Chaque nouvelle administration promet de traquer les fraudes, les abus et les dépenses inutiles. Mais le casting change, pas la pièce. Derrière les grandes déclarations sur l’efficacité gouvernementale, la machine fédérale continue de dépenser — toujours plus, toujours mieux, et toujours aux frais du contribuable.
« Nous pourrions équilibrer le budget fédéral si les dollars qui sortent du Trésor étaient versés uniquement aux personnes qui y ont légalement — et effectivement — droit. » — Stephen Miller
Mais qu’est-ce qui lui passe par la tête ?
C’est l’un des personnages les plus puissants de l’équipe Trump. Or, c’est cette même administration qui signe les chèques. S’il pense que ceux qui tiennent la caisse détournent l’argent public, pourquoi ne pas les convoquer et leur passer un sérieux savon ?
Les « experts » n’ont pas tardé à souligner que, si les preuves de gaspillage massif, de corruption et d’incompétence sont accablantes — quel sot irait prétendre le contraire ? —, les montants concernés restent très loin de ce qu’il faudrait pour équilibrer le budget.
Ce que ces « experts » se gardent bien d’ajouter, c’est que le casting des fripouilles aux manettes change tous les quatre ans, mais que le spectacle, lui – avec ses intrigues, ses intrigues secondaires et ses intrigants – continue, presque inchangé. Ils oublient aussi de préciser que toute cette pièce n’est qu’une farce. Les méchants de la dépense inutile et les héros qui font mine de l’arrêter relèvent tous de la même imposture.
Puisque l’on parle d’argent qui tombe dans les mauvaises poches… le Pentagone ne sait même pas où passe le sien. Military.com rapporte :
« Le Pentagone a échoué à son huitième audit financier consécutif et affirme travailler encore à l’obtention d’une opinion sans réserve d’ici 2028, maintenant ainsi la pression sur la responsabilité et le contrôle du département de la Défense. »
Notre propre passage sous les drapeaux, pendant la guerre du Vietnam, nous l’avait déjà confirmé. Les officiers et les marins étaient compétents, pleins de bonne volonté. Mais on les avait installés sur un cuirassé à plusieurs milliards de dollars, équipé de la puissance de feu la plus moderne et du matériel le plus sophistiqué — donc le plus coûteux. Puis, on nous a envoyés au beau milieu du vaste Pacifique pour protéger la nation contre un ennemi qui n’existait pas. Le Viet Cong n’avait pas de croiseurs lourds, il n’avait pas de marine du tout. La Chine, à l’époque, se remettait à peine de la révolution culturelle ; elle n’avait pas davantage de flotte digne de ce nom. La Russie non plus.
Contre quoi étions-nous censés protéger la patrie ? Personne n’en savait rien.
La source du gaspillage, comme le savait n’importe quel matelot, c’était la casta politica — les mêmes clowns qui jurent, la main sur le cœur, défendre l’argent du contribuable. Même à l’époque — il y a un demi-siècle —, l’objectif réel n’était pas d’économiser de l’argent. C’était d’en dépenser.
Et malheur à vous si vous n’utilisiez pas jusqu’au dernier dollar de votre enveloppe ! L’année suivante, votre budget risquait d’être raboté.
Puis est arrivée l’équipe Trump, avec une nouvelle raison d’espérer et de chanter des hosannas. Le fameux DOGE. Le Department of Government Efficiency – le ministère de l’Efficacité gouvernementale – fut créé et placé sous la direction de l’être humain le plus intelligent et le plus compétent ayant jamais foulé cette terre : Elon Musk.
Et le grand remue-ménage a commencé… Les jeunes génies de Musk se sont mis à fourrer le nez dans les terriers, les nids et les planques de l’administration fédérale. Ils ont fouillé les comptes, épluché les organigrammes. À coup sûr, ce n’était plus qu’une question de temps avant que le budget fédéral ne soit équilibré. TimesNow explique :
« Lorsque Donald Trump a pris ses fonctions en 2025, celui qui dirigeait alors le DOGE, Elon Musk, avait promis de réduire les dépenses de 2 000 milliards de dollars.
Le DOGE a revendiqué des milliards de dollars d’économies publiques grâce à l’annulation de contrats, à la suppression de subventions et à la renégociation de baux. Selon son site, le département avait atteint 214 milliards de dollars d’économies au 24 novembre [2025], soit l’équivalent estimé de 1 329,19 dollars par contribuable. »
Et le résultat ? Le New York Times :
« Le Department of Government Efficiency d’Elon Musk a affirmé avoir procédé à plus de 29 000 coupes dans l’administration fédérale — sabrant des contrats à plusieurs milliards de dollars, annulant des milliers de subventions et poussant des fonctionnaires vers la sortie.
Mais le groupe n’a pas accompli ce que M. Musk avait promis : réduire les dépenses fédérales de 1 000 milliards de dollars avant octobre. Sous la surveillance du DOGE, les dépenses fédérales n’ont pas baissé du tout. Elles ont augmenté. »
Le DOGE n’a même pas réussi à entamer les déficits fédéraux. Et maintenant que le dernier conservateur du Congrès a été écarté, qu’est-ce qui empêchera le Grand Homme et son Grand Gouvernement de poursuivre leur Grand Rendez-vous avec une Grosse Déflagration financière ?
Si Miller avait raison, il suffirait d’arrêter d’envoyer des chèques à ceux qui ne devraient pas les recevoir. Cela n’arrivera pas. Mais M. Trump n’a pas inventé ce système ; il en hérite simplement. Comme toujours avec lui, il réussit surtout à rendre le spectacle plus clinquant.
