La « guerre » de Trump contre l’Europe

Rédigé le 5 juin 2018 par | actu géopolitique, Bill Bonner, Liberalisme Imprimer

Trump a « déclaré la guerre » à l’Union européenne avec ses dernières mesures en matière de taxes douanières. Encore un accord gagnant-perdant…

« Trump déclare la guerre à l’Europe », titrait Le Monde hier.

Nous sommes en France – nous avons pris le ferry depuis le sud de l’Irlande. Cela met plus de temps que l’avion mais nous avons une voiture sur place, ce qui rend les déplacements plus faciles – surtout quand les trains ne circulent pas.

« Une petite brute »

Quoi qu’il en soit, la « guerre » avec les Etats-Unis semble s’intensifier.

Pour rappel, la semaine dernière, le président américain a annoncé des taxes douanières sur l’aluminium et l’acier d’importation – non pas uniquement pour des « ennemis » comme la Chine, mais également pour des alliés américains comme le Canada et l’Europe.

« Protectionnisme » – c’est ainsi que la Commission européenne qualifie les nouvelles barrières commerciales de M. Trump.

« Illégales » et « une erreur », dit le président français Emmanuel Macron.

Le New York Times adopte une approche plus mesurée à la nouvelle guerre contre l’Europe, se concentrant plutôt sur la réponse potentielle d’un ennemi profondément divisé :

« Je ne pense pas que [l’Union européenne] sera assez forte pour résister », déclare un banquier d’investissement. « Ils ne sont pas prêts à en payer le prix ».

Le New York Times s’est ensuite tourné vers le nord :

« Une gifle pour les Canadiens », titrait un article. Le journal a envoyé un reporter à Hamilton, dans l’Ontario, où 9 000 personnes environ travaillent pour les aciéries.

« Aucun Canadien ne veut ce que Trump est en train de faire », lui a dit l’un des autochtones. « Et s’il s’en tire avec ça, que va-t-il demander ensuite ? C’est une petite brute, rien d’autre ».

« Nous ne négocierons pas avec le couteau sous la gorge », a ajouté un officiel.

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Nous avons déjà fait connaître notre point de vue : les citoyens privés ne devraient pas avoir d’opinion sur les accords commerciaux des autres… et les autorités non plus.

Cela ne les regarde pas. Les accords gagnant-gagnant – conclus librement, sans couteau sous la gorge – sont le seul moyen honnête d’obtenir ce que l’on veut.

Nombre de nos lecteurs ne sont pas d’accord. « Mais eux ils le font aussi » est une répartie désormais familière.

Le coeur de cet argument est que si un gouvernement étranger marche sur les pieds de ses propres citoyens, les autorités US devraient faire pareil.

C’est-à-dire que si les Français doivent payer leurs Harley-Davidson plus cher (parce que les grenouilles ont des taxes douanières sur les importations), les autorités US devraient instaurer des barrières pour que les Américains paient leur parfum plus cher !

Si c’est ça, le « commerce équitable », nous sommes contre. [NDLR : Sauf si cela vous rapporte des gains à trois chiffres… ou plus. Pour découvrir comment transformer la guerre commerciale US en une opportunité de profit sans précédent, cliquez ici.]

C’est le Deep State qui commande

Mais, comme vous le savez, nous tentons de comprendre comment fonctionne le gouvernement américain.

Notre hypothèse telle qu’elle est actuellement : lorsque les Etats-Unis sont passés du statut de République simple et modeste à celui d’Empire mondial, ils ont abandonné le système de gouvernement conçu par les fondateurs et enseigné dans les écoles.

C’est pour cette raison que le président peut mettre le nez dans toute l’économie mondiale – et y faire ce qu’il veut.

C’est pour cette raison que le Congrès passe des lois importantes – Obamacare… « réforme » fiscale… etc. – qu’aucun membre du Congrès n’a jamais lu.

Et c’est pour cette raison que les Etats-Unis sont actuellement impliqués dans 130 conflits différents, dont cinq guerres actives, sans aucune déclaration de la part du Congrès.

Avec tant de choses qui se passent, pas étonnant que le peuple… et ses représentants… aient largement perdu le fil. « Notre » commerce avec l’Europe est-il « équitable » ?

Qui diable peut le savoir ?

Les initiés, les technocrates, les compères et les donateurs électoraux ont pris le pouvoir. C’est le Deep State qui commande.

Mais quel rôle Donald J. Trump joue-t-il dans tout ceci ? Est-il un perturbateur… un ennemi du Deep State ?

Ou bien est-il le chef d’une de ses factions ? A moins qu’il ne soit qu’un « idiot utile », qui fait semblant de lutter contre Deep State alors qu’il lui fournit en fait la couverture nécessaire pour étendre son pouvoir ?

Nous y reviendrons.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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