Pendant des décennies, la puissance américaine a reposé sur trois piliers : le dollar, l’État de droit et la supériorité militaire. Aujourd’hui, ces instruments ne servent plus à stabiliser l’ordre international, mais à le fragiliser, et accélèrent un basculement dont les conséquences pourraient être bien plus graves que prévu.
Nous nous rassurons en nous disant que, même si la situation est grave, elle pourrait être pire. Et aujourd’hui… nous allons voir ce que nous entendons par « pire ».
Voici les dernières informations rapportées par CBS :
« Trump affirme que les États-Unis ont utilisé une arme secrète contre des équipements vénézuéliens lors du raid visant Maduro. »
Mais la désorganisation du gouvernement semble n’avoir été que temporaire. The Independent rapporte :
« La président par intérim du Venezuela déclare qu’elle en a ‘assez’ de recevoir des ordres des États-Unis. »
Rappelons que l’empire américain reposait sur trois piliers. Une économie puissante, adossée à la monnaie de réserve mondiale. Le respect de l’État de droit — même s’il était souvent appliqué de manière hypocrite. Et une supériorité militaire incontestée.
Nos États vassaux étaient attirés par ces trois piliers. Ils comptaient sur le commerce en dollars pour générer croissance et prospérité. Ils faisaient confiance aux États-Unis pour incarner les règles d’une démocratie consensuelle fondée sur le droit. Et ils appréciaient la protection offerte par la puissance militaire américaine.
Mais aujourd’hui, les États-Unis utilisent leur dollar, leurs politiques commerciales et leur force militaire non plus pour protéger leurs amis contre leurs ennemis, mais pour désorganiser tout le monde. The Washington Post écrit :
« La nouvelle stratégie de défense du Pentagone…
La stratégie de défense nationale pour 2026 indique que les alliés européens ne peuvent plus compter sur les États-Unis pour dissuader la Russie. »
Que peuvent alors faire les amis et alliés, sinon se tourner vers d’autres partenaires ? Indian Express rapporte :
« L’accord mère de tous les accords entre l’Inde et l’Union européenne stimulera les secteurs manufacturier et des services en Inde et renforcera la confiance des investisseurs, selon le Premier ministre Modi. Cet accord commercial pourrait être l’un des plus complets jamais signés par l’Inde et bénéficier à des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, comme les produits de la mer, le textile, la chaussure ou les articles de sport. »
The Wall Street Journal ajoute :
« Piqués au vif par Trump, les principaux partenaires commerciaux des États-Unis se rapprochent de la Chine. »
Ils pourraient aussi se détourner du dollar. Larry Johnson écrit :
« La perte de la suprématie du dollar… Les conséquences désastreuses de l’utilisation du dollar comme arme politique.
Le règne de 54 ans du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale dominante touche à sa fin, sans éclat.
Le statut de monnaie de réserve est un privilège exorbitant.
Il réduit nos coûts d’emprunt, élargit notre marge de manœuvre budgétaire et nous permet d’exporter nos risques tout en important des biens à des conditions exceptionnellement favorables.
Mais les privilèges ne sont pas des droits acquis. Ils sont conditionnels. Et ils impliquent des responsabilités.
Une monnaie de réserve doit remplir trois conditions : la liquidité, la stabilité et la neutralité. Les États-Unis ont toujours assuré les deux premières. La troisième était supposée aller de soi. Ce n’est plus le cas. »
The Cradle ajoute :
« La place centrale du dollar américain dans les transactions transfrontalières et son rôle de monnaie de réserve mondiale ne sont plus garantis. Et ce basculement n’est plus théorique. »
Et Jeffrey Sachs et Sybil Fares rappellent :
« Lors d’une interview à Davos, le secrétaire Bessent a expliqué en détail comment les sanctions du Trésor américain avaient été délibérément conçues pour provoquer l’effondrement de la monnaie iranienne, paralyser son système bancaire et pousser la population à descendre dans la rue. Il s’agissait d’une campagne de ‘pression maximale’ visant à priver l’Iran de l’accès aux systèmes financiers, commerciaux et de paiement internationaux. »
Où cela mène-t-il ? À l’inflation ? À l’endettement ? Aux défauts de paiement ? À la guerre ? À la violence ?
Quel est le but recherché ?

1 commentaire
Tout va mal et c’est la faute de l’Amérique (sous entendu USA) et évidemment les USA de Trump ! Un discours constant des médias en France qui ne s’aperçoit ni en Chine, ni en Inde, ni en Asie du Sud-Est, ni dans les pays Musulmans, ni en Afrique, ni en Amérique du Centre et du Sud, pas même d’ailleurs en Russie…..
Everything is going wrong and it’s America’s fault (meaning the USA), and of course, Trump’s USA! This is a constant narrative in the French media that goes unnoticed in China, India, Southeast Asia, Muslim countries, Africa, Central and South America, and not even in Russia…