Vive les actions ! Allez-y, investissez !

Rédigé le 5 novembre 2015 par | Bill Bonner, Epargne, Indices, marches actions, strategies Imprimer

▪ Il fait humide mais pas froid, ce matin dans le Poitou. La pluie éclabousse les gouttières de cuivre. Les vitres sont couvertes de buée. Nous avons fait du thé et nous nous sommes installé dans notre bibliothèque pour une longue journée d’étude.

L’un des plaisirs de l’existence, c’est avoir un endroit agréable où travailler. Notre bureau est un petit bâtiment octogonal aux murs de brique, autrefois utilisé comme buanderie. Nous avons remplacé les fenêtres, installé un chauffage au gaz et recouvert les murs d’étagères à livres.

On ne sait jamais comment de tels projets tourneront. Depuis le temps que nous construisons et réaménageons, celui-ci fait partie des succès. Il est chaud, confortable, richement décoré de livres et de vieilles guitares… Y travailler est un bonheur.

Mais passons à autre chose !

Cette semaine Brett Arends, journaliste au Wall Street Journal, nous appris qu’il n’y a jamais eu meilleur moment pour investir dans les actions :

"Selon les meilleures estimations, à long terme, les actions ont fait mieux que les obligations, le cash et les dépôts, les dépassant en moyenne de quatre à cinq points de pourcentage par an. En faisant jouer les intérêts composés, cela représente une différence énorme. Après 30 ans, une personne qui a investi dans les actions se retrouve généralement avec trois fois plus d’argent que quelqu’un qui a tout investi en liquidités et en obligations.

Parallèlement, ces gains ont généralement été tous réalisés durant les mois d’hiver. Bizarre mais apparemment vrai

Parallèlement, ces gains ont généralement été tous réalisés durant les mois d’hiver. Bizarre mais apparemment vrai. L’étude universitaire la plus récente, qui a examiné les marchés boursiers du monde entier et est remontée, dans certains cas, plus de 100 ans en arrière, a découvert que l’hiver fait mieux que l’été de manière assez régulière dans quasiment tous les pays et sur presque toutes les périodes. En moyenne, les mois d’hiver dépassent les mois d’été d’un facteur de trois environ. Ou, pour dire les choses autrement, durant la moitié hivernale de l’année, les actions mondiales ont généralement fait mieux que les obligations de cinq points de pourcentage environ par an… mais durant les mois d’été, les actions ont fait moins bien que les obligations, d’environ un point de pourcentage".

Conclusion ? Si vous voulez avoir de bons investissements, achetez des actions… et achetez-les maintenant. Arends va ensuite plus loin. Il nous indique quelle quantité de notre patrimoine devrait être allouée aux actions. Citant les travaux d’Andrew Smithers, il conclut que :

"… Un investisseur de long terme qui rêve de la belle vie devrait conserver 80% de son argent en actions et 20% en liquidités ou obligations de court terme".

Mais attendez. Smithers est d’avis que les actions sont extrêmement chères, actuellement (nous sommes d’accord). Et tout le monde sait qu’on ne peut pas faire de gains en achetant haut et en vendant bas. C’est le contraire. Alors que faire ? Acheter des actions étrangères !

"Pour résumer tout cela : si l’on se fie à l’Histoire, vous devriez vous connecter à votre broker en ligne aujourd’hui, ou au moins cette semaine. Et si vous êtes en train d’économiser pour une retraite dans cinq ans ou plus, faites en sorte que 60% de votre portefeuille soient alloués aux actions mondiales, même si le marché vous rend nerveux — et plus de 60% si vous êtes confiant".

Dans le même temps, CNBC affirme qu’il n’y a jamais eu pire moment pour se positionner dans les actions en huit ans.

Ces travaux techniques sont distrayants — mais parfaitement inutiles du point de vue de l’investissement

▪ Que faut-il penser de tout ça ?
Rien. Ces travaux techniques sont distrayants — mais parfaitement inutiles du point de vue de l’investissement. Brett Arends nous parle d’une étude qui se concentre sur les 30 dernières années. Selon cette étude, les gens qui ont acheté et conservé des actions ont fait de très beaux gains.

Eh bien, c’est parfait pour eux !

Pour commencer, il y a 30 ans, les actions étaient bon marché. Elles avaient une marge de hausse considérable. Si les cours avaient été plus élevés à l’époque, les gains auraient certainement été plus modestes.

Ensuite, cette période a été extraordinaire, unique et aussi étrange qu’un billet de six euros. Elle a été marquée par le plus gros afflux d’argent et de crédit dans les marchés d’actifs mondiaux de toute l’histoire — avec une augmentation de 12 000 milliards de dollars des réserves de change. Où allait aller tout cet argent ?

Une nouvelle étude de Patrick Artus, de Natixis Research, montre que quasiment aucune des augmentations de masse monétaire de base (MO) au cours des sept dernières années ne s’est répercutée sur la sorte d’argent qui fait grimper les prix à la consommation et bouger les économies : la M2. Cette "masse monétaire" a été quasi-exclusivement utilisée par la finance, non par M. et Mme Tout-le-monde.

C’est pour cette raison que les riches sont devenus si riches… que les économies réelles n’en ont pas profité… que les salaires n’ont pas grimpé. C’est aussi pour cette raison que le programme tout entier était plus du vol que de la politique monétaire…

… et que les propriétaires d’actions ont gagné tant d’argent.

A présent, ces investisseurs boursiers pensent être des génies. Les analystes additionnent les chiffres et confirment le fait. Les journalistes font passer le mot…

… Et une nouvelle génération d’investisseurs y croit. Ils veulent gagner de l’argent eux aussi. Comment s’y prendre — à part refaire ce qui a marché pour leurs parents ? Acheter des actions !

Hélas, la performance passée ne garantit pas les résultats futurs. Les dés étaient pipés. Et ce n’est pas parce qu’un veinard a gagné de l’argent dans un marché truqué ces 30 dernières années que ce sera votre cas aussi.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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