Comment la politique de taux d’intérêt diminue les retraites

Rédigé le 16 octobre 2015 par | Defaut américain, Epargne Imprimer

▪ Il fait soudain très froid à Paris. Le ciel est gris. Les gens portent écharpes et manteaux ; on dirait presque qu’il va neiger.

Considérant la météo qui se retourne contre nous, nous nous demandons ce qui arrive d’autre. Les actions ont reperdu du terrain après que Wal-Mart a annoncé qu’il avait du mal à vendre des choses à des gens n’ayant pas d’argent — du moins sur internet. Les opérations d’e-commerce ne semblent pas rapporter aussi rapidement qu’ils l’espéraient. Pourquoi ?

Il y a environ 100 millions de personnes aux Etats-Unis qui gagnent à peu près le même salaire moyen que les habitants d’Argentine, de Jamaïque ou de Bosnie-Herzégovine.

les inégalités aux Etats-Unis sont désormais telles qu’elles approchent celles de la Russie

Et selon notre vieil ami Jim Davidson, les inégalités aux Etats-Unis sont désormais telles qu’elles approchent celles de la Russie. On trouve quelques personnes au sommet de l’échelle gagnant beaucoup d’argent. Et plein au bas de l’échelle qui gagnent très peu. Davidson continue, dans son livre à paraître :

« Les preuves de l’ampleur du déclin, pour les 50% au bas de l’échelle de la distribution de richesse aux Etats-Unis, proviennent de Credit Suisse dans son rapport 2014 Global Wealth Databook. Telles qu’interprétées par Mike Krieger, les données montrent que la moitié inférieure aux USA termine bonne dernière parmi 40 économies majeures, avec ‘seulement 1,3% de la richesse nationale. Seule la Russie s’approche de cette part lamentable, avec 1,9%’. »

En ce qui nous concerne, ce que gagnent les autres ne nous concerne pas. Et nous n’avons aucune indulgence pour ceux qui poussent les autorités à « faire quelque chose » — c’est-à-dire, selon eux, prendre l’argent des riches Paul pour le donner aux pauvres Pierre. Les autorités ne sont pas très douées en la matière. Une bonne partie de l’argent leur reste entre les mains. Et Paul a des amis haut placés. Honoraires pour des discours, postes de lobbying, contributions aux campagnes électorales — quand Paul parle, les autorités écoutent.

Qui plus est, nous nous méfions des motivations des autorités. On entend souvent dire, au sujet de la politique de la Fed, que c’était une « erreur » de mettre les taux si bas pendant si longtemps. Maintenant, les malheureux ont du mal à revenir à un taux fixé par le marché. Janet Yellen, le mois dernier, apparemment de bonne foi, pensait que le monde n’était pas prêt pour ça.

▪ Allez, derrière les barreaux ! Votre correspondant n’est pas d’avis que les autorités ont commis une erreur ; nous pensons qu’elles ont commis un crime. Vol et fraude sont ceux qui nous viennent en tête — mais nous soupçonnons qu’un procureur compétent pourrait aussi les accuser de contrefaçon et de détournement de fonds. Ajoutez à ça le blanchiment d’argent, le complot et traverser en dehors des clous… et on est bon pour 10-20 ans à l’ombre.

L’essence du vol, c’est prendre quelque chose qui ne vous appartient pas. Imaginez un retraité. Il a épargné toute sa vie. Maintenant, pour le reste de sa vie, n’a-t-il pas droit à sa récompense ? Sauf qu’au lieu de gagner le « taux d’intérêt naturel » sur son épargne — le taux auquel les prêteurs se mettent d’accord avec les emprunteurs — il obtient un taux bricolé par les autorités. Presque rien.

si elle n’a obtenu qu’1% (ou moins), 20 000 $ manquent sur cette somme. Que leur est-il arrivé ? Qui les a pris ?

Ce n’est pas simplement une idée abstraite à débattre entre économistes. C’est du vol. Pensez à une personne âgée qui avait épargné à hauteur de 100 000 $ en 2007. Si elle avait gagné 4% par an sur son argent, elle aurait engrangé 28 000 $ d’intérêts depuis. Mais si elle n’a obtenu qu’1% (ou moins), 20 000 $ manquent sur cette somme. Que leur est-il arrivé ? Qui les a pris ?

Il y a deux parties, dans un vol : le voleur et le volé. Nous avons vu ce qui arrive aux victimes : elles sont trop occupées à faire les poubelles pour aller sur le site internet de Wal-Mart. Mais les voleurs ? Ils sont occupés aussi, faisant du lobbying… dégustant foie gras et caviar… et offrant de sauver la planète avec plus de moulins et de politique monétaire. Ce sont, bien entendu, ceux qui payaient des intérêts au lieu de les gagner. Qui donc ? Le gouvernement US est le plus grand débiteur de la planète. Alors qui a le plus gagné des politiques fédérales ? Les fédéraux eux-mêmes.

Et qui encore ? Les compères, bien entendu — l’industrie financière et les grandes entreprises. Elles étaient riches avant le début des interventions ultra-lourdes en 2008. Aujourd’hui, elles sont encore plus riches.

« Vous vous plaignez de tout ça », déclarait l’un des participants à notre croisière la semaine dernière, s’exprimant probablement pour des milliers de lecteurs. « Mais vous ne proposez jamais de solutions. Qu’est-ce que vous y feriez ? »

« Nous ne ferions rien… mais nous déferions pas mal de choses », avons-nous répondu. La première serait le contrôle de la Fed sur le système financier. Que les volés reçoivent les intérêts qui sont leur dû. Et que les voleurs obtiennent ce qu’ils méritent.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

3 commentaires pour “Comment la politique de taux d’intérêt diminue les retraites”

  1. Cher Madame Wapler,

    J’ai 55 ans et travaille à mon compte depuis mes 21 ans. C’est à dire depuis la deuxième crise pétrolière de 1981. Je me rappelle que je disait à mes copains que la crise n’existe pas, seulement le monde évolue en permanence. Le monde économique est crée par l’homme, lui-même une création de la nature et donc ce monde économique fonctionne de la même manière que la nature, c’est à dire en corrigeant en permanence ces erreurs( humaines).
    C’est pour cela que pour moi le soi-disant réchauffement du climat est une évolution naturelle , une correction de notre chère « mère nature » qui n’acceptera jamais le déséquilibre. Et ce n’est certainement pas l’être humain , réagissant par pur égoïsme, qui va empêcher la nature de faire son » travaille de correction » en installant des éoliennes et autres conneries humaines.

    Bref depuis que Nixon a détaché l’ETALON OR …, les banquiers sont partis au galop… en créant avec le support de la FED une bulle financière énorme qui arrive à son maximum d’élasticité maintenant ,50 ans plus tard. En attendant, les veilles démocraties , subissant la crise pétrolière de 80 avec tous le chômeurs derrière ont pu sauver leurs soi-disant filets sociaux, en faisant travailler des pauvres chinois et autres sans devoir dévaluer leur monnaie. Or, ce système arrive aussi en bout de course car les chinois sont devenus riches comme nous et donc n’ont plus envie de travailler pour les autres riches européens, qui eux – mêmes sont gâtés par un système sociale révolu , financé par de l’argent valant 0% , imprimé par la BCE en grande quantité pour calmer le peuple. ( Les Romains ont connu le même problème…..)

    La monnaie a été crée pour faciliter le commerce et remplacer le troc. Or en découplant la contre valeur or , les golden boys des années ’80 ont rapidement transformer la « MONNAIE » en une matière « première » négociable , sans contre valeur. Depuis ce moment là les banquiers ont crée un commerce d’argent entre eux en laissant à chaque transaction des commissions à l’autre banquier ou financier ou trust…peu importe. Un commerce alimenter en permanence par la meilleure imprimerie du monde , la FED. Pas mal , non.

    Je termine par mon euphémise que j’ai raconté pour la première fois à un banquier en 2008 après les supprimes aux USA.

    Je suis fils d’agriculteur et cultive encore des terres. Je sais que pour semer un hectare de blé il faut une certaine quantité de semence , ni trop ni trop peu pour dégager un rendement optimal.
    Si maintenant le fermier à 2 fois plus de semences dans son grenier que pour semer son hectare de blé , il aura le choix entre d’une part prendre le risque de mettre toutes ces semences sur le même Ha et être sûr de subir une perte de rentabilité car il a semé trop épais. D’autre part , semer la quantité nécessaire pour être sûr d’une production correcte et garder le surplus des semences dans son grenier. Que faire avec ce surplus qui diminue de valeur chaque année.???

    Autrement dit , les coffres (comptes d’épargnes) de nos banques sont bourrés d’argent (de semences) pour lequel il n’y a plus de CHAMPS économique. Donc cette argent n’a plus de valeur car il est là depuis trop longtemps sans bouger. (semences dans le grenier)

    Que l’on veuille ou pas, un certain moment nous seront obligés de faire disparaître une partie de ces semences ( argent d’épargne). Ce moment est arrivé ….. mais quel politicien aura les c…… pour l’annoncer.

    Cordialement

  2. Mais comment faire les gens ne paie plus les loyers immobilier les placements à taux presque zéro (assurance vie etc ) tout est décourageant .bien sûr que nos retraites diminués il faut repasser dans un système qui encourage les gens à investir et ce n’est pas avec une politique de zig zag du P Hollande avec un avenir bouché il a réussi à convaincre Merkel de sa politique migratoire il va faire imploser l’Europe il rêve d’une Europe socialiste à sa botte il faut développer les pays emergeants que les gens consomment et se développent chez eux même avec de la fausse monnaie comme c’est déjà le cas …sans travaillé pas d’avenir

  3. Facile! Le petit rentier n’a qu’à faire comme les riches, et risquer, mais rarement, de devenir pauvre, en plaçant son argent dans des actifs à risques plutôt que dans des actifs prétendûment sans risques! Qui ne risque rien n’a rien! Ca vaut pour les pauvres, moins pour les riches!

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