L’Amérique a emprunté comme si l’argent était gratuit, puis dépensé sans jamais se demander ce que ces milliers de milliards rapporteraient. Mais à mesure que la dette se refinance à des taux plus élevés, l’addition devient impossible à esquiver : réduire les dépenses, emprunter davantage… ou sacrifier le dollar.
Tout d’abord, nous travaillons dans l’obscurité. Au sens figuré, la plupart du temps. Mais aujourd’hui, au sens propre : nos fenêtres et nos volets sont fermés.
Notre région est placée en alerte canicule. Hier après-midi, la température a atteint 102 degrés Fahrenheit, soit près de 39 °C. Cela ne représente peut-être aucune menace pour les lézards de la vallée de la Mort, mais ici, presque personne ne possède de climatisation. On recommande donc aux personnes âgées de rester chez elles et d’avaler des litres d’eau, afin d’épargner aux autorités les frais de leur transport jusqu’à la morgue.
C’est la quatrième vague de chaleur qui frappe l’Europe cet été. Les gens commencent à se dire que, finalement, la planète est peut-être vraiment en train de se réchauffer.
Même si vous lancez une balle de baseball aussi fort que possible, il y a de grandes chances qu’elle n’atteigne pas la Lune. Mais quelles sont les probabilités pour que le réchauffement climatique se révèle être une description exacte du temps qui nous attend ?
Laissons aux fédéraux leurs certitudes délirantes. Ici, nous nous en tenons aux suppositions et aux probabilités… parfois justes, parfois fausses, toujours empreintes de doute. Pendant ce temps, sur les marchés boursiers, les nuages s’amoncellent, puis se dissipent.
Les investisseurs célèbrent leurs gains sur le papier en achetant des maisons de vacances. Ou bien ils baissent la tête et maudissent les dieux de la Bourse. Et l’introduction en Bourse la plus euphorique de tous les temps – celle de SpaceX – se transforme en plus grand désastre de tous les temps, avec plus de 1 000 milliards de dollars de capitalisation partis en fumée en 45 jours. Plaignons le pauvre investisseur proche de la retraite ; il aurait dû être plus prudent.
Aujourd’hui, nous allons donc essayer d’être plus prudents en examinant certaines choses que, dans un avenir plus ou moins lointain, nous regretterons de ne pas avoir comprises dès maintenant.
Le plus gros emprunteur au monde est désormais endetté à hauteur de près de 40 000 milliards de dollars… et ne remboursera jamais cette somme. C’est presque une certitude. Il est plus que probable que les dieux réclameront leur livre de chair.
Mais à qui ? Et quand ?
Tout cela participe du grand rythme des choses… cette pulsation qui se poursuit encore… et encore… et encore. Tout finit par corriger, tout revient vers la moyenne. Des cendres aux cendres… de la poussière à la poussière. Et le dollar rejoindra le trou perdu maudit où finissent toutes les monnaies de papier – emporté dans les ruelles comme des gobelets de bière en plastique après une fête de quartier.
Il y a là quelque chose de réconfortant. Quoi que vous redoutiez, cela aura bientôt disparu. D’une manière ou d’une autre, toutes les dettes seront réglées. Toutes les actions finissent par ne plus rien valoir. Tous les empires sont détruits. Et tous les hommes meurent.
« Il aurait dû faire plus d’exercice, murmurera-t-on au-dessus du cercueil. Il aurait dû écouter son médecin. Il aurait dû perdre du poids. »
« Le pauvre homme n’aurait jamais dû acheter des actions SpaceX. »
Mais, tôt ou tard, il serait mort de toute façon. Comme nous tous.
Hier, nous avons veillé au chevet du secteur technologique. IBM a perdu 25 % de sa valeur en une seule séance. Google sera durement touché par ses pertes sur SpaceX, Tesla aussi.
Toutes ces entreprises étaient condamnées à corriger tôt ou tard… Autant que ce soit maintenant.
Et qu’en est-il de l’empire américain ? Le moment est-il venu pour lui aussi de revenir vers la moyenne ? Donald Trump fait du bon travail pour accélérer cette régression. Mais comment savoir s’il ne s’agit pas simplement d’une gigantesque feinte… et si le véritable déclin ne se produira pas dans de nombreuses années ?
Eh bien, nous n’en savons rien. Mais les fédéraux font tout leur possible pour précipiter dès maintenant la chute de l’empire. Et quelle que soit la voie qu’ils choisiront, ils sont presque certains de trébucher à moyen terme – c’est-à-dire dans les deux à dix prochaines années.
Yahoo! Finance :
« La dette fédérale totale s’élevait à 39 065 milliards de dollars au 1er janvier 2026, selon la série GFDEBTN de la Réserve fédérale, et devrait dépasser les 50 000 milliards de dollars avant 2030. Cet encours a augmenté d’environ 16 000 milliards de dollars depuis 2020. Mais le véritable problème tient à la structure de cette dette. Une grande partie a été émise lorsque le rendement des bons du Trésor à 10 ans était inférieur à 2 %. À mesure que ces titres arrivent à échéance, Bessent doit les refinancer sur un marché où le 10 ans rapporte 4,67 % et le 30 ans 5,15 %. Chaque refinancement alourdit durablement le coût du service de la dette nationale. »
Le gouvernement américain a commis la même « erreur » que Google et Oracle : il a dilapidé son argent. Il a levé près de 40 000 milliards de dollars nets – en les empruntant à ses proches, à ses amis et à ses ennemis… tout en imprimant quelques billets supplémentaires dans les sous-sols du Trésor.
Qu’a-t-il fait de cet argent ? Quels « investissements » publics susceptibles de permettre le remboursement de ces emprunts a-t-il réalisés ?
Examinons les performances du portefeuille. La guerre en Irak ? La guerre en Afghanistan ? Tous ces milliards de dollars d’armes envoyées à Israël ? L’attaque contre l’Iran ? Où sont les bénéfices ?
Et que dire de ces programmes vieux d’un demi-siècle de « guerre contre la pauvreté » et de « guerre contre la drogue » ? Même leur version la plus récente n’a produit aucun résultat tangible. Esquire : « Il s’avère que nous avons fait exploser tous ces bateaux dans les Caraïbes pour rien. »
Et les initiatives en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion ? Les prêts accordés aux étudiants et les subventions versées aux universités ? Les milliards consacrés à l’amélioration des soins médicaux ? Où est le retour sur investissement ?
Si le rendement de ces 40 000 milliards de dollars n’avait été que de 5 %, il y aurait largement de quoi payer les intérêts… et commencer à rembourser le principal. Au lieu de cela, il n’y a rien. Et la dette totale devrait désormais approcher les 50 000 milliards de dollars d’ici 2030, date à laquelle les fédéraux devront probablement trouver 2 500 milliards de dollars rien que pour couvrir les intérêts.
D’où viendra cet argent ? Là-dessus, aucune incertitude : il faudra bien le trouver quelque part. Et puisque tous les « investissements » réalisés au cours des trente dernières années se sont révélés désastreux, le seul moyen de payer les intérêts sera soit de réduire les dépenses courantes… soit d’emprunter encore davantage.
Créer de l’inflation ou mourir. Il n’existe pas de troisième voie, quoi qu’en dise le charlatan de service à la télévision.
Nous en revenons aux probabilités. Quelle option vous semble la plus vraisemblable ?
Prenez le temps d’y réfléchir, cher lecteur… Pensez aussi aux personnes qui prendront cette décision. Et au contexte dans lequel elles la prendront. Les électeurs accepteront-ils de renoncer à leurs prestations de retraite et à leur couverture Medicare afin de préserver la vertu budgétaire de la république… pour le bien de leurs petits-enfants ?
Et les fédéraux – démocrates ou républicains – auront-ils le courage de tenir tête aux puissants lobbies pour sauver le dollar… ou préféreront-ils sauver leur propre peau politique ?
Nous ne pouvons pas le savoir avec certitude. Mais nous ne parierions pas sur le dollar… et nous murmurerons une prière pour les petits-enfants.
