Qu’il est réconfortant de découvrir à quel point nos sherpas de la finance peuvent se montrer lucides dès qu’il devient absolument impossible de nier les évidences ! Certains ministres des finances, ou fonction assimilée, ont bien tenté un dernier petit mensonge pour la route — "une croissance à 2% en 2008, j’y crois encore" — ou se sont fendus d’une leçon de logique à deux dollars. Mais Henry Paulson n’a convaincu personne en déclarant que "tant qu’une économie progresse — même faiblement — il n’y a pas récession
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Rien ne semble pouvoir calmer l’appétit croissant de la planète. Il y a de plus en plus de gens dans le monde ; la plupart d’entre eux s’enrichissent. Naturellement, ils s’attendent à avoir un peu plus de beurre dans leurs épinards… et un peu plus de viande dans leur soupe. Mais d’où est-ce que cela viendra ? On peut imprimer autant de dollars ou d’euros qu’on le veut. Ajoutez un zéro, et vous avez multiplié la masse monétaire par dix. Mais à quel rythme peut-on augmenter la production alimentaire ? Où trouver des terres à cultiver ? De l’eau ? Selon certains analystes, le monde a déjà dépassé son pic de production alimentaire
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Si le Rat nous apporte un bon présage… l’équipe de football américain des Giants, elle, nous en apporte un mauvais. Les Giants ont gagné le Superbowl… ce qui ne leur était plus arrivé depuis le début des années 90. La dernière fois que cela a eu lieu, les Etats-Unis sont entrés en récession. Et puis il y a l’Effet Janvier. Comme va le mois de janvier va le reste de l’année, disent les vétérans de la finance. Si c’est bien le cas, 2008 sera douloureux. En termes techniques : ce mois de janvier était nul
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La France affiche de son côté un déficit commercial proche de 40 milliards d’euros. De nombreux détracteurs des particularismes de notre politique économique dénoncent les retards d’évolutions structurelles qui nous handicaperaient depuis 20 ans (taxes, rigidité du marché de l’emploi, 35 heures…). Mais cela n’explique pas pourquoi le CAC 40 se repliait pour la quatrième fois en l’espace de cinq séances. L’Italie et l’Espagne ne sont en effet pas mieux loties que la France en matière de croissance et de déficits commerciaux. Madrid et Milan ont cependant mieux résisté
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Epargne
L'immobilier commercial américain repose sur des fondations précaires
par Eric J. Fry 11 février 2008Quand le secteur de la finance est florissant, le quartier de Manhattan l’est aussi. Et quand Manhattan est florissant, les loyers des bureaux augmentent. En ce moment, le secteur de la finance n’est pas florissant aux Etats-Unis, au contraire, il coule. Et la seule raison pour laquelle il n’a pas encore complètement sombré, c’est parce que des centaines de milliards de dollars de renflouement venus de l’étranger l’ont maintenu à flots
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Le Dow a un peu grimpé la semaine dernière. Le dollar aussi. Les matières premières ont touché un nouveau sommet historique. On pense que les stocks de blé de printemps, aux Etats-Unis, seront en baisse de 25% par rapport à l’an dernier. L’or a grimpé. D’un point de vue inflationniste, ce sont des signes positifs. Les autorités ont terriblement peur de voir les prix chuter. Elles font tout ce qu’elles peuvent pour que la fête continue. C’est soit "’l’inflation… soit la paix des cimetières", remarquait autrefois un officiel argentin. L’inflation ou la mort ! Le boom… ou le krach ! Eh bien… euh… oui, c’est ça
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Aujourd’hui, nous tournons notre regard vers les anciennes "républiques bananières", en partie pour y trouver des opportunités… et en partie pour nous instruire. Du côté des opportunités, nous trouvons des sociétés ayant peu de dettes et un potentiel immense. Ce n’est pas exactement un marché vierge — mais plutôt un marché qui aurait passé les cinq dernières années dans un centre de détention pour femmes ; il a juste besoin d’une nouvelle robe et d’un petit verre
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Epargne
Le nouvel ordre mondial ne laisse pas nos lecteurs indifférents !
par Françoise Garteiser 8 février 2008Entre la Société Générale, les baisses de points de la Fed et les secousses qui affectent les marchés ces derniers jours, le courrier afflue dans la boîte aux lettres de la Chronique Agora. Et je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un — petit — florilège de ces messages, qui ne manquent jamais, au sein de l’équipe, de nous motiver à pousser plus loin notre raisonnement, à approfondir nos idées, et, au final, à nous remettre en question
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Epargne
Après l'immobilier individuel, l'immobilier commercial pourrait-il entrer en crise lui aussi ?
par Eric J. Fry 8 février 2008L’économie américaine est aussi instable qu’une relation commencée lors d’une soirée bien arrosée… et il en est de même pour le marché de l’immobilier commercial. Il se peut que ces deux beautés habillées de leurs plus belles toilettes se soutiennent mutuellement. Ou bien qu’elles trébuchent encore un petit moment sur leurs talons hauts avant de s’écrouler lamentablement l’une sur l’autre. Cette solution est d’ailleurs plus probable
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Sur le papier, le billet vert ne vaut théoriquement plus grand-chose. Précipiter sa chute face au yen ou à la monnaie unique risquerait, cependant, de faire éclater tout le système économique mondial. Il s’agit plutôt d’orchestrer une transition douce du pouvoir économique vers l’Europe puis l’Asie du Sud-Est, par nature moins belliqueuse que les Etats-Unis. La réalisation d’un tel objectif vaut certainement de sacrifier durant quelques mois ou quelques trimestres la croissance et l’emploi en Zone euro
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Nous avons noté que les Américains avaient mal compris ce qu’est le capitalisme. Ce n’est pas un système qui rend les gens riches. C’est seulement un contexte où les gens PEUVENT devenir riches s’ils font ce qu’il faut. C’est un contexte moral, où les vertus sont récompensées tandis que les erreurs sont punies. Alors que leurs autorités financières leur donnaient de mauvais signaux, les Américains ont commis une grosse erreur — ils ont trop dépensé, et trop peu épargné. A présent, les voilà punis, alors même que leur classe politique affirme qu’ils ont bien fait… et qu’ils vont recevoir plus d’argent et plus de crédit pour pouvoir continuer sur cette voie
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La demande de platine est tirée par le très fort développement du marché de l’automobile. Près de la moitié de la production de platine est absorbée par l’industrie automobile pour la construction des pots catalytiques afin de limiter les rejets de CO2. Le reste est utilisé dans la joaillerie et l’investissement
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Nous attribuons l’incapacité des indices à refaire surface depuis six semaines à un phénomène de contraction des liquidés, directement lié aux difficultés de trésorerie des établissements de crédit : la spéculation se retrouve à court de munitions. Si quelques irréductibles naïfs imaginaient qu’une série de baisse de taux inonderait le marché d’argent frais puis éviterait aux Etats-Unis d’entrer en récession, les voici édifiés
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Comment est-il possible que les Américains — les gens les plus privilégiés et les plus avancés de la planète — n’aient pas vraiment profité du Boom de la libre-entreprise entre 1980 et 2007, nous demandions-nous hier… Telle est la réponse que nous avançons : la libre entreprise n’est pas une formule magique. C’est le meilleur moyen de créer de la richesse, mais elle n’empêche pas les gens de commettre des erreurs. Le capitalisme offre aux gens la possibilité de gagner de l’argent. Mais il leur offre également la possibilité de se rendre ridicules. La libre entreprise — comme le reste de la vie — permet simplement à la Nature de suivre son cours
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Epargne
L'un des plus grands experts "matières premières" de la planète vous livre son sentiment
par Isabelle Mouilleseaux 7 février 2008Si vous aimez les minières, vous le connaissez sûrement. C’est l’un des plus grands experts mondiaux en la matière. Sa passion ? Les métaux précieux. Tout a commencé à Londres. C’est là qu’est née sa passion. Graham Birch sort de l’Imperial College avec un diplôme de géologie minière en poche et se lance dans les marchés en 1984. Il deviendra gestionnaire d’un fonds matières premières en 1993 — et là, il va se faire un nom. Son équipe fait fureur
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Pour la plupart des produits qui font fonctionner le monde, l’offre et la demande sont sur le fil. Il suffirait d’une pichenette pour que l’offre d’une ou plusieurs marchandises critiques bascule d’un côté et entraîne les prix dans un tourbillon incontrôlable… Regardez par exemple ce qui se passe en Afrique du Sud
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Un titre prémonitoire et dont nous vous accordions la primeur dès mardi midi… avant que l’actualité ne rattrape notre démonstration. Nous avions en effet décidé d’illustrer — avec quelques chiffres proprement vertigineux — l’absurdité et les dangers d’une politique monétaire laxiste d’une part et l’absurdité encore plus grande d’une stratégie inverse. Surtout lorsque le sort de la sphère économique mondiale dépend à l’évidence de la première et n’attribue qu’un succès d’estime à la seconde
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Lorsque nous vous avons laissé hier, nous vous avons promis une théorie. Comment était-il possible, nous demandions-nous, que les meneurs du capitalisme soient les laissés-pour-compte de la plus vaste création de richesse que la planète ait jamais connu ? En plus, voilà que ces gens se retrouvent confrontés à une crise… voire une récession… sans épargne et sans marge d’erreur. Leur gouvernement n’est guère plus en forme et ne peut pas les aider
