Un problème de fin d’empire

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* C’est "un problème de fin d’empire", déclare Robert Zubrin.

* Il fait référence au flot de capitaux qui s’écoule des Etats-Unis d’Amérique vers les pays exportateurs de pétrole. L’OPEP avale désormais plus de cash que le gouvernement US.

* Le pétrole a chuté la semaine dernière. Nous pensions qu’il passerait sous les 100 $ — jusqu’à présent, ça n’a pas été le cas. Mais cette correction pourrait perdurer et faire baisser le prix plus encore.

* Les Américains réagissent. Les derniers chiffres montrent qu’ils parcourent près de 5% de kilomètres en moins cette année. Et selon le journal Arizona Republic, le prix du carburant ne baissera probablement pas beaucoup plus.

* Les revenus de l’OPEP représentent plus de 1 100 milliards de dollars par an — c’est un montant supérieur aux recettes fiscales du gouvernement américain. Si l’OPEP épargnait cet argent, dans trois ans elle serait en mesure de racheter quasiment toutes les sociétés composant le Dow Jones — prenant ainsi le contrôle des industries les plus importantes des Etats-Unis.

* Bien entendu, si les étrangers se réunissaient et rassemblaient tous les dollars qu’ils collectionnent depuis des années, ils pourraient déjà acheter le contrôle de toutes les sociétés listées sur le NYSE.

** Mais il n’y a pas de souci à se faire, cher lecteur ; ils ne le feront pas. Nous avons appris la semaine dernière que les Russes prenaient pied dans l’industrie sidérurgique américaine par l’achat de la John Maneely Company, un fabriquant de tuyaux d’acier en Ohio, pour la somme de 3,5 milliards de dollars. Et naturellement, on trouvera bien plus d’étrangers écumant les ruines de l’industrie américaine autrefois si glorieuse. Avec la baisse du dollar et des salaires US, les étrangers réalisent que les Etats-Unis peuvent être un bon endroit où délocaliser le travail.

* De toute façon, l’empire est en train de céder. On ne peut pas faire durer un empire à crédit — pas pendant longtemps. Et pas quand il faut emprunter à ses rivaux. Un véritable empire doit pouvoir contrôler son argent. Et un emprunteur n’a jamais le contrôle. Comme le dit la Bible, il est "l’esclave du prêteur".

* Les Américains ont forgé leurs propres chaînes au cours des trois dernières décennies. A présent, le propriétaire immobilier est l’esclave du prêteur hypothécaire (la maison US moyenne appartient en majeure partie au prêteur)… le prêteur hypothécaire est l’esclave des banques de Wall Street (et ailleurs) qui lui ont prêté de l’argent… et les banques de Wall Street sont les esclaves du gouvernement américain. Lorsque les grandes institutions financières ont besoin d’argent, aujourd’hui, elles se tournent vers les autorités, non vers les marchés monétaires de court terme. Oui, la Fed est devenue la banque de premier, deuxième et dernier recours. Elle fait sa pub sur Wall Street : "besoin de cash ? Mauvais historique bancaire ? Pas de problème, on est là !"

* Mais où les autorités prennent-elles tout cet argent ? Le gouvernement US dépense désormais près d’un demi-millier de milliards de dollars de plus qu’il n’encaisse. D’où vient cet argent ? Des citoyens américains ? Non, ils n’épargnent pas un centime. Directement et indirectement, il provient des gentils étrangers qui parlent chinois, ou russe, ou arabe — vous savez, ces gens se poussent des coudes pour remplacer les Etats-Unis en tant que première puissance impériale dans le monde…

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Bill Bonner

Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information confidentielles – probablement l'une des plus brillantes au monde. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450.000 lecteurs... ), il intervient également dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning.

La passion de Bill Bonner pour la finance, les voyages et les grandes idées lui a permis d'engranger des succès incontestables pour son entreprise. Il a débuté en 1979, avec la publication des lettres d'information International Living et Hulbert's Financial Digest. Puis Agora Publishing a connu une croissance très importante, et s'est spécialisée dans la publication de lettres confidentielles sur la finance, la santé, le développement personnel et les voyages. Depuis le début des années 1990, Agora Publishing s'est encore développée. Le siège social est à Baltimore, mais aujourd'hui, Agora compte des bureaux à Paris, Londres, Waterford (Irlande), Melbourne, Johannesburg, Madrid et New-Delhi.

Agora compte aussi des maisons d'éditions se spécialisant dans la littérature classique et académique : Pickering & Chatto à Londres, et Les Belles Lettres à Paris.

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