Sous les discours sur la liberté et les promesses de salut, c’est toujours la vieille loi de Thucydide qui s’impose : les forts avancent, les faibles encaissent. En Iran, les bombes, les humiliations et les menaces de tutelle dessinent moins une libération qu’une mise à genoux. Et comme souvent dans l’Histoire, l’ivresse des vainqueurs pourrait bien porter en elle la mèche de leur propre chute.
« Les forts font ce qu’ils peuvent, et les faibles subissent ce qu’ils doivent. » – Thucydide
Pauvres et faibles Iraniens…
… Des bombes d’Amérique
… Des missiles d’Israël
… Des tremblements de terre de la main même de Dieu.
Et maintenant, des soldats sur leur sol… et même pas les leurs.
Selon le Daily Mail :
« Une invasion terrestre est lancée contre l’Iran alors que des milliers de combattants kurdes soutenus par les États-Unis franchissent la frontière.
Dimanche soir, le président Donald Trump s’est entretenu avec les chefs des groupes kurdes en Irak pour discuter de la situation en Iran. »
La fierté de la marine iranienne a été coulée, elle aussi.
Selon la BBC :
« Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré qu’un sous-marin américain avait coulé un navire de guerre iranien dans l’océan Indien. Washington déclare que c’est la première fois depuis la seconde guerre mondiale que le pays se sert d’une torpille pour couler un navire ennemi. »
Pete Hegseth en a rajouté en décrivant à quoi ressemblera leur vie quand les États-Unis et Israël contrôleront totalement l’espace aérien iranien et ne feront preuve « d’aucune pitié » :
« Nous volerons jour et nuit pour identifier, fixer et détruire les missiles et la base industrielle de défense de l’armée iranienne. On identifiera et fixera leurs chefs et leurs chefs militaires, on survolera Téhéran, on survolera l’Iran, on survolera la capitale, on survolera les gardiens de la révolution islamique. Les chefs iraniens regarderont vers le ciel et ne verront que des forces aériennes américaines et israéliennes. Chaque minute, chaque jour, jusqu’à ce qu’on décide que c’est fini. Et l’Iran ne pourra rien y faire. »
Je plains leur prochain Chef Suprême.
Selon le Wall Street Journal :
« Le fils de Khamenei est le principal candidat pressenti pour devenir Chef Suprême
Mojtaba Khamenei mènerait probablement le pays vers une ligne encore plus dure. »
Attendez… Donald Trump revendique le droit d’approuver le nouveau chef.
Selon le New York Post :
« Trump : ‘Je dois intervenir dans le choix du prochain leader iranien, et le fils d’Ali Khamenei, Mojtaba, n’est pas acceptable.’ »
Ce pourrait être une chance pour Mojtaba.
Selon Yahoo! News :
« Israël déclare avoir aussi un plan pour cibler et tuer le successeur de Khamenei. »
Mais, au moins, comme le Chef Suprême de l’Amérique l’a promis, après l’apocalypse, les cieux seront plus cléments.
Le peuple iranien sera bientôt libre de choisir son propre destin :
» L’heure de la liberté est proche… Quand nous en aurons fini, prenez le contrôle de votre gouvernement. Ce sera à vous de jouer. Ce sera probablement votre seule chance sur des générations. »
Enfin libres… Enfin libres… Les Iraniens seront autorisés à prendre le contrôle de leur pays – s’il en reste quelque chose, et sous réserve que Trump donne son « OK ».
Les conséquences directes et immédiates sont celles que l’on constate aux informations : la misère, la souffrance, la mort et la destruction. Les vainqueurs ne s’excusent pas et ne font pas de quartier. La force fait loi.
Les conséquences en cascade prennent plus de temps. Elles ont tendances à vous prendre par surprise.
Les dieux accordent la victoire à ceux qui sont forts, mais souvent avec une mèche déjà allumée.
Le succès nourrit l’orgueil. Et l’on sait bien ce qui précède.
César a franchi le Rubicon en 49 av. J.-C. Il était désormais indomptable… L’homme le plus puissant de Rome, et probablement du monde. Cinq ans plus tard, il gisait sur le sol de la curie de Pompée.
En 1812, alors que Bonaparte – l’homme le plus puissant d’Europe – se tenait au milieu des flammes, à Moscou, et que les premiers flocons de neige tombaient sur la ville, il a dû se rendre compte, soudain, que la Grande Armée était sur le point d’être anéantie.
À suivre…
