L’indicateur qui a prédit tous les krachs boursiers de ces 100 dernières années

Rédigé le 27 février 2018 par | Bill Bonner, Krach boursier imminent, Krach boursier imminent 2018 Imprimer

Aucune période de resserrement monétaire significatif de la part de la Fed ne s’est conclue sans une chute des actions.

Comme on pouvait s’y attendre, les marchés boursiers semblent se remettre.

Après la frayeur qu’ils ont eue il y a deux semaines, les prix se raffermissent. Quant à la Fed, elle a signifié que « tout va bien » aux investisseurs.

Bloomberg :

« Les Etats-Unis sont proches du plein emploi, ou l’ont même dépassé, tandis que certains secteurs de la finance montrent des signes de levier en hausse et de valorisations élevées, selon un rapport de la Réserve fédérale ».

Dépasser le plein emploi, voilà une expression qui mérite quelques explications. Nous interprétons cela comme le signe que la Fed a perdu la tête. Mais nous y reviendrons un autre jour.

Aujourd’hui, nous essayons surtout de rattraper notre travail en retard après être resté bloqué à l’aéroport de Miami pendant toute une nuit.

Nos plans de voyage ont été plus qu’intégralement bouleversés.

Attention à la hausse des taux

Pendant ce temps…

Les investisseurs reprennent confiance. « Achetez durant les creux » a fonctionné ces 38 dernières années. Aujourd’hui, ils sont convaincus à plus de 100% que cela va à nouveau fonctionner.

Ils ont tort.

Warren Buffett lui-même – pourtant réputé pour ne jamais faire attention au paysage macro-économique – a les yeux grands ouverts :

« Les investisseurs fondamentaux aiment à affirmer qu’ils ne réfléchissent pas à la macro-économie. [L’investissement] n’est qu’une question de recherches sur les entreprises, disent-ils. Nous sommes bien de cet avis.

Cependant, s’il y a bien un graphique économique à surveiller, c’est celui de l’évolution des taux d’escompte de la Fed. Tous les déclins boursiers majeurs et toutes les récessions de ces 100 dernières années ont été précédées par une augmentation des taux courts par la Réserve fédérale – assez pour fournir l’épingle qui crève la bulle. Notez que je souligne ‘tous’. Certes, il y a eu des périodes où la Fed a augmenté les taux sans qu’une récession se produise. Tout le monde connaît la petite phrase : ‘les marchés ont prédit neuf des cinq dernières récessions !’

Il peut être exact que la hausse des taux ne cause pas nécessairement une récession. Mais en tant qu’investisseur, vous devez être conscient que tous les déclins majeurs des marchés se sont produits à la suite d’une phase de resserrement de la Fed.

Plus important, aucune phase de resserrement significatif de la Fed ne se s’est terminée sans un déclin boursier. »

Nous avons dépassé le pic de la dette

Nous avons décrit dans notre dernier livre, Hormegeddon, le phénomène connu sous le nom de « déclin de l’utilité marginale de la dette ».

Un peu de dette peut être une bonne chose ; beaucoup de dettes, non. Vient un moment où l’on a plus que « trop de dettes » – et ça devient toxique.

Où en sommes-nous exactement dans ce cycle ? Nous n’en savons rien. Nous pensons cependant que les Etats-Unis ont atteint le point d’endettement excessif… voire l’ont largement dépassé.

Nous vivons dans une économie… et un marché boursier (sans parler des marchés des obligations et de l’immobilier)… qui ont été construits sur la dette.

Durant une correction, le seul moyen d’empêcher les prix de chuter et l’économie de décliner est d’injecter encore plus de dettes. Mais lorsqu’on répète plusieurs fois cette manoeuvre on se retrouve au-delà du « pic de la dette » – c’est-à-dire qu’on est bien plus endetté que ce que l’on peut se permettre.

Aux Etats-Unis, la dette augmente trois à six fois plus rapidement que les revenus depuis plus d’une génération. Cela rend le vieux ratio dette/revenu de 1,5/1 tout à fait pittoresque. Il est désormais à 3,5/1 pour l’ensemble du pays.

C’est précisément pour cette raison que les déficits ont de l’importance. Chaque centime de dette que le pays rajoute désormais est un centime qui ne pourra pas être remboursé – quelles que soient les projections économiques plausibles envisagées.

Il n’y a aucun moyen de « sortir de la dette par la croissance » lorsque vos revenus chutent et que vos dettes augmentent.

Au lieu de ça, vous devez subir les indignités réservées à ceux qui ont été trop loin… Dont notamment une correction majeure sur les marchés boursiers. [NDLR : Comment échapper à ces indignités – voire en profiter et sortir gagnant des turbulences boursières ? Tout est expliqué ici.]

Et là, on est vraiment au-delà du désastre.

Partagez cet article

Mots clé : - -

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Laissez un commentaire