Vendre avant une baisse peut sembler prudent. Mais il suffit de manquer quelques-unes des meilleures séances pour sacrifier une grande partie de ses gains : à long terme, rester investi compte bien davantage que trouver le moment idéal.
« Tu as plus de cran que moi. »
C’est ce que l’un de mes amis m’a lancé il y a quelques années, alors que les marchés dégringolaient. Nous discutions d’investissement et je lui ai expliqué que, de mon côté, j’avais continué à investir.
« Je ne sais pas quand cette correction va prendre fin. Je suis trop inquiet pour acheter maintenant », avait-t-il ajouté.
Moi non plus, je n’avais aucune idée de la date à laquelle le marché cesserait de baisser. Mais il y a un facteur qui a davantage contribué à ma réussite en matière d’investissement que n’importe quel autre : je n’allais certainement pas l’abandonner simplement parce que les marchés traversaient une mauvaise passe.
La discipline.
La clé de la réussite en Bourse n’est pas nécessairement de sélectionner les meilleures actions. C’est surtout de rester investi suffisamment longtemps.
Entre 2004 et 2024, sept des dix meilleures séances boursières ont eu lieu dans les 15 jours suivant l’une des dix pires séances. Passer à côté de ces dix meilleures journées aurait coûté aux investisseurs la bagatelle de 4,2 points de performance par an.
Imaginons que vous ayez investi 100 000 $ en 2004 et laissé votre capital fructifier pendant 20 ans, au rythme de 10,2 % par an — soit le rendement annuel moyen du marché sur cette période. Votre capital aurait atteint 697 640 $. Mais si vous aviez manqué les dix meilleures séances du marché, votre rendement annuel n’aurait été que de 6 %, pour un capital final de seulement 320 713 $.
La différence est considérable.
J’essaie de faire preuve de discipline dans la plupart des domaines de ma vie. Mais je ne suis pas parfait.
Il m’arrive de tellement manger que j’en ai mal au ventre ou de me perdre dans un interminable trou noir d’Internet alors que je suis censé écrire. (Cette semaine, je me suis retrouvé à enquêter sur une question existentielle : Dolly Parton a-t-elle vraiment refusé qu’Elvis Presley enregistre I Will Always Love You parce qu’il exigeait la moitié des droits d’auteur ?)
En matière d’investissement, en revanche, je m’appuie sur trois stratégies clés pour rester sur la bonne voie…
1. Continuez à investir
Non seulement je reste investi à long terme, mais je continue également à investir régulièrement.
J’ai une méthode très simple pour m’assurer d’investir, quelle que soit la situation des marchés : j’achète des actions le jour de mon anniversaire et de celui des membres de ma famille proche.
Nos anniversaires étant répartis assez équitablement tout au long de l’année, cela me permet d’investir à plusieurs reprises, sans jamais chercher à anticiper le marché.
Je sais ainsi qu’au fil de l’année, j’augmenterai mes positions plusieurs fois, quoi qu’il arrive.
Bien sûr, il y aura des occasions où j’achèterai au plus haut. Mais il y en aura aussi où j’achèterai tout en bas.
(Si le marché s’effondre juste avant mon anniversaire, voilà un joli cadeau !)
J’investis également à d’autres moments. Mais quelle que soit l’évolution des marchés, juste avant que nous commencions à déballer nos cadeaux, j’appuie sur le bouton « Acheter ».
2. Ne prenez pas de risques avec l’argent dont vous aurez besoin à court terme
Je ne crains pas que les fluctuations des marchés m’empêchent de payer mes factures — même les plus importantes, comme les frais de scolarité de mes enfants — car cet argent n’est pas exposé aux aléas de la Bourse.
À différentes étapes de ma vie — lorsque nous nous apprêtions à acheter notre première maison ou lorsque nos enfants sont entrés à l’université, par exemple — j’ai retiré une partie de mon argent des marchés afin d’être certain de disposer des fonds au moment où j’en aurais besoin.
De manière générale, je recommande de ne pas investir en Bourse l’argent dont vous aurez besoin au cours des trois prochaines années.
3. Ne placez pas une part trop importante de votre capital sur un seul investissement
Si vous consacrez une part importante de votre patrimoine à un investissement et que celui-ci se retourne contre vous, le trou dans votre portefeuille peut être considérable.
C’est pourquoi The Oxford Club recommande de limiter chaque investissement à 4 % de la valeur totale de votre portefeuille.
Ainsi, si une position atteint notre niveau habituel de stop suiveur à 25 %, votre perte ne représentera que 1 % de l’ensemble du portefeuille.
J’ai déjà renoncé à de nombreux investissements qui semblaient pourtant très intéressants parce qu’ils exigeaient un montant minimum trop élevé, incompatible avec ma règle des 4 %.
Je ne suis pas prêt à mettre ma santé financière en danger simplement parce qu’un investissement semble séduisant.
Je cherche toujours à anticiper ce qui pourrait mal tourner.
La discipline finit toujours par payer
La discipline n’est pas facile.
Si elle l’était, McDonald’s aurait fait faillite depuis longtemps et nous aurions tous des abdos parfaitement dessinés.
Mais respecter avec constance quelques règles simples peut faire croître considérablement votre patrimoine tout en réduisant de manière significative votre stress financier.
