Des bulles adossées à des bulles

Rédigé le 7 décembre 2017 par | Dette, Simone Wapler Imprimer

Les investisseurs institutionnels sont-ils vraiment conscients des risques que posent les bulles financières ?

Si vous êtes amateur de champagne, vous préférez peut-être le « fines bulles » qui montent en petites colonnes effervescentes. A moins que votre goût ne vous porte plutôt sur les grosses bulles, plus désordonnées et explosives que pétillantes.

Mais de toutes façons, toutes terminent par exploser à la surface. Et au passage : non, évidemment, une petite cuiller dans une bouteille de champagne ouverte ne conserve pas plus de bulles.

Sur les marchés financiers, tout est désormais bulle. L’argent frelaté, telle la liqueur champenoise, a bien fait le boulot. Grosses bulles, petites bulles, il y en a pour tous les goûts.

Les Echos, dans son édition d’hier, fait état d’une enquête auprès des investisseurs institutionnels, les zinzins, sondés par Natixis.

« Principale inquiétude, à côté du risque géopolitique, le développement des bulles financières ».

Notez bien, cher lecteur, le gros danger de la bulle du bitcoin pointée par nos zinzins. Pourtant la capitalisation actuelle du bitcoin et des cryptomonnaies n’est que de 400 Mds$, 80 misérables kerviels.

En regard :

La capitalisation des actions est de l’ordre de 100 000 Mds$

Celle des obligations atteint environ 180 000 Mds$ (dont obligations d’Etat 63 000 Mds$)

C’est la paille et la poutre.

« En 1987, un vétéran de la Bourse m’a révélé LE secret qui pourrait changer la vie de milliers de retraités, présents et futurs…

Il l’appelait :

Le Plan Brongniart

Inutile de dire que si la petite bulle du bitcoin explosait maintenant, elle ne ferait pas de gros dégâts, sauf dans le coeur de quelques libertariens fervents lecteurs d’Ayn Rand.

La mère de toutes les bulles est la bulle obligataire — et plus précisément celle de la dette d’Etat (en principe garantie par les contribuables). C’est l’argent factice qui nourrit les zombies et gonfle les autres bulles, y compris immobilières.

C’est précisément cette méga-bulle que défie la micro-bulle du bitcoin. Elle chantonne en grimpant :

« Puisque vous faites n’importe quoi avec la monnaie que vous nous imposez, nous avons créé une monnaie, comme la vôtre, mais qui est en quantité limitée. Cette monnaie n’est pas faite pour étriper les gens qui ont de l’argent de côté ou bien cherchent à épargner sans spéculer. »

Pauvre petite fine bulle, combien de temps va-t-elle monter à la surface avant d’exploser ?

Car elle explosera, oui, probablement. Les banquiers centraux et les gouvernements ont une arme imparable : la taxation. Mais alors tout le monde aura compris que leurs monnaies officielles sont frelatées.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

2 commentaires pour “Des bulles adossées à des bulles”

  1. En fait « grosso modo » ces pourcentages disent une chose: une bulle immobilière, une bulle action, une bulle obligation et une bulle bitcoin. Donc cela montre plutôt que les fonds de pensions et les assurances comme les banques sont piégées par leurs propres conneries…

  2. Cela dit de nombreux marchés action internationaux se situent à des niveaux de valorisation encore bien loin d’une situation de bulle, certains sont même extrêmement déprimés.

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