Un blocus pétrolier peut-il faire vaciller Washington ? Face à un Iran peu endetté et habitué aux privations, le pays de Trump apparaît riche, nerveux et surendetté. Si le pétrole manque, si les prix montent et si les taux suivent, la crise pourrait se déplacer du détroit d’Ormuz jusqu’au cœur politique des États-Unis.
« Ce qui va se déployer à une échelle sans précédent dans les mois à venir, ce sont des dislocations, des déséquilibres criants, de graves goulets d’étranglement et de véritables pénuries physiques sur les marchés mondiaux sur plus de 200 millions de barils équivalent pétrole de pétrole liquide, de GNL, de GPL et de sous-produits de la transformation des hydrocarbures — engrais, soufre, hélium, aluminium, etc. Ces dislocations en cours vont secouer l’économie mondiale comme jamais auparavant. » — David Stockman
Un sondage récent rapporté par The Hill titrait :
« La plupart des Américains estiment que Trump est mentalement et physiquement inapte à exercer efficacement ses fonctions »
Cela pourrait être une bonne nouvelle pour les républicains — et peut-être même pour Trump lui-même. Cela lui offrirait une porte de sortie honorable : il pourrait tout simplement prendre sa retraite.
Il sait que si les démocrates reprennent le contrôle du Congrès, les enquêtes et les inculpations ne tarderont pas.
Qui est à l’origine de ces transactions boursières presque parfaites, manifestement fondées sur les annonces à venir de Trump ? Combien les Trump ont-ils gagné avec leur montage World Liberty Financial ? Que proposaient exactement les fils de Trump aux investisseurs ? Les officiers de marine qui ont tué de supposés trafiquants de drogue devraient-ils être jugés pour meurtre ?
Ce ne sont peut-être pas de simples rêveries. Un puissant courant de fond empoisonne déjà les sondages de Trump, menace le contrôle républicain du Congrès et met en péril l’empire lui-même.
Nous envisageons ici l’idée que le double blocus du détroit d’Ormuz puisse avoir des répercussions jusque sur les rives du Potomac.
Les forces de haute mer de Trump assiègent les Indo-Aryens — les Iraniens — tandis que les Iraniens assiègent le marché mondial du pétrole. Le président parie que Téhéran criera grâce le premier.
Peut-être. Mais les Iraniens ont peu de dettes. Qui leur prêterait ? Leur économie ressemble à une noix : petite, sèche, protégée par une coque dure. On peut la serrer dans un étau, mais il y a peu de chances d’en extraire beaucoup de jus. La dette publique totale de l’Iran n’est que de 162 milliards de dollars, soit environ 25 % de son modeste PIB.
Rien à voir avec l’économie américaine — ni avec celle d’une bonne partie du reste du monde : opulente, aérienne, capitonnée… et si facile à comprimer. Aux États-Unis, l’État fédéral croule sous 39 000 milliards de dollars de dette, l’équivalent de 130 % du PIB. Si l’on ajoute la dette privée, les Américains doivent 2,50 dollars pour chaque dollar de richesse produite.
L’Iran peut se permettre de souffrir. Sa population y est habituée. Elle a été martelée par des années de sanctions américaines, puis trempée à blanc par les bombardements et les assassinats.
Aux États-Unis, en revanche, même une interruption temporaire du haut débit pourrait déclencher une révolution. Quant à une hausse d’un dollar par gallon du prix de l’essence, à l’approche des prochaines élections, ce serait probablement un facteur de changement de régime.
Jusqu’à présent, le monde s’est vu privé d’environ 900 millions de barils de pétrole. Ils n’ont pas disparu ; ils sont simplement restés coincés dans les tuyaux.
Et Goldman Sachs estime que même si les deux camps décidaient aujourd’hui de négocier la réouverture du détroit, la perte cumulée totale de pétrole immédiatement disponible atteindrait 1,6 milliard de barils.
Une société riche et noyée sous la dette est fragile. Une économie pauvre, qui vit au comptant, l’est beaucoup moins. Que se passe-t-il donc lorsqu’un milliard de barils de pétrole sont retirés de l’économie mondiale — autrement dit lorsque les gens doivent dépenser davantage pour se procurer essence, engrais, soufre, et autres nécessités ?
Comment les électeurs réagissent-ils s’ils doivent faire la queue pour acheter de l’essence ? Ou si les supermarchés viennent à manquer de pommes de terre ? Et que font les agriculteurs lorsqu’ils ne peuvent plus se permettre d’acheter des engrais ?
Ces « dislocations » sont déjà dans les tuyaux. Elles ont pris la place du pétrole qui n’a pas été livré. Comment cela se déroulera exactement, quel maillon rompra en premier — nous le découvrirons bientôt.
Mais il faut s’attendre à des taux d’intérêt plus élevés. Car l’épargne qui aurait pu financer les emprunts passés devra désormais être consacrée aux dépenses courantes. De plus, les prêteurs commenceront à se dire que leur argent est peut-être plus en sécurité chez eux que prêté à des gens qui pourront — ou non — le rembourser.
Et ces taux plus élevés pourraient facilement accélérer le déclin de l’empire à effet de levier. Ce qui pourrait bien être la véritable intention historique.
Pourquoi, sinon, envoyer trois partisans d’Israël — Kushner, Lutnick, et maintenant Stewart — négocier la paix… à moins de ne pas vouloir réussir ?
