Pourquoi J.P. Morgan ne bouleverse-t-il pas autant les marchés que la Grèce ?
▪ Dans la présentation de notre fiction boursière de mardi matin, nous aurions pu faire figurer la mention « ce sera tout l’un ou tout l’autre ».
▪ Dans la présentation de notre fiction boursière de mardi matin, nous aurions pu faire figurer la mention « ce sera tout l’un ou tout l’autre ».
▪ « Nous voulons davantage d’inflation, c’est l’unique moyen de sauver les pays du sud de l’Europe », affirment en substance les pouvoirs publics allemands depuis le début du mois de mai.
▪ Peut-être y a-t-il de fantastiques opportunités d’achat d’actions en cette période de doute sur l’avenir de la Grèce. En dehors des valeurs bancaires dont nul n’est capable d’évaluer le risque qu’il court en les détenant (l’affaire J.P. Morgan en apporte une nouvelle démonstration), la plupart des titres (et ils sont nombreux) qui pulvérisent leurs planchers de septembre ou novembre 2011 ne réalisent pas un euro de leur chiffre d’affaire en Grèce et n’ont qu’une exposition parfaitement marginale en Espagne.
▪ Le CAC 40 plonge de pratiquement 3% en 48 heures. La cassure des 3 100 points — même en réintégrant les coupons versés depuis 10 jours — est avérée, tout comme l’est l’enfoncement sans ambiguïté du support des 2 200 sur l’Euro-Stoxx 50. Il affichait 1,15% mardi à 2 178 points, après un plus bas en séance inscrit à 2 170 points.
▪ Plus tôt cette année, l’espace d’un instant, beaucoup d’investisseurs ont évoqué la crise de l’Eurozone au passé. Mais aujourd’hui, il semble que cette crise doive bien se conjuguer au présent et au futur. «
▪ Jetons un petit coup d’oeil à l’économie. Des bruits inquiétants se font entendre en Europe. « Le retour de bâton », disait le Financial Times… en allusion à la « vague d’anti-austérité » qui s’est abattue sur l’Europe durant les élections du week-end dernier.
▪ Nous devons procéder d’entrée de jeu à un mea culpa. En effet, nous avions conclu notre chronique de jeudi en partageant les légitimes espoirs nourris par les investisseurs en matière de soutien à la croissance par la BCE, à quelques heures de la conférence de presse de Mario Draghi en direct depuis Barcelone.
▪ Le mois de mai — de sinistre réputation boursière — a débuté en fanfare à Londres : +1,35%. Les accords étaient un peu moins triomphateurs à Wall Street, mais c’est tout de même une mélodie plutôt joyeuse qui a retenti en clôture, avec un gain de 0,5% pour le Dow Jones (sa meilleure clôture depuis décembre 2007) et 0,6% pour le S&P. Les 10 principaux secteurs de la cote ont terminé en territoire positif sans commettre la moindre fausse note.
▪ Il ne s’est pas passé grand-chose ces derniers jours — à part le fait que Ben Bernanke a annoncé aux investisseurs que tout était sous contrôle. Le chef de la banque centrale américaine a dit au monde qu’il était prêt à un nouvel assouplissement quantitatif si nécessaire.
Aux Etats-Unis, les choses sont relativement simples. La Fed imprime. Les autorités empruntent cette monnaie contrefaite et la dépensent. En Europe, la banque centrale imprime elle aussi l’argent. Elle le prête aux banques. Les banques le prêtent aux gouvernements marginaux à la périphérie du continent. Ce qui met les banques dans une situation difficile.
▪ Pas de croissance et une dette publique dont le poids est insurmontable : ce constat, que nous avons fait depuis longtemps, commence à faire son chemin dans les médias. Le problème c’est qu’il n’y a pas de solution — tout au moins pas de solution avouable par les autorités. Même le FMI sèche sur cette question.
▪ Nous voici parvenus à 100 jours du coup d’envoi des Jeux olympiques qui sera donné par la Reine Elisabeth II le 27 juillet. La plupart des gérants et spécialistes des marchés financiers s’accordent à penser que cette période d’un peu plus de trois mois va s’avérer… sportive !
▪ Les commentateurs expliquaient vendredi aux épargnants que la tension sur les taux à trois ou cinq ans espagnols ainsi que le débordement du seuil technique des 6% sur le 10 ans marquent le retour d’un climat de défiance durable sur les dettes souveraines des pays du sud de l’Europe.
▪ Nous pensions que la BCE garantirait une relative sérénité des marchés obligataires jusqu’aux élections législatives grecques et présidentielles en France. Mais les deux LTRO de mi-décembre et fin février ont apparemment cessé de faire effet bien plus tôt que prévu.
Le cycle haussier de 15 semaines entre le 20 décembre et le 20 mars appelait une correction. Celle-ci durait depuis plus de trois semaines sur les places européennes mais Wall Street, en dépit d’une évolution en dents de scie dans l’intervalle, se maintenait à une courte encablure de ses sommets annuels.
▪ Les marchés se sont fait une grosse frayeur jeudi matin en découvrant vers 11h une spectaculaire tension des taux italiens lors de l’adjudication de cinq milliards d’euros de bons du Trésor italiens à trois ans.
▪ Nous sommes assez surpris de constater qu’il se soit écoulé aussi peu de temps depuis la dernière injection financière de la BCE fin février. Nous pensions que les élections françaises se dérouleraient dans un climat de relative sérénité avant que les effets calmants des LTRO sur le marché obligataire s’évanouissent.
▪ Nous avons beau répéter que la lecture des marchés par les médias grand public se borne à la description d’un décor en carton pâte, dans une langue de bois du plus pur style soviétique (ou chinois), force nous est de constater que lorsque le rideau des pieux mensonges s’entrouvre par accident, c’est sur une réalité qui dérange. Les vieux réflexes consistant à nier les difficultés du moment reviennent au triple galop.
