Hausse des prix, tensions sur l’approvisionnement, réseau électrique saturé, nucléaire entravé… L’Europe découvre brutalement la fragilité d’un modèle énergétique construit à contretemps. Et avec elle surgit une inquiétude inédite : celle de restrictions durables sur nos déplacements, notre consommation et notre activité économique.
Maud Bregeon a déclaré ce mercredi qu’il n’y a « pas de problème d’approvisionnement », alors que 12 % des stations-service en France sont déjà en pénurie d’un ou plusieurs types de carburants.
Cette fois, inutile d’espérer qu’un accord avec des syndicats qui bloquent les raffineries mette fin au problème en quelques heures, parce que le gouvernement est déjà en mode « gestion de la rareté », appliquant les directives de Bruxelles.
Les stocks stratégiques européens sont « libérés », mais il s’agit maintenant de les faire durer, car il n’existe aucune date prévisible de réouverture du détroit d’Ormuz (ça, c’est le volet géopolitique) et, désormais, aucune date de reprise des exportations de pétrole sibérien à pleine capacité après que les terminaux russes de la Baltique ont été gravement endommagés par une salve de drones ukrainiens guidés par les systèmes satellites US.
La remise en état des installations russes se comptera en trimestres, la baisse des capacités se chiffre en centaines de milliers de barils/jour… et ce, durant des mois.
Et le golfe Persique – même si Ormuz rouvrait en grand demain – ne sera pas en mesure de compenser cette perte avant des semaines : beaucoup d’installations qui ont été mises à l’arrêt nécessitent une inspection complète avant redémarrage, notamment les raffineries.
La Commission européenne le sait et elle exhorte les Européens à travailler à domicile, à conduire moins et à prendre moins l’avion, à privilégier les transports en commun. Comme si les Européens avaient besoin qu’on les infantilise à ce point.
Et surtout, c’est leur portefeuille qui leur dicte la « sobriété » dont le gouvernement se gargarise : la consommation de carburant ces quatre dernières semaines a chuté de 26 % – c’est, au dixième de pourcent près, l’équivalent de la hausse du prix du diesel ou du sans-plomb.
Oui, une chute d’un quart des ventes, c’est probablement ce que la France a connu de plus brutal, hors COVID (confinements, couvre-feu), depuis 1988 (guerre Iran-Irak).
Mais ce qui est un phénomène nouveau, c’est l’approvisionnement en kérosène qui est déjà sous pression dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, nombre de compagnies ne pouvant plus faire escale à Doha, Dubaï ou Abu Dhabi.
Avec l’arrêt complet des exportations de GNL qatari et des capacités amputées en cas de reprise des activités de liquéfaction à Ras Laffan, le coût du mégawatt produit au gaz s’envole et le prix de l’électricité explose.
Cela plaide pour plus d’éoliennes et de panneaux solaires ?
Si nous pouvions — par miracle — doubler leur nombre avant la mi-mai (date de l’épuisement des stocks de l’AIE mobilisés mi-mars), cela ne changerait rien aux difficultés de nos usines.
Et c’est là qu’une étude dévoile un vrai scandale : le réseau européen de lignes à haute tension est si obsolète qu’il ne peut même pas gérer les parcs d’énergie renouvelable dont la construction est déjà achevée (des centaines d’éoliennes en mer tournent déjà à vide : elles ne sont toujours pas reliées au réseau !).
Le commissaire européen à l’Énergie, Jørgensen, rejette l’idée de recourir — même temporairement — à l’énergie russe bon marché.
De toute façon, Moscou se trouve privé des surplus de pétrole qui existaient avant la troisième guerre du Golfe et va réserver le disponible aux partenaires « amis ».
En ce qui concerne la relance du nucléaire, Von der Leyen s’y déclare maintenant favorable, mais il faudra dix ans avant qu’une nouvelle centrale produise le premier kilowatt.
L’Allemagne avait le nucléaire, elle a choisi de le démanteler. Elle a fermé ses dernières centrales nucléaires en 2023, malgré la guerre en Ukraine et le boycott du gaz russe. Puis, pour être bien certain qu’aucun retour en arrière ne serait possible, Olaf Scholz a fait dynamiter les tours de refroidissement des centrales mises au rebut.
Le nucléaire n’est pas près de refaire surface puisque sept pays de l’UE bloquent encore activement cette alternative dans la législation énergétique… et, du coup, maintenant, ils n’ont plus d’options, d’autant que l’UE a construit des renouvelables sur un réseau obsolète qui ne peut pas les intégrer.
Les politiciens européens ont passé des années à construire le système énergétique le plus fragile, le plus idéologique, le plus irrémédiablement dysfonctionnel de l’histoire moderne.
Ce n’est pas un problème de conflit dans le Golfe, c’est un échec politique européen qui débouche sur des mesures de restriction de déplacement qui semblent faire écho aux confinements COVID : bienvenue dans l’ère des confinements énergétiques.
Même instruction, excuse différente, mais qui nous est imposée par la même classe de politiciens, aussi intouchables qu’incompétents.
Ce que nous allons vivre est la catastrophe énergétique la plus prévisible depuis l’embargo pétrolier des années 1970, sauf que, cette fois, l’Europe l’a fait à elle-même.
Mais ce n’est que le début de nos ennuis, car lorsque les pénuries de kérosène, de diesel, de naphta et d’autres matières premières frapperont le marché, l’inflation va monter en flèche, les obligations du secteur privé vont être anéanties, et cette crise fera s’effondrer les actions.
La parenthèse d’euphorie de mardi — fabriquée de toutes pièces par les communiqués de Trump pour faire grimper les marchés — se referme : le ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé que l’allégation de Trump selon laquelle le pays a demandé un cessez-le-feu était « fausse et infondée ».
Parmi les passages marquants de son allocution prononcée mercredi soir — qui enterre le processus menant vers la paix —, les marchés ont retenu cette phrase : « Nous allons frapper l’Iran extrêmement durement au cours des 2 à 3 prochaines semaines, nous allons le ramener à l’âge de pierre, où est sa place. »
Et, quelques minutes plus tard, des bombardements ont commencé sur les ports iraniens proches d’Ormuz : la guerre connaît une nouvelle escalade qui nous promet un nouveau chaos sur les marchés.
Les conséquences de tirs de représailles (compter 12 à 18 h) sont tellement dommageables pour les installations portuaires émiraties, qataries et saoudiennes que les médias occidentaux appliquent une omerta totale.
Mais les marchés — et vous aussi, désormais — sont bien au courant : le baril reprend 8 % !

3 commentaires
De deux choses l’une : Ou On faisait la guerre au régime iranien ou On ne la faisait pas. Mais si On fait la guerre, il ne faut pas la faire à moitié. Par ON il s’agit bien évidemment de Trump que tout le monde critique, sans risques, mais en réalité surtout d’Israël et des Juifs que personne ne critique de peur d’être accusé d’antisémitisme et de racisme.
Bonne information merci de nous éclairés . pouvez vous me renvoyer votre livre fake news je ne l’avait pas enregistré
Iran ne menaçait personne ! Affirmation factuelle et incontestable ! Qu’il aide les opposants et victimes,(Palestiniens, lybiens, Libannais, syriens,) c’est vrai! Les américains et l’otan le font en Ukraine et personne ne leur reproche.Non! Les fauteurs de guerres et de troubles de toutes sortes ce sont les deux états pourris que sont Israel et les Usa .Aucuns de leurs arguments n’est recevables,tous sont fallacieux.Que le régime Iranien ne soit pas démocratique ne les concernent en rien. Il faudra bien qu’un jour le reste du monde réduise à néant ces deux états criminels. C’est mon souhait le plus cher !