Portés par un récit de désescalade sans base juridique ni garantie réelle, les marchés ont salué une paix déjà condamnée. Moins de 24 heures plus tard, la reprise des frappes et l’embrasement régional révélaient l’extrême fragilité, sinon l’inexistence, du processus annoncé.
Le processus de paix au Moyen-Orient est mort moins de 24 h après avoir « enchanté » les marchés.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a lu ce bref communiqué : « Le plan en dix points de l’Iran est fondamentalement non sérieux, inacceptable et complètement écarté. Il a littéralement été jeté à la poubelle par le président Trump. »
Voilà, voilà… Si jamais certains ont pu croire que la hausse de 5 % du CAC 40, du DAX, de l’EuroStoxx 50 reposait sur des éléments « solides », voilà de quoi dissiper leurs dernières illusions : le rebond des marchés ce mercredi reposait sur du vent, mais a permis de laminer proprement les vendeurs à découvert.
Comment, après une journée aussi dramatique et meurtrière au Liban, les investisseurs ont-ils pu continuer de faire semblant de croire à un cessez-le-feu et au maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz ? Ils n’ont même pas bronché à l’annonce de sa fermeture à la mi-journée.
Il semble que cette journée avait été « programmée » telle qu’elle s’est déroulée, et aucune information, même totalement contraire au narratif de la paix de la nuit précédente, n’aurait pu empêcher que le plan se déroule comme il avait été conçu.
Dès le début de la matinée, l’aviation israélienne avait bombardé les raffineries de pétrole iraniennes sur les îles Siri et Lavan.
Peu de temps plus tard, des frappes massives dévastaient le Liban-Sud, le centre de Beyrouth (une centaine de bombes sur une zone 100 % civile), la ville de Tyr, provoquant une hécatombe parmi la population libanaise (des dizaines de morts, des centaines de blessés).
En guise de riposte, il a été rapporté le tir par l’Iran de 17 missiles balistiques et 35 drones sur les Émirats arabes unis, faisant plusieurs blessés sur le complexe gazier de Habshan à Abu Dhabi. Des explosions ont également été signalées dans la capitale de Bahreïn, Manama.
Le cessez-le-feu était déjà caduc moins de 6 heures après avoir été rendu public.
Le torpillage du processus a été aussitôt assumé par Benjamin Netanyahu, vexé de ne pas avoir été tenu au courant de la médiation pakistanaise : un responsable israélien a qualifié l’annonce de « complète surprise », affirmant que la Maison-Blanche n’avait fourni qu’une notification de dernière minute plutôt que de s’engager dans un déploiement stratégique conjoint.
Benjamin Netanyahu a déclaré que, pour Israël, ce cessez-le-feu n’incluait pas le Liban, alors que le Premier ministre du Pakistan avait bien spécifié mardi soir que le projet couvrait tous les théâtres d’opération : « Partout, y compris le Liban. »
JD Vance l’avait qualifiée de « trêve fragile »… elle était mort-née.
D’un point de vue juridique, il n’existait aucun projet de cessez-le-feu. Il s’agissait de déclarations unilatérales, non d’un engagement bilatéral après accord sur les conditions à respecter.
Le Pakistan a négocié verbalement par des appels téléphoniques séparés – appels dont le contenu n’est pas vérifiable, et ce pays n’est en aucune manière un garant du cessez-le-feu.
Un accord de cessez-le-feu, en droit international, exige un processus écrit, une acceptation mutuelle de termes identiques, un périmètre d’application défini, couvrant toutes les parties et tous les théâtres d’opérations, des mécanismes de vérification et des conséquences en cas de violation. Aucun de ces éléments n’existe nulle part à l’heure actuelle, et encore moins après la journée de mercredi.
Tout ce qui a pu exister, c’est Trump publiant sur Truth Social qu’il suspendait les bombardements. Et le ministre des Affaires étrangères iranien publiant sur X que les forces armées iraniennes faciliteront le passage, ce qui était déjà le cas pour les navires acquittant le péage imposé par Téhéran.
Deux déclarations sur des réseaux sociaux, publiées séparément, utilisant un langage différent, décrivant des choses différentes, sans document partagé, sans signatures, sans engagement contraignant.
L’Iran peut fermer le détroit demain et affirmer que les États-Unis ont violé les conditions en premier en ne ratifiant pas le plan en dix points (ce plan vient d’être « jeté à la poubelle », selon C. Lewitt). Les États-Unis peuvent reprendre les bombardements demain et affirmer que l’Iran a violé les conditions en n’ouvrant pas pleinement le détroit (qui est, en effet, de nouveau fermé).
Mais, de toute façon, la pire journée de guerre infligée au Liban par Israël depuis 1985 a tout remis en question… Seuls les marchés semblaient ne rien avoir remarqué.
À ce niveau, ce n’est évidemment pas de l’aveuglement : ce mercredi avait été « écrit comme ça ».
Les jours qui viennent seront bien différents, et le retour en boomerang du réel va « décoiffer » !

2 commentaires
Le gouvernement israélien de Natanayhu continue sa politique belliqueuse, ses agressions de pays étrangers comme le Liban et l’Iran. Donald Trump agresse de son côté l’Iran…Que fait le tribunal pénal international??? Condamne-t-il encore les crimes de guerre? Les USA sont ensauvagés, il n’y a plus aucun garde fous… Les peuples américains et hébreux vont-ils laisser leur gouvernement respectif procéder à un tel massacre?
On peut espérer qu’enfin après 70 ans de persécution de bombardements chaque jours sur des civils par Gaza et par le Hezbollah au Liban, Israël ait décidé une bonne fois d’en finir avec cette bande de mafieux , orchestré par l’iran et soutenus par la Chine et la Russie.( comme au vietnam ). Fin de partie.