Le cours du bitcoin est reparti à la hausse en février, sous l’effet d’une amélioration de l’environnement juridique américain et du cessez-le feu en Iran. Cela est-il suffisant pour déclarer que nous ne reverrons plus jamais un bitcoin à 50 000 € ? Réponse ci-dessous…
Le 4 février 2026, je vous ai proposé un zoom sur le cours du bitcoin à fin janvier.
Mon constat était le suivant : le prix du bitcoin avait perdu beaucoup de terrain depuis son sommet d’octobre 2025 du fait de l’absence de nouvelles enthousiasmantes concernant son institutionnalisation, mais aussi à cause de la concurrence de l’or et l’argent.
Je n’y voyais pas l’explosion d’une « bulle », mais l’évolution normale du prix d’une technologie révolutionnaire encore récente, dont la capitalisation se développe par étapes, au fil de son adoption par le public.
Trois mois plus tard, voyons comment les choses ont évolué…
Comment le bitcoin a-t-il performé, dernièrement ?
Le cours du bitcoin a atteint un creux le 6 février à 51 732 € sur Kraken, c’est-à-dire le surlendemain du jour où était publié mon précédent article.
Depuis, le bitcoin a enregistré deux mois consécutifs dans le vert face à l’euro : +3,84 % en mars, et +10,34 % en avril (clôture mensuelle à 65 066 €).
Le 6 mai, le cours du bitcoin a dépassé les 70 000 €, ce qui représente une hausse de 35 % depuis le creux du 6 février.

Faut-il considérer que la rebiquette orange sur la droite du graphique ci-dessus signe la reprise du marché haussier, ou bien s’agit-il d’un simple rebond qui n’a pas vocation à s’éterniser ?
Pour tenter de répondre à cette question, faisons le point sur les facteurs ayant permis au cours du bitcoin de se redresser.
Institutionnalisation de Bitcoin : enfin quelques bonnes nouvelles !
Le 17 mars, la SEC, a procédé à une annonce majeure, à laquelle s’est jointe la CFTC (l’autre organisme américain chargé de la régulation financière).
Après des années de flou et de poursuites judiciaires sous l’ère Gary Gensler, la SEC de Paul Atkins a enfin éclairci le statut juridique des cryptoactifs au travers d’une interprétation officielle, laquelle apporte deux principaux éléments de clarification :
- la régulation des matières premières numériques (« digital commodities« ), comme le bitcoin, dépend de la CFTC (laquelle passe pour un régulateur plus accommodant vis-à-vis de l’industrie financière que cela n’est le cas de la SEC) ;
- la régulation des titres financiers (« digital securities ») incombe en revanche à la SEC.
La SEC passe ainsi de la position très hostile aux cryptoactifs de l’ère Gensler (durant laquelle de nombreuses cryptos étaient considérées comme des titres financiers) à une position beaucoup plus favorable au développement du secteur (où beaucoup de cryptos ne sont pas considérés comme des titres financiers).
Cela dit, il ne s’agit-là que d’une interprétation officielle, c’est-à-dire que les principes énoncés ci-dessus ne sont pas encore gravés dans le marbre d’une loi votée par le Congrès.
Quoi qu’il en soit, cette réduction de l’incertitude juridique est positive.
Ce n’est pas tout.
Le 4 mai, le Clarity Act, bloqué au Sénat depuis le 17 juillet 2025, a franchi une nouvelle étape. Suite à un compromis entre démocrates et républicains sur la question des stablecoins, le Sénat pourrait être en mesure de voter courant mai au sujet de ce projet de loi phare pour la réglementation des cryptoactifs.
Si le texte passe, alors les États-Unis bénéficieront enfin d’un cadre légal solide à même d’accélérer la collaboration entre le secteur bancaire et l’industrie crypto, et d’attirer les entreprises étrangères.
L’impact de la guerre en Iran sur les actifs risqués
Ukraine, Venezuela, Iran… Le moins que l’on puisse dire de l’année 2026, c’est qu’elle est marquée par le grand retour des questions géopolitiques et militaires sous le feu des projecteurs.
Au 6 mai, c’est toujours l’opération « Epic Fury », lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui occupe le devant de la scène.
À ce stade, nous avons assisté à un mois et demi d’affrontement militaire, avant qu’un cessez-le-feu ne soit conclu le 8 avril, lequel a été prolongé sine die le 21 avril.
Grosso modo, le cours des actifs risqués a tendu à baisser avec la hausse des tensions entre le 28 février et le 7 avril, et à augmenter avec les signes d’apaisement (c’est-à-dire depuis le 21 avril).
C’est ainsi que le S&P 500 a chuté entre début février et le 30 mars, pour ensuite se redresser et atteindre de nouveaux sommets. Du côté du bitcoin, le cours est resté relativement stable entre début février et début avril, avant de repartir nettement de l’avant début avril, quelques jours seulement avant le cessez-le-feu.
Autrement dit, sur les marchés d’actifs risqués, tout le monde prie pour que la guerre en Iran prenne fin, tant les cours des actions et du bitcoin y sont sensibles !
Alors…
Simple rebond ou retour du marché haussier ?
Ne lisant pas l’avenir dans les entrailles de poulet, je vous propose deux façons de voir les choses : une négative et une positive.
Entre le 6 octobre 2025 et le 6 février 2026, le bitcoin a cédé 51,84 % de sa valeur face à l’euro.
Or, historiquement, les reprises qui ont succédé à des baisses de cette ampleur ont mis du temps à se mettre en place, comme l’explique le trader ColinTalksCrypto :
« Le bitcoin atteint des sommets de manière abrupte et des creux de manière lente, contrairement aux actions qui atteignement leurs creux brusquement et atteignement lentement de nouveaux sommets. Il n’y a pas lieu de se précipiter pour acheter [du bitcoin], contrairement à ce que certains pourraient vous faire croire. Les marchés baissiers du bitcoin ont tendance à mettre longtemps à se consolider dans leurs niveaux les plus bas. C’est ce qui est fatal aux investisseurs : l’apathie face aux prix bas, combinée à la durée prolongée de la consolidation. »
Et ColinTalksCrypto de préciser : « Le bitcoin est en marché baissier depuis le 6 octobre 2025. Un marché baissier classique dure environ un an. Cela signifierait que nous en sommes déjà à 46 % du chemin parcouru, si le bitcoin connaît un autre marché baissier de 12 mois. »
Cela impliquerait que nous n’avons affaire qu’à un simple rebond, et que le cours pourrait descendre plus bas que le niveau atteint le 6 février.
Lyn Alden est beaucoup plus optimiste.
Voici ce que la célèbre analyste macro américaine déclarait dans une interview accordée à BitcoinArchive et publiée sur X le 30 avril :
« Je pense que les investisseurs à court terme ont quitté le bitcoin. De nombreux indicateurs sont très positifs : les taux de financement, les données on-chain, les indicateurs techniques… Mon scénario de base est que le point bas du bitcoin est derrière nous. Il a déjà repris de la valeur de manière significative. Je pense que nous sommes dans une phase d’accumulation. »
Lyn Alden fait ici référence à la théorie de Charles Dow selon laquelle la phase d’accumulation est la première phase d’un marché haussier, laquelle se caractérise par un sentiment pessimiste et l’entrée sur le marché des seuls investisseurs avertis.
Que retenir de tout cela ?
Le cours du bitcoin est en hausse, et ses fondamentaux de long terme restent inchangés, mais l’environnement dont il dépend à court terme est fragile. Les bonnes nouvelles américaines au sujet de la clarification de l’environnement juridique ont certes permis au cours de se redresser, mais si les hostilités reprennent en Iran et que la hausse sur les marchés actions s’essouffle, le cours du bitcoin ne sera pas épargné.
Que ce soient ColinTalksCrypto ou Lyn Alden qui ait raison, de mon point de vue, la conclusion pour le commun des mortels est la même.
N’étant pas des traders professionnels cherchant à identifier précisément le point bas du marché baissier pour faire tapis (sans aucune garantie de parvenir à repérer le creux), il me semble judicieux de profiter de la période en cours pour continuer de renforcer ses positions en bitcoin, en procédant à de petits achats fractionnés dans le temps.
