Les signaux d’alerte s’accumulent autour de l’économie américaine. Pourtant, les marchés financiers continuent de grimper comme si rien n’était. Ce décalage croissant entre une réalité fragilisée et un optimisme boursier sans limite pose une question troublante : et si cette bulle obéissait à de nouvelles règles ?
« À l’ère de l’après-guerre froide, même si les ressorts profonds de l’hégémonie américaine ont toujours été présents, Washington conservait au moins en apparence l’image d’un ‘acteur responsable’ : entretenant ses alliances, fournissant certains biens publics internationaux et pilotant la création comme l’application des règles mondiales…
Aujourd’hui, cette façade s’est rapidement dissipé. Les États-Unis ont entièrement basculé du côté de celui qui enfreint les règles… sabote la coopération… et s’appuie désormais sur la loi de la jungle pour maintenir sa domination. » — Le Quotidien du Peuple chinois
Quel fascinant ensemble de points à relier ! Ils dessinent l’un des tableaux les plus sombres que nous ayons vus depuis des années…
D’abord, les signes d’une montée de l’illégalité et de la corruption. Le New York Post rapporte :
« Chaos lors du dîner des correspondants à la Maison-Blanche : un homme armé prend d’assaut un hôtel, ouvre le feu à l’extérieur de la salle de réception, et Trump est évacué. »
Et chaque fois que Trump opère un revirement politique, des fortunes sont créées en coulisses, grâce à des initiés qui anticipent l’arrivée de l’information. Common Dreams explique :
« ‘Une corruption stupéfiante’ : des traders ont pris des positions massives quelques minutes avant une publication de Trump sur l’Iran. »
Plus inquiétant encore, des signes montrent que les États-Unis, à l’image d’une grand-mère prise entre les mâchoires d’un alligator, sont entraînés dans un bourbier de plus en plus coûteux… Asia Times :
« Le bourbier iranien des États-Unis »
Comme le suggèrent les Chinois, une grande puissance impériale doit fournir des « biens publics internationaux ». En général, cela signifie maintenir des routes commerciales ouvertes et sûres, offrir une monnaie commune fiable et établir des règles claires pour que chacun sache ce qu’il peut faire ou non. Un empire devenu imprévisible et peu fiable se dirige probablement vers un changement de régime.
Par ailleurs, les finances américaines semblent filer droit vers le fiasco. Fortune écrit :
« Lorsque les intérêts de la dette nationale ont dépassé les dépenses militaires, un seuil a été franchi, au-delà duquel les États-Unis pourraient ‘cesser d’être une grande puissance’, avertit un historien de Hoover. »
Mais si tous ces éléments sont réellement des signaux annonciateurs de calamités, pourquoi le marché boursier ne semble-t-il rien voir ? Il affiche au contraire un optimisme sans limite. CNN :
« Les actions atteignent des sommets historiques et ignorent la guerre avec l’Iran. »
Selon presque tous les indicateurs, les actifs américains sont en pleine bulle. Prenons le ratio cours/bénéfices : le S&P 500 n’a atteint de tels niveaux qu’une seule fois dans l’histoire — au sommet de la bulle Internet. Mais à l’époque, le vent était porteur. Les États-Unis n’étaient pas en guerre… et le budget fédéral affichait même un excédent.
Aujourd’hui, les points à relier composent un tableau autrement plus inquiétant. Et pourtant, Wall Street ne corrige pas. À une extrémité du tunnel, l’obscurité s’épaissit ; à l’autre, tout semble baigné de lumière. Nous ne nous souvenons pas avoir déjà vu un tel décalage. Et plus on y regarde de près, plus le fossé paraît se creuser.
Le blocus américain ayant suivi le blocus iranien vise à mettre fin au blocus iranien via un blocus américain… Mais pour les automobilistes, peu importe qui bloque quoi : ce qu’ils voient, c’est le prix à la pompe. Ils doivent bien se rendre au travail.
Et le marché de l’énergie ne se résume pas au prix de l’essence. Ses secousses se propagent à toute l’économie. Des agriculteurs disent déjà ne plus pouvoir se procurer certains engrais. La pénurie de soufre, par exemple, provoque des difficultés dans le monde entier. On en a besoin pour les batteries automobiles, les ordinateurs… et presque tout le reste.
Dans le même temps, une compagnie aérienne néerlandaise a annoncé l’annulation de vols, le kérosène étant devenu trop coûteux. Condé Nast Traveller rapporte :
« KLM a annulé plus de 150 vols au cours du mois à venir, alors que le prix du carburant aérien continue de grimper. »
Alors pourquoi la bulle de Wall Street n’a-t-elle toujours pas éclaté ?
Peut-être avons-nous affaire à quelque chose de nouveau… une bulle éternelle ? Une bulle qui ne crève donc jamais ?
