Encore des bombes, encore des promesses de frappes « limitées », encore des paris politiques à court terme. À Washington, on joue avec le feu en espérant que ni l’économie ni les électeurs ne sentiront la brûlure. Mais l’histoire récente montre une chose : les guerres coûtent cher, les empires s’endettent… et les factures finissent toujours par arriver.
Ouhla ! Une autre guerre au Moyen-Orient.
Et un nouvel assassinat… de nouveaux bombardements… Donald Trump devient ainsi le président des États-Unis qui a bombardé le plus de pays et participé au meurtre de sept dirigeants étrangers.
Quant à la souffrance, nous doutons que les Américains soient épargnés.
Selon le Washington Post :
« Le président Donald Trump parie que son attaque sur l’Iran n’entraînera pas de graves problèmes économiques pour les Américains, au cours des mois précédant les élections du Congrès en novembre. »
Mais ce pari ne sera peut-être pas payant.
Selon le Daily Mail :
« La flambée des cours du pétrole, à la suite des frappes en Iran, menace d’exercer une pression supplémentaire sur le budget des ménages. Mais payer l’essence un peu plus cher, ce n’est pas comme se faire mettre en pièces par des bombes. Jusqu’à présent, les Américains ont eu de la chance. Ils bombardent les autres et les autres ne les bombardent pas. »
En ce qui concerne la guerre elle-même, elle se passera aussi bien que les autres guerres décidées par l’Amérique. Le Vietnam et l’Irak viennent rapidement à l’esprit.
Le Venezuela, pas tant que ça. Au Venezuela, Maduro avait beaucoup d’ennemis. Bon nombre d’entre eux ont bien voulu poignarder le « jefe » dans le dos, en échange de l’argent et du pouvoir que leur offrait la CIA.
En Iran, ce n’est probablement pas le cas. L’Ayatollah est devenu un martyr. L’Iran compte 90 millions d’habitants. Bon nombre d’entre eux sont intelligents. Et bon nombre d’entre eux n’oublieront pas les attaques américaines et israéliennes non provoquées. Ils pourraient trouver les moyens de se venger.
Le problème, avec la violence, c’est qu’elle appelle souvent encore plus de violence.
La seule certitude, c’est que les États-Unis maintiennent leur trajectoire. Ils restent un puissant empire mais, à ce jour, toutes les grandes initiatives prises au cours de ce siècle semblent conçues pour le faire chuter. Cette dernière guerre ne fait guère exception.
Bush a donné le coup d’envoi avec ses guerres absurdes contre le terrorisme, l’Afghanistan et l’Irak. Les coûts ont été monumentaux. Avantage stratégique ? Aucun, à notre connaissance.
Barack Obama a encore renforcé l’accès social aux soins médicaux, aux États-Unis (près de 20 % de l’économie), ce qui a entraîné la plus forte augmentation des dépenses de santé de l’histoire. Une assurance maladie classique, financée par l’employeur, coûte aujourd’hui environ 2 000 $ par mois.
Au cours de son premier mandat, Donald Trump a baissé les impôts, ce qui a creusé les déficits. Plus tard, il a paniqué et bloqué l’économie à cause du COVID – une erreur colossale. Ensuite, il a aggravé la situation en empruntant des milliers de milliards de dollars pour distribuer des chèques de relance, ce qui a déclenché la pire inflation en 50 ans.
Joe Biden lui a emboîté le pas avec une loi budgétaire de 1 900 Mds$… et 8 000 Mds$ de dettes supplémentaires.
Et à présent, sous son second mandat, Trump continue à promouvoir deux choses : trop de guerres et trop de dépenses, les deux causes les plus souvent citées pour expliquer l’effondrement des empires.
Les cours du pétrole fluctuent à la hausse et à la baisse, mais la dette fédérale suit une seule trajectoire… et elle s’accélère. Guerre ou pas guerre.
Selon CQ News :
« Le mois dernier, la représentante Elise Stefanik a obtenu 12,5 M$ pour un accélérateur de start-up que le Pentagone n’avait pas demandé, dans l’État de New York.
Le Congrès a augmenté de près de 34 Mds$ le budget de la défense demandé par le président en 2026, pour financer 1 000 programmes de recherche et de dotation privilégiés par les législateurs mais par forcément par l’armée, selon un nouveau rapport.
Les 33,97 Mds$ inscrits dans une grande loi budgétaire fédérale pour l’exercice 2026 (loi 119-75) représentent une flambée spectaculaire des crédits budgétaires. À titre de comparaison, le total des exercices 2023 et 2024 concernant ce type de programmes était inférieur, à 21 Mds$ et 14,95 Mds$, respectivement. »
Et la guerre aggrave les choses.
Selon Naked Capitalism :
« Après le bombardement du Venezuela, le gouvernement Trump a fait passer le budget militaire des États-Unis de 1 000 Mds$ (soit 47 % des dépenses discrétionnaires du gouvernement en 2024) à 1 500 Mds$ !
En 2024, les États-Unis représentaient près de 36 % des dépenses militaires mondiales qui s’élevaient à 2 700 Mds$ ! C’est supérieur aux dépenses totales des neuf pays qui dépensent le plus : la Chine, la Russie, l’Allemagne, l’Inde, le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite, l’Ukraine, la France et le Japon !
Le magazine Fortune prévoit que les dépenses américaines dépasseront celles des 35 pays qui dépensent le plus, collectivement !
L’Independent Committee for a Responsible Federal Budget prévoit que la dette fédérale concernant les dépenses militaires augmentera de 5 800 Mds$ au cours de la prochaine décennie ! »
Vers où s’oriente cette guerre, nous l’ignorons… Mais nous sommes assez sûr de la trajectoire de l’économie américaine.
Et vous n’allez probablement pas apprécier.
