C’est une vieille habitude humaine : invoquer Dieu quand les raisons terrestres manquent. Certains responsables politiques parlent désormais de « guerre de religion » pour justifier un nouveau conflit au Moyen-Orient — allant jusqu’à suggérer que la volonté divine elle-même soutiendrait les bombes. Mais si Dieu devait réellement choisir un camp, lequel serait-ce ? Et surtout, qui peut prétendre parler en son nom lorsque les missiles commencent à tomber ?
« C’est l’un des êtres humains les plus idiots que j’aie jamais rencontré… On finit par déclencher la Troisième guerre mondiale, avec un type comme ça. » – Donald Trump à propos de Lindsey Graham.
Dans quel camp est vraiment Dieu ?
« Gott mit uns » [NDLR : « Dieu est avec nous »] disaient les Allemands lors de la première guerre mondiale.
Peut-être, mais qu’en disent les séraphins et les chérubins ? Quel camp soutient la « dure, grande et forte épée » [NDLR : Ésaïe 27:1] ?
Aujourd’hui, nous laissons dernière nous le meurtre et le chaos des effets directs et immédiats … et nous laissons de côté (pour aujourd’hui) les conséquences économiques et financières indirectes… afin de nous interroger sur les effets de quatrième et cinquième ordres.
Qui sont les « méchants » ? Et pouvons-nous compter sur Dieu, dans cette guerre que l’Amérique vient de déclencher ?
Le membre le plus idiot du Sénat semble penser que oui. Lindsey Graham dit qu’il s’agit « d’une guerre de religion ». Peut-être a-t-il a raisonné par élimination pour en arriver là, car aucune autre explication ne tient la route.
Instaurer la démocratie ? Non, personne n’y croirait. Une attaque américaine pour éviter une attaque iranienne destinée à éviter une attaque israélienne ? Des choses plus folles se sont produites !
La menace nucléaire ? Nos propres agences du renseignement nous disent que cela n’a jamais été un risque réaliste.
Un changement de régime ? Toujours pas. On considère que le nouveau Chef Suprême est sur une ligne plus dure que son père. Les fidèles musulmans, dit-il, doivent venger le meurtre de son père. Comme Graham, il veut transformer cela en guerre de religion.
Mais de quelles religions parlons-nous ?
Les musulmans ont peut-être une religion qui autorise la vengeance, ou peut-être pas.
Mais quel genre de religion vous permet de frapper votre voisin sous prétexte qu’il pourrait vouloir vous frapper ?
Et « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux« [NDLR : Matthieu 7:12] ne permet pas vraiment de bombarder des écoles de filles.
Mais Graham n’est pas le seul à considérer la guerre comme un exercice religieux. Mike Huckabee, ambassadeur américain en Israël, a dit ce genre de choses… Selon CBN :
« ‘Vous recevrez un message céleste’ : Huckabee dit à Trump que seule la voix de Dieu compte dans le conflit entre Israël et l’Iran. »
Hein ??? Dieu aurait donné son feu vert pour attaquer l’Iran ? Mais de quel genre de dieu s’agit-il ? Est-ce qu’il parle directement à Donald J. Trump ?
Plus bizarre encore, certaines personnes pensent que Jésus est impliqué.
Selon Newsweek :
« Un commandant américain dit que Trump ‘a été investi par Jésus’ pour attaquer l’Iran. »
Le Nordic Times à propos de Ted Cruz :
« D’après un sénateur républicain : La bible nous impose de soutenir Israël. »
Mais si cette revendication de « guerre de religion » était vraie, la Cour Suprême devrait y mettre un terme immédiatement. La Constitution américaine interdit formellement au gouvernement de favoriser une religion par rapport à une autre.
Si Dieu vous dit quelque chose… il vaut probablement mieux le faire, non ? Que cela aille à l’encontre de votre Constitution ou de votre propre religion. Mais est-ce que Dieu parle vraiment à Huckabee, Trump ou Graham ? Nous l’ignorons.
Leurs arguments en faveur de la guerre reposent sur un roseau si frêle qu’il ne supporterait même pas le poids d’un moineau ni, à plus forte raison, la mort de milliers de personnes.
À la messe, dimanche, la lecture de l’Ancien Testament s’est concentrée sur la question du frêle roseau en question.
Dieu dit à Abraham : « Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; […] et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » [NDLR : Genèse 12:1-3]
Est-ce que Dieu a créé l’univers en six jours ?
Nous ne le pensons pas… du moins pas selon les journées de 24 heures que nous connaissons.
Mais, avant que l’univers ait existé – sans soleil et sans terre – un « jour » pouvait signifier n’importe quoi. Une bonne partie de la Bible est sujette à interprétation.
Mais cette partie dit clairement : « toutes les familles de la terre seront bénies en toi », et pas seulement les familles actuellement sous le commandement de Netanyahou et de Trump. Logiquement, les Iraniens sont aussi bénis que les Israéliens et que nous.
Plus tard, Jésus a élargi ce point et – dans l’histoire du Bon Samaritain et dans le Sermon sur la Montagne – il a montré que son Dieu n’avait pas de favoris. « Aime ton voisin », a-t-il dit.
Mais, évidemment, toute personne affirmant savoir de quel côté penche Dieu, dans ce conflit entre les États-Unis et l’Iran, est soit un idiot, soit un charlatan.
Ou bien les deux.

3 commentaires
Sur que Dieu n’a rien à voir la dedans, du moins le Dieu Chrétien. Le Dieu de l’Islam, certainement, le Coran, « transposé » dans la constitution Iranienne prescrit à ses fidèles de tuer les Juifs et de…… racketter les Chrétiens. La bonne raison serait d’être sur que l’Iran était bien sur le point de détenir l’arme nucléaire. On connait l’histoire des armes de destruction massive. Avec Trump, les actions sont toujours des …affaires. Tenir le pétrole du Venezuela et de l’Iran c’est ralentir la Chine, qui ne peut pas faire grand chose. L’opération est risquée mais l’homme est pressé. Simultanément, « notre » Ursula admet une de ces erreurs, ou plutôt celle de l’Allemagne verte de jalousie de la France, jadis leader mondial du nucléaire. Le « six coups », décidemment, c’est mieux.
Le dieu de l’Ancien Testament est un dieu agonisant qui n’en finit pas de mourir. Au dieu guerrier, cruel et vengeur s’est substitué un dieu d’amour et de compassion. A ceux qui se plaignent d’implorer un dieu qui ne répond pas, un prélat catholique répond : « Dieu entend, mais il ne répond pas ». Et pour cause, une autre religion, l’hindouisme, précise que prier ne signifie pas prononcer des paroles, mais faire silence et écouter jusqu’à entendre la voix du divin (propos relaté de mémoire par un Swami hindou dont le nom m’échappe). Les bavards, les arrogants, les prétentieux n’ont pas accès à cet entendement : ils font trop de bruit. L’hindouisme, comme le bouddhisme, sont des religions sans dieu. Mais il existe une conscience unique, constante et éternelle dont notre conscience est une émanation et la quête spirituelle consiste à garder l’attitude adéquate : « sat, chirt, ananda » : existence, conscience, béatitude. Le résultat est de se relier à cette conscience universelle, comme le fait un disque d’embrayage avec celui du moteur.
lire : sat, chit, ananda…