De 1 200 milliards de dollars sous Carter à 40 000 milliards aujourd’hui, la dette fédérale américaine a été multipliée par plus de trente en quarante-cinq ans. Républicains comme démocrates ont alimenté la hausse, au point de transformer l’endettement en véritable fuite en avant.

Dette nationale américaine à la fin de chaque présidence, en milliers de milliards de dollars (Données : Treasury.gov, de janvier 1981 à août 2026)
Notre quartier se dégrade.
Un peu plus haut sur le fleuve, chez nous en Irlande… voilà qu’arrive un autre milliardaire. The Irish Times rapporte :
« Selon les rumeurs, Strancally Castle aurait été vendu entre 20 et 30 millions d’euros à Mark Zuckerberg, le patron de Meta, et à son épouse Priscilla Chan. Ce matin, The Irish Times rapporte que le domaine de 440 acres a été cédé il y a quelques semaines par Michael et Giancarla Alen-Buckley au couple Zuckerberg. »
Nous avons déjà un milliardaire comme voisin — James Dyson, le monsieur des aspirateurs. La dernière chose dont nous avons besoin, c’est d’en voir arriver un autre. Des hélicoptères au-dessus de nos têtes. Des lumières sur la rivière. Des fourgons noirs remplis d’agents de « sécurité ».
Les très grands milliardaires font baisser la qualité de vie — y compris la leur.
Mark et Priscilla sont certainement des gens charmants. Mais le jour où nous les verrons arriver à Strancally Castle avec leur argenterie et leur linge de maison… il sera temps pour nous de partir.
Scott Bessent, lui aussi, contribue à dégrader notre qualité de vie.
À peine vingt-quatre heures s’étaient-elles écoulées que les spéculateurs ont compris qu’on les avait roulés.
Ils avaient fait monter le prix des obligations à 30 ans — et donc baisser leur rendement — en se fiant à la promesse du secrétaire au Trésor d’intervenir sur le marché.
Il va acheter des obligations longues.
Bien sûr, il n’a pas l’argent nécessaire. Il devra donc vendre de la dette à court terme pour acheter de la dette à long terme.
Autrement dit, il propose de rendre votre crédit immobilier moins cher… et vos cartes de crédit plus coûteuses.
Pendant quelques instants, on a cru qu’il réussirait à convaincre les spéculateurs de jouer le jeu.
Puis… ABC News :
« Les rendements obligataires ont bondi jeudi, effaçant les baisses provoquées la veille par l’intervention inhabituelle du département du Trésor sur le marché de la dette.
En début de séance, le rendement du Treasury à 10 ans est monté jusqu’à 4,71 %, son plus haut niveau depuis mardi. Celui du 30 ans a grimpé jusqu’à 5,627 %, dépassant légèrement le niveau auquel il se trouvait lorsque le Trésor est intervenu mercredi. »
Le vrai problème, ce ne sont ni les taux longs ni les taux courts.
C’est tout simplement la masse gigantesque de dette elle-même.
Le jour même où Bessent annonçait son projet de manipuler les taux d’intérêt, les autorités fédérales annonçaient ailleurs le franchissement d’un nouveau cap : la dette fédérale atteignait 40 000 milliards de dollars.
Le Committee for a Responsible Federal Budget :
« Pour donner un ordre de grandeur, il a fallu près de 200 ans à la dette brute américaine pour atteindre pour la première fois 1 000 milliards de dollars, en 1981. À l’époque, le président Reagan avait déclaré dans une allocution télévisée : ‘Si notre nation avait besoin d’un avertissement, le voici.’
Aujourd’hui, alors que les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire, nous dépensons davantage que cette somme rien qu’en intérêts sur la dette. Et d’autres voyants sont au rouge : la dette détenue par le public a récemment dépassé la taille de notre économie, le déficit rapporté au PIB est environ deux fois supérieur au niveau qu’il devrait atteindre et le coût des intérêts dépasse désormais le budget de la défense nationale.
Une dette de 40 000 milliards de dollars n’existe pas uniquement dans les comptes de l’État. Elle se répercute dans toute l’économie et finit, d’une manière ou d’une autre, dans le portefeuille des citoyens. Plus nous empruntons, plus nous alimentons l’inflation, plus nous comprimons les autres priorités budgétaires et plus nous nous rendons vulnérables aux crises intérieures comme aux turbulences internationales. »
Depuis le 4 juillet, jour de la fête nationale, les États-Unis ont ajouté plus de 500 milliards de dollars à leur dette.
Sur les douze derniers mois, 3 000 milliards de dollars supplémentaires se sont accumulés — plus que jamais auparavant.
Et pendant les trois dernières années, la fortune de Zuckerberg a augmenté d’environ 100 milliards de dollars.
Ces faits ne sont pas voisins par hasard.
Tout a été déformé : toutes les classes d’actifs, chaque décision d’achat, chaque dollar.
Tout a été étiré, tordu, gonflé et corrompu.
Tout finit écrasé sous une masse gigantesque de fausse monnaie et de richesse de papier.
Et puis il y a Bessent, justement.
Il affirme que le Trésor n’a pas l’intention de :
« Atténuer les épisodes de tensions aiguës sur les marchés. »
Et pourtant, c’est exactement ce qu’il essaie de faire… de la pire manière possible… et au pire moment.
Au lieu d’envoyer un signal de force, il a reconnu sa faiblesse.
Au lieu de démontrer qu’il pouvait contrôler les rendements, il a prouvé son impuissance.
Vous vous souvenez sans doute qu’en 2020, les États-Unis pouvaient emprunter à moins de 1 %.
Ils auraient pu verrouiller l’ensemble de leur dette aux taux les plus bas de l’histoire… puis renoncer définitivement aux déficits.
S’ils l’avaient fait, aujourd’hui, à peine cinq ans plus tard, la situation serait complètement différente : 28 000 milliards de dollars de dette au lieu de 40 000 milliards, et une facture annuelle d’intérêts de 378 milliards de dollars au lieu de plus de 1 000 milliards.
Et maintenant…
Alors que les taux d’intérêt remontent partout dans le monde… et que la dette américaine se dirige vers les 50 000 milliards de dollars dans quelques années à peine…
Bessent nous explique que les États-Unis vont s’en sortir grâce à la croissance.
Mais au cours des douze derniers mois, la dette américaine a progressé six fois plus vite que le PIB.
Une entourloupe grotesque après l’autre.
Bessent veut maintenir les taux longs à un niveau bas.
Pourquoi ?
Parce que c’est le taux du Treasury à 30 ans qui influence les taux des crédits immobiliers.
Et les gens qui ont un prêt immobilier… ou qui aimeraient en obtenir un mais n’en ont plus les moyens… votent.
Et maintenant que Bessent installe ses meubles de mauvais goût sur le marché hypothécaire… et rejoint le club de bridge du quartier…
Voilà tout le voisinage qui part à vau-l’eau.
