La Fed refuse de baisser ses taux, le dollar s’affaiblit, l’inflation persiste et les droits de douane pèsent sur le quotidien des ménages. Tandis que Donald Trump vante une économie « plus forte que jamais », les chiffres, les sondages et la réalité vécue par les Américains racontent une tout autre histoire — entre hiver rigoureux, pouvoir d’achat en berne et guerre commerciale en échec.
Voici les dernières nouvelles rapportées par CBS :
« La Réserve fédérale maintient ses taux d’intérêt inchangés lors de sa première réunion du FOMC de 2026. »
Pauvre Donald Trump. Rien ne semble lui réussir. Il espère une baisse des taux afin de déprécier le dollar et de relancer l’économie avant les élections de mi-mandat. Mais en termes d’or, au cours de l’année dernière, la fleur du capitalisme américain — les actions du Dow — a perdu plus de 30 % de sa valeur.
Cela paraît impossible. Le Dow Jones reste pourtant proche de son plus haut historique. Que faut-il en conclure ? L’or est-il trop cher ? Les actions sont-elles trop bon marché ?
Nous n’en savons rien non plus… mais c’est exactement la tendance que nous attendions. Et nous allons encore patienter avant de « passer à l’action » et de vendre notre or pour acheter des actions. Mais, à l’image d’un agent de l’ICE nerveux, nous avons parfois bien du mal à nous contenir.
Pendant ce temps, nous avons reçu d’autres nouvelles en provenance de Baltimore.
« Il fait toujours un froid glacial. Demain, la température descendra à sept degrés… et il devrait encore neiger la semaine prochaine. »
« Eh bien, ici aussi, ce n’est pas facile, avons-nous répondu avec compassion. Il y avait tellement de gens en train de siroter des piña coladas et des martinis au bar que nous avons dû attendre trois minutes pour obtenir une bière fraîche. Et ce matin, un nuage — un nuage, bon sang ! — a eu l’audace de masquer le soleil pendant que nous savourions notre café con leche sur la véranda. Il est rapidement passé, mais pas avant d’avoir bombardé notre café d’une unique goutte de pluie. Voilà qui montre à quel point les conditions peuvent être rudes ici. »
Ce qui est frappant, en revanche, dans l’hiver américain, c’est le nombre de personnes qui semblent avoir été prises au dépourvu, comme si l’existence même de l’hiver leur avait échappé. Une femme citée dans un grand quotidien national explique :
« Nous ne nous y attendions pas. Et quand on est habitué à certaines choses, comme l’électricité, c’est très pénible de ne plus en avoir. »
Donald Trump, lui, insiste : le temps n’a jamais été aussi radieux. Ils « ne comprennent tout simplement pas encore », affirme-t-il. Ce qu’ils ne comprennent pas, selon le président américain, c’est à quel point son économie est formidable.
Le problème, c’est que les gens ont des yeux et des oreilles. Il peut bien affirmer qu’il fait doux et agréable dehors, vous risquez tout de même d’attraper un rhume. MarketWatch rapporte :
« Le dollar chute à son plus bas niveau depuis quatre ans alors que Trump affirme qu’il ‘se porte très bien’. »
Un dollar plus faible signifie des prix à l’importation plus élevés. Leon Hadar précise :
« Les Américains en subissent les conséquences économiques dans leur vie quotidienne. Les ménages doivent faire face à des coûts annuels supplémentaires compris entre 1 300 et 2 100 dollars, sous l’effet combiné des droits de douane, de la déréglementation et de pressions inflationnistes persistantes. Le chômage est remonté à 4,6 %, signalant un ralentissement du marché du travail après des années d’expansion post-pandémique. Le moral des consommateurs continue de se dégrader, les familles peinant à absorber le coût des produits de première nécessité.
Ce qui nuit le plus à la position politique de Trump, c’est l’opinion publique sur les droits de douane, pilier central de sa politique économique. Pas moins de 75 % des Américains — dont 56 % des républicains — estiment que les droits de douane font monter les prix plutôt que de protéger les travailleurs américains. C’est un rejet cinglant de la philosophie économique fondamentale de Trump. Alors que seuls 14 % des Américains soutiennent l’instauration de nouveaux droits de douane, le socle politique de sa guerre commerciale s’est pratiquement effondré. »
Le pauvre M. Trump continue d’affirmer que l’économie ne s’est jamais aussi bien portée. Et si ce n’est pas le cas, c’est la faute de Joe Biden. Pourtant, les sondages récents montrent que deux fois plus d’électeurs le tiennent pour responsable, plutôt que Biden.
En examinant les chiffres de plus près, la majorité des Américains estime que ses politiques contribuent à la destruction d’emplois et à la hausse des coûts de l’assurance maladie. Et ils ont raison. Les emplois ont continué de disparaître dans le secteur manufacturier à mesure que son programme de droits de douane était déployé. L’industrie automobile américaine, par exemple, a perdu 28 000 emplois l’an dernier.
Les droits de douane étaient censés réduire le déficit commercial. Ils n’ont fait que l’aggraver. Reuters rapporte :
« Le déficit commercial atteint son plus haut niveau depuis près de 34 ans.
Le Bureau of Economic Analysis et le Bureau du recensement ont annoncé que le déficit commercial avait bondi de 94,6 %, soit la plus forte hausse depuis mars 1992, pour atteindre 56,8 milliards de dollars… »
Dans le même temps, les prix à la consommation ont continué d’augmenter à un rythme environ deux fois supérieur à l’objectif de la Fed. Les prix alimentaires, par exemple, ont davantage progressé en décembre qu’à n’importe quel moment depuis 2022. L’électricité a, quant à elle, augmenté de 7 % en 2025.
Le pauvre M. Trump espère pouvoir surmonter ces difficultés en recourant à la vieille recette du « pain et des jeux ». Distraire les électeurs avec des spectacles — Minneapolis, le Groenland, l’Iran, etc. — et les amadouer avec une avalanche de cadeaux à l’approche des élections de mi-mandat (comptes Trump, dividendes Warrior, dividendes tarifaires et plafonnement des taux d’intérêt sur les cartes de crédit).
Tout le monde votera pour lui ! Peut-être finira-t-il même par s’inspirer du manuel électoral de son compatriote new-yorkais Zohran Mamdani, avec un programme national de contrôle des loyers… et la gratuité des services de garde d’enfants.

2 commentaires
« Le pauvre M Trump » ! Cela fait tellement plaisir à certains. Mais en quoi M Biden a et aurait fait mieux?… Saut qu’On ne l’aurait pas qualifié ainsi… et que l’On aurait trouvé des explications bien tordues…. qui n’auraient rien changé à une évolution mondiale inévitable. L’Occident, Europe et USA, n’est plus le centre du monde développé. Le développement se fait aussi ailleurs, et donc moins « chez nous ». Le développement mondial peut même se faire à notre détriment. Voyez chez Macron, un anti-Trump notoire : En France le niveau de vie moyen de la population, en 2024 et 2025, est inférieur à celui moyen de l’Europe; plus précisément de la CEE; ce qui exclut la Norvège, la Suède et la Suisse.
Petite précision pour les lecteurs non américains : la température à Baltimore sera de 7 ° farenheit soit 25 ° farenheit de moins que 0° celsius et donc -14° C .