sur les NFT.
La frénésie avait atteint un tel degré que des objets qui ne valaient, en réalité, pratiquement rien, se sont retrouvés valorisés à plusieurs millions de dollars.
L’œuvre numérique de Beeple, par exemple, s’est vendue jusqu’à 69 millions de dollars. Et en 2021, le marché des NFT enregistrait plus de 2,8 milliards de dollars de transactions par mois. Le travail de Beeple avait au moins une dimension « artistique ». Le Bored Ape Yacht Club est devenu ultra-prisé au plus fort de la mode. Des célébrités, comme Justin Bieber, ont payé des millions pour ces dessins animés. Leur valeur aujourd’hui ?
Voici ce qu’écrivait Futurism en 2023 :
« Ce n’était qu’un rêve
Vous vous souvenez des Bored Apes ? Ils ne valent presque plus rien aujourd’hui »
Ils conservent sans doute une certaine valeur résiduelle, comme objets de curiosité. Mais désormais, les spéculateurs s’en sont lassés. Selon les analystes, les prix ont chuté de 95 %. Et la plupart des NFT ne valent probablement plus rien.
Qu’est-il donc arrivé à la « valeur » censée être enfermée dans ces bizarreries ? Un instant elle était là ; l’instant d’après, elle avait disparu. Elle s’est évaporée par déflation… expulsée du marché.
Aujourd’hui, le marché boursier est constitué d’environ 27 000 milliards de dollars de néant. Ce n’est qu’une estimation grossière de la richesse qui pourrait disparaître lors de la prochaine grande correction. Comme l’a expliqué Paul Tudor Jones, les corrections périodiques du marché boursier font généralement chuter les prix d’environ 30 %. Or, puisque la capitalisation boursière représente aujourd’hui 250 % du PIB, une chute de 30 % ferait disparaître environ 27 000 milliards de dollars de richesse.
Voilà ce qu’est la déflation. Une « richesse » que l’on croyait solidement enfermée dans le marché boursier est soudain abattue.
Toutes les grandes innovations commencent par détruire de la richesse. Les nouvelles technologies – du moteur à combustion interne aux entreprises de la bulle Internet, jusqu’à l’IA – promettent de réduire les coûts, à la fois pour les consommateurs et pour les producteurs. Les gens adoptent ces nouveaux produits parce qu’ils leur font gagner du temps et de l’argent. Les prix baissent.
Plus tard dans le cycle, de nouvelles industries apparaissent. L’automobile, par exemple, n’a pas seulement provoqué une vague de réduction des coûts ; elle a aussi entraîné une explosion des dépenses et la création de nouvelles richesses. Les autoroutes, les banlieues, Détroit, les centres commerciaux, les compagnies pétrolières et les casses automobiles se sont tous développés rapidement avec ces nouvelles machines.
L’IA sera probablement beaucoup plus déflationniste que ne l’ont été la bulle Internet ou le moteur à combustion interne. Ce dernier a certes mis les muletiers au chômage, mais il a presque aussitôt créé un besoin de milliers de nouveaux machinistes, fabricants de pneus en caoutchouc, producteurs de batteries, gardiens de parkings et avocats spécialisés dans les accidents de la route.
L’IA pourrait être exceptionnellement déflationniste. Elle a le potentiel de supprimer des milliers d’emplois… sans les remplacer. Du moins, pas rapidement.
Il y a plus de trois millions de chauffeurs routiers, par exemple. Les logiciels de conduite autonome supprimeront leurs emplois. Prendront-ils place sur les chaînes d’assemblage de robots ou les robots occuperont-ils aussi ces postes-là ?
Avec le temps, bien sûr, le marché, plus ou moins libre, finira par leur trouver à tous une activité rémunératrice. Mais à court terme, l’effet sera d’exclure du marché des millions de travailleurs qui gagnaient leur vie.
Dans son usine Tesla, Elon Musk a, comme chacun sait, remplacé certains robots par des humains. Il était sous pression pour livrer des voitures et avait constaté que les machines étaient trop lentes. Mais c’était déjà il y a dix ans. Aujourd’hui, les machines sont de retour – plus rapides, plus intelligentes que jamais. Voici ce que l’on pouvait lire dans ProgrammerHelper en janvier 2026 :
« L’Optimus Gen 3 de Tesla entre en production : plus de 1 000 robots humanoïdes travaillent désormais dans les usines Tesla, alors que l’industrie manufacturière entre dans l’ère humanoïde »
Alors, que nous réserve l’avenir ?
Compte tenu d’un marché boursier exceptionnellement surévalué et de la nature exceptionnellement déflationniste de l’IA, la prochaine correction boursière pourrait être exceptionnellement déprimante.
