Les sondages plongent, les critiques se multiplient, et même une partie du camp trumpiste vacille. À travers sa rhétorique guerrière, Donald Trump alimente désormais moins l’image d’un stratège que celle d’un chef d’État erratique, dont l’incompétence supposée deviennent le cœur même du débat public.
« Trump s’exprime littéralement comme un super-vilain détraqué tout droit sorti d’un film Marvel. CE N’EST PAS POUR ÇA QU’ON A VOTÉ !!… Comment le dégager avec le 25e amendement ? » — Alex Jones, animateur de radio américain
Les chiffres des sondages semblent empirer de jour en jour. Newsweek rapporte :
« Le président Donald Trump s’apprête à enregistrer ses pires taux d’approbation de ce second mandat, selon un nouveau sondage du NBC News Decision Desk publié dimanche, qui montre que huit électeurs de la génération Z sur dix estiment que le pays va dans la mauvaise direction.
Le sondage, réalisé par SurveyMonkey, révèle non seulement que Trump essuie 76 % de désapprobation chez les électeurs de 18 à 29 ans, mais aussi que ce sont les jeunes républicains qui alimentent cette tendance à la baisse, signe d’un basculement préoccupant dans une catégorie démographique largement considérée comme déterminante dans le retour du parti à la Maison-Blanche. »
Portés par les sondages, la presse et les influenceurs poussent le récit dans deux directions : soit le président a perdu la raison, soit il fait preuve d’une incompétence abyssale. Le New York Times :
« Le comportement erratique du président Trump et ses déclarations extrêmes ces derniers jours et ces dernières semaines ont relancé à toute vitesse le débat qui l’accompagne sur la scène politique depuis dix ans : est-il rusé comme un renard, ou tout simplement fou ? »
Même parmi ses soutiens les plus fidèles, l’hypothèse du « »tout simplement fou » gagne du terrain.
USA Today :
« Des dissidents de MAGA rejoignent les démocrates et remettent en question les ‘capacités mentales’ de Trump
‘Je pense vraiment que ses capacités mentales doivent être examinées’, a déclaré Marjorie Taylor Greene lors d’une apparition sur CNN International le 15 avril.
‘Il radote’, a renchéri Alex Jones, improvisant son propre diagnostic : ‘On dirait que son cerveau ne tourne pas rond.’ »
Candace Owens :
« Trump est un ‘lunatique génocidaire… Le Congrès et l’armée doivent intervenir.’ »
Ty Cobb, ancien avocat de la Maison-Blanche :
« Le président est ‘manifestement fou’. »
C’est une chose de s’emporter contre les torts que lui auraient causés les stars d’Hollywood et les éditorialistes de Washington ; c’en est une autre de dérailler sur des enjeux de vie ou de mort — et de sécurité nationale.
« Nous proposons un ACCORD très juste et très raisonnable, et j’espère qu’ils l’accepteront, parce que, s’ils refusent, les États-Unis vont détruire chacune des centrales électriques, et chacun des ponts, en Iran. FINI, LE GENTIL MONSIEUR ! Ils céderont vite, ils céderont facilement et, s’ils n’acceptent pas l’ACCORD, ce sera pour moi un honneur de faire ce qui doit être fait, ce qui aurait dû être fait à l’Iran par d’autres présidents depuis 47 ans. IL EST TEMPS QUE LA MACHINE À TUER IRANIENNE SOIT MISE A l’ARRÊT ! », a écrit le président.
Qu’en penser ? S’agit-il d’une simple tactique de négociation ? Si cette menace n’est qu’une fanfaronnade, Trump se montre incompétent. Si elle est réelle, il apparaît comme criminellement dément. Dans un cas comme dans l’autre, sa marche vers la guerre contre l’Iran l’expose à des accusations d’irresponsabilité et d’échec.
L’ancien secrétaire au Travail Robert Reich défend, lui, avec vigueur l’hypothèse de l’incompétence, rappelant que « Trump a ruiné toutes les entreprises auxquelles il a touché ».
Peu importe ce qu’il vendait – billets d’avion, steaks, Bibles, jeux d’argent, université, jeux de société, prêts hypothécaires, magazines, vodka, glaces, voyages – tout a fini par échouer.
La plupart des critiques, toutefois, se concentrent sur l’attaque contre l’Iran.
MSNBC :
« La plus grosse erreur de Trump jusqu’ici dans sa guerre ruineuse contre l’Iran. »
BBC :
« La guerre américaine contre l’Iran a été une ‘erreur’, affirme Reeves. »
Chas Freeman, ancien ambassadeur :
« L’EMPIRE AMÉRICAIN SE FISSURE SOUS LE POIDS DES ERREURS DE TRUMP. »
Une erreur ? Peut-être pas. Trump s’y préparait depuis toujours. S’il est un homme capable de faire dérailler l’empire, c’est bien Donald J. Trump. Échec après échec, il s’est vu offrir l’occasion de porter son amateurisme consternant au plus haut niveau.
Il a isolé les États-Unis de leurs alliés, alourdi la dette du pays, menacé puis bombardé des nations étrangères, accéléré la défiance envers le dollar, renchéri de moitié la matière première la plus stratégique du monde, et scandalisé sans raison le plus vaste groupe religieux de la planète. Il a poussé ce programme plus loin que quiconque n’aurait osé l’imaginer.
À ce stade, les républicains doivent commencer à voir en Donald J. Trump moins un atout qu’un boulet. Ils ont vu les démocrates attendre beaucoup trop longtemps avant de pousser Biden vers la sortie ; ils n’auront aucune envie de répéter cette erreur. Et JD Vance aurait sans doute de meilleures chances en 2028 s’il arrivait à l’échéance avec un début d’expérience présidentielle.
Méfiez-vous d’un « changement de régime » en Amérique.

4 commentaires
J’aime beaucoup les articles de Bill Bonner mais j’ai quelques doutes sur sa dernière phrase: changement de régime avec JD Vance??? Je dirait plutôt continuité mais avec sans difficulté plus d’intelligence.
Si Trump est fou , alors que dire de Macron.
Je pense que Trump a bien fait d’enrayer la monté en puissance de l’Iran , car si les Iraniens auraient pu mettre la bombe atomique à jour , le Moyen Orient aurait des soucis à se faire , ainsi que le monde entier. Surtout que Israël serait éventuellement rayé de la carte.
Trump n’est pas un malade mental. Il sur-joue le fou pour affoler le monde. C’est le chaos qu’il projette. Dans une économie chaotique où les affaires deviennent complètement volatiles, voilà où le supposé fou se sent à l’aise pour en douce jouer avec les mouvements boursiers. Un jour il n’y a plus d’essence, ni de terres rares, une semaine après, il annonce que tout va bien, il a gagné la guerre, et ainsi de suite de semaine en semaine. Il ne joue pas en bourse, il la déchaîne, la catalyse par ses laïus et dithyrambes .Et bien sûr en fait profiter sa chère famille et ses amis. Si j’ai bien lu, sa fortune personnelle a augmenter du doublé si pas plus, depuis qu’il est le Roi des USA ? Lacan disait « Les non dupes errent « … Jeu de mot autour de la fin du respect de la Loi et de la véritable fonction paternelle bienveillante mais ferme ?
Brigitte
Trump est le produit de son éducation – « killer ou n’être rien » – et il a développé les défauts inhérents. Et cela est entré en osmose avec les névroses collectives des USA exceptionalistes et télévangéliques. Cela a créé un univers où tout cela s’est développé très rapidement à leurs extrêmes (qui étaient non exprimées mais présentes). Et dans cet univers, Trump est parfaitement rationnel