Après avoir frôlé l’escalade avec l’Iran, Donald Trump proclame la victoire et désigne de nouvelles cibles. Mais derrière les effets d’annonce, une question demeure : la menace a-t-elle disparu ou a-t-elle simplement été retardée ?
Nous suivons les informations, et le vertige nous prend. Où est passée la logique ? Le bon sens ? Le Jerusalem Post rapporte :
« Les tensions entre les États-Unis et l’Iran montent, les deux camps menaçant de frapper les installations énergétiques du Golfe. »
Mais attendez. C’était samedi. Trump a donné 48 heures à l’Iran pour libérer le détroit d’Ormuz.
Apparemment, le guide suprême iranien n’était guère disposé à recevoir des menaces. Son père, sa mère, sa sœur, son neveu et son beau-frère – tous ont été tués par la machine de guerre américano-israélienne. Et son père était le chef spirituel de sa foi, un peu comme le pape pour les catholiques.
Quelles étaient les chances que M. Khamenei s’entende avec Trump et Netanyahou en oubliant le passé ? Infimes. Il a répondu que si les États-Unis s’en prenaient à son énergie, il s’en prendrait aux infrastructures énergétiques de tout le Golfe.
« Œil pour œil, dent pour dent », comme disent les commentateurs américains, découvrant enfin que l’on récolte ce que l’on sème.
Puis le porte-parole des forces armées iraniennes, Abolfazl Shekarchi, a évoqué une autre riposte – peut-être déjà en train de germer :
« Nous observons vos lâches responsables et commandants, vos pilotes et vos soldats malfaisants. À partir de maintenant, compte tenu des informations dont nous disposons sur vous, les promenades, les stations balnéaires et les centres touristiques et de loisirs dans le monde ne seront plus sûrs. »
Le message a été compris. The Independent rapporte :
« Les États-Unis avertissent les Américains du monde entier de ‘faire preuve d’une prudence accrue’. »
C’est sans doute à ce moment-là, dimanche, que M. Trump a compris qu’il était lui-même dans de beaux draps. Négociateur comme il se veut, il a tenté de se rétracter, comme il l’a fait avec les sanctions réciproques, le Groenland et d’autres dossiers.
Sa popularité, dit-on, s’effondre. Les prix de l’essence grimpent. L’économie menace de piquer du nez. Et surtout, les élections approchent. Reuters :
« Trump renonce aux frappes contre le réseau énergétique iranien et affirme que Washington et Téhéran sont en pourparlers. »
Il a même proposé une « direction conjointe » pour l’Iran. Qui s’en chargerait ? « Moi », dit-il – laissant entendre que ce « moi » a peut-être perdu le fil de l’histoire.
À présent, comme avec les dossiers Epstein, Trump invite les Américains à regarder ailleurs. La guerre « a déjà été gagnée », affirme-t-il. C’est terminé. L’Iran est « mort ». Et maintenant, il lui faut un nouvel ennemi.
Qui donc ? Cuba ? Le New York Post rapporte :
« Le président Trump a déclaré lundi qu’il s’attendait à avoir ‘l’honneur’ de ‘prendre Cuba’, quelques jours après que le gouvernement communiste de l’île a reconnu être en discussion avec les États-Unis.
‘Vous savez, toute ma vie j’ai entendu parler des États-Unis et de Cuba. Quand est-ce que les États-Unis vont le faire ?’
‘Je crois que j’aurai l’honneur de prendre Cuba… ce serait un grand honneur.’ »
Mais ensuite, nous avons appris qu’il avait un autre ennemi en tête :
« Maintenant que l’Iran est mort, le plus grand ennemi de l’Amérique est la gauche radicale, à savoir le Parti démocrate, hautement incompétent. »
Arrêtons-nous un instant pour saluer la demi-lucidité du président. À 50 %, il est plus proche de la vérité que d’habitude. Le principal ennemi des États-Unis n’est ni l’Iran, ni Cuba, ni la Russie, ni la Chine.
Aucun d’eux n’est susceptible de nuire aux Américains – sauf dans la mesure où les Américains cherchent à leur nuire.
Leurs ennemis ne sont pas à l’étranger. Ils sont issus du pays, bien de chez eux.
Mais il a omis l’autre moitié du problème : les républicains. Ensemble, les deux partis ont endetté les Américains à hauteur de 39 000 milliards de dollars. Cela représente environ 325 000 dollars par famille. Et cette dette augmente actuellement d’environ 2 000 milliards de dollars par an – soit un rythme deux fois supérieur à celui du PIB.
Autrement dit, les deux partis accomplissent ce que la Chine, la Russie ou l’Iran aimeraient peut-être faire — mais sans en avoir les moyens : ils mènent les États-Unis à la faillite et les appauvrissent.
Les deux camps ont validé, d’un simple hochement de tête, les plus grands fiascos des dernières décennies : la guerre en Irak… la guerre en Afghanistan… l’Obamacare… le sauvetage de Wall Street en 2008… les confinements liés au COVID et les chèques de relance… et maintenant, la guerre contre l’Iran.
De toute évidence, les familles américaines n’ont pas les moyens de payer pour tout cela.
Trump a également raison lorsqu’il affirme que les attaques contre l’Iran devraient cesser immédiatement. Mais il semble qu’il ne soit pas celui — ou du moins pas le seul — à tenir réellement les rênes.
L’argent parle. Les politiciens écoutent. Et Netanyahou leur dit que l’Iran ne peut pas être autorisé à continuer d’exister sous sa forme actuelle. L’Iran, de son côté, voit Israël comme une menace existentielle, une menace à éliminer.
Ni Netanyahou ni Khamenei ne semblent prêts à reculer.
Et la question demeure : l’Armageddon a-t-il été annulé ou simplement reporté ?
Catastrophistes irréductibles que nous sommes, notre conseil du jour est simple : constituez des réserves supplémentaires de médicaments et de produits de première nécessité.
On ne sait jamais quand l’enfer peut se déchaîner, ni où les étincelles jailliront… ni ce qu’elles pourraient embraser.

1 commentaire
Donald Trump s’efforce de permettre aux USA de combler leur immense dette, difficile à rembourser en l’état, en effectuant une opération risquée à plusieurs objectifs. L’Europe a aussi ses fiascos, mais n’a plus guère d’atout. Piètre allié pour l’Amérique. Malgré un progrès technique inédit, une cirse économique semble s’annoncer. Merci pour les conseils, il devient plus prudent de les suivre à la lettre. Quand aux investissements, même les métaux précieux opportunément recommandés sont en berne.