Les ventes de voitures électriques progressent, mais elles profitent surtout à Tesla et aux constructeurs chinois. Fragilisés par des investissements massifs, des marges en baisse et des parts de marché en recul, les groupes européens réclament désormais davantage de protection face aux importations.
Après Stellantis, qui aurait engagé des discussions avec BYD au sujet de la cession de certaines usines, Volkswagen envisage à son tour des partenariats avec des groupes chinois. Les constructeurs européens doivent en effet composer avec des capacités de production excédentaires et des performances décevantes dans l’électrique.
Les ventes de voitures à batteries atteignent pourtant des niveaux record. Mais cette progression profite surtout aux groupes étrangers, en particulier Tesla et BYD.
Dans l’ensemble, le marché automobile reste en difficulté. Les ventes reculent depuis les confinements et le lancement des stratégies de transition vers le tout-électrique.
Renault, par exemple, a perdu environ 50 % de sa valeur en Bourse depuis 2025 et 70 % en dix ans, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Comme je l’ai expliqué lors de la publication des résultats du premier trimestre, la progression de l’électrique dans les ventes de Renault et Stellantis soutient malgré tout leur chiffre d’affaires. Ces véhicules restent, en moyenne, plus chers que les modèles thermiques.
Selon les chiffres du secteur, l’électrique a représenté 30 % des immatriculations en juin, un niveau record.
Le Monde :
« Les voitures électriques atteignent 30 % des immatriculations de voitures neuves en France en juin. Un niveau qui devrait encore augmenter dans les prochains mois avec le lancement, le 16 juillet, d’une nouvelle opération de leasing social. »
L’essor de l’électrique permet ainsi de stabiliser les volumes par rapport à 2025. Les données de la Plateforme automobile retracent leur évolution en juin et sur les six premiers mois de 2026, catégorie par catégorie.
Malgré le rebond du mois de juin, le marché fait donc toujours du surplace depuis le début de l’année.
Cette progression profite surtout à Tesla et au groupe chinois BYD. Comme le rapporte L’Argus :
« Les trois leaders Renault, Peugeot et Dacia s’affichent encore dans le rouge, avec des baisses de volumes comprises entre 1,4 % et 10 %. Les hausses les plus spectaculaires sont à mettre au crédit de Tesla (+ 140,7 %) et de BYD (+ 140,2 %). Au contraire, Ford (-18,4 %) et Hyundai ( -11,7 %) enregistrent la plus forte baisse parmi les marques à plus de 1 % du marché. »
Le Grand Continent mesure également la progression des constructeurs chinois en Europe :
« Les voitures électriques chinoises ont représenté près de 11 % des ventes de véhicules neufs en Europe en mai, soit près de deux fois plus qu’il y a un an (5,6 %). Pour les hybrides, les ventes, tirées vers le haut par une demande croissante pour des marques comme BYD et MG, ont représenté presque un quart du total (23,7 %). »
Le tournant vers l’électrique engagé depuis 2021, ajouté au recul des ventes de voitures thermiques, a donc renforcé la concurrence étrangère. Renault, Stellantis et les autres constructeurs européens en subissent directement les conséquences.
Les résultats décevants de cette transition ont aussi refroidi l’enthousiasme du secteur pour les objectifs et les quotas fixés par l’Union européenne.
Après avoir engagé des dizaines de milliards d’euros, les constructeurs remettent désormais en cause leurs ambitions de ventes et de rentabilité dans l’électrique.
Leur lobby réclame même des restrictions sur les importations de véhicules, de batteries et de composants étrangers.
La Plateforme automobile française affirme ainsi :
« Pour les industriels français, constructeurs, équipementiers et fournisseurs, rassemblés au sein de la Plateforme automobile (PFA), l’adoption par l’Union européenne (UE), après tant d’autres régions du monde, de mesures de contenu local, apparaît en effet comme un enjeu de souveraineté : c’est, pour le secteur automobile, l’une des conditions indispensables à la survie du tissu industriel en Europe. »
Les contraintes imposées au secteur depuis le début de la décennie ont ainsi fragilisé les constructeurs européens. Dans le même temps, ceux-ci ont perdu des parts de marché face à leurs concurrents étrangers.
Les premières déceptions conduisent désormais l’Union européenne à assouplir certaines restrictions visant les voitures thermiques. De leur côté, les industriels réclament des droits de douane et des mesures de protection contre les importations.
BMW chute en Bourse : l’Iran, la Chine et l’électrique en cause
Le titre BMW a perdu près de 10 % en juin après un avertissement sur ses résultats de 2026.

Le constructeur investit pourtant des milliards d’euros dans le renouvellement de ses technologies et le développement de nouveaux modèles.
Sa stratégie Neue Klasse représente plus de 10 milliards d’euros d’investissements. Elle prévoit aussi le lancement d’environ 40 modèles au cours des prochaines années.
L’avertissement a fortement déçu les investisseurs. BMW ne prévoit plus qu’une marge comprise entre 1 % et 3 %, contre une précédente estimation de 4 % à 6 %. Le groupe envisage également des réductions d’effectifs.
Plusieurs analystes ont, à leur tour, revu à la baisse leurs perspectives sur le titre.
ZoneBourse :
« Aujourd’hui, c’est au tour de Berenberg de donner son opinion et commence par qualifier l’avertissement sur résultats ‘d’important’. Les analystes rappellent qu’au mois de janvier, ils avaient dégradé le titre BMW à conserver en raison du risque lié à des hypothèses trop optimistes sur la Chine, en particulier compte tenu de la dynamique produits du groupe concentrée sur la fin de la période (fin 2026-2027) et de l’intensification des pressions concurrentielles. »
Dans son communiqué, BMW insiste sur les conséquences de la guerre en Iran. Le groupe évoque une hausse des coûts et une pression accrue sur la demande en Europe. Il reconnaît également que ses ventes en Chine ont été inférieures aux attentes.
En revanche, le constructeur aborde peu les difficultés rencontrées dans l’électrique.
En 2021, BMW avait pourtant affiché des objectifs très ambitieux pour le reste de la décennie. Le groupe misait alors sur une explosion de la demande, alimentée par les quotas imposés aux constructeurs et par les aides publiques. Le communiqué expliquait :
« Entre [2021] et 2025, BMW va augmenter ses ventes de voitures à batteries à un rythme moyen de bien plus de 50 % par an, soit dix fois le nombre de voitures à batteries vendues en 2020. Selon les prévisions internes, l’entreprise prévoit aussi de réaliser au moins 50 % de ses volumes de ventes mondiales avec des voitures à batteries en 2030. »
Les résultats obtenus pendant la première moitié de la décennie sont loin de ces ambitions. Cette déception participe aux difficultés de BMW, comme à celles de l’ensemble du secteur.
BMW Blog :
« Les ventes de voitures à batteries chez BMW en Amérique du Nord, en 2025, nous donnent un avertissement sur les objectifs d’électrification de l’industrie. Les ventes de voitures à batteries baissent de 16,7 % sur l’année, pour atteindre 42 484, contre 50 981 en 2024. Le déclin a accéléré au dernier trimestre de 2025, lorsque les ventes de voitures à batteries ont chuté de 45,5 % sur un an, pour atteindre 7 557 contre 13 876 en 2024. »
Les ventes de voitures électriques restent donc très dépendantes des subventions et des dispositifs publics, comme le leasing social.
Le recul observé aux États-Unis montre notamment les conséquences de la suppression des aides à l’électrique décidée par Donald Trump.
Dans ses communiqués, BMW attribue surtout ses difficultés à la guerre en Iran et au ralentissement du marché chinois.
La stratégie du tout-électrique ne peut pourtant pas être écartée. Elle a elle aussi pesé sur la rentabilité du groupe, déçu les attentes commerciales et favorisé la perte de parts de marché au profit de la concurrence étrangère.
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