L’or et les actions US, deux mesures qui en disent long pour la crise économique

▪ Nous gardons un oeil sur les actions US et l’or. Les actions mesurent la valeur des entreprises américaines. L’or mesure la valeur de la devise des Etats-Unis — et du monde. Que nous disent ces mesures ?

Que nous sommes en route pour l’Enfer !

Des deux, l’or est le plus difficile à comprendre.

En ce qui concerne les actions, c’est évident. Les entreprises américaines ne valent pas 20 fois leurs bénéfices — parce que nous sommes dans une Grande Correction. Après ce qui s’est passé la semaine dernière… il devient clair que cette correction durera probablement longtemps.

Les licenciements augmentent. Les ventes de maisons chutent. Les prix à la consommation augmentent au taux annuel de 6%.

Il ne faut donc pas s’attendre à ce que les entreprises augmentent leurs ventes. Ni à ce que les profits grimpent. Les entreprises ont déjà bien travaillé à réduire leurs coûts afin de survivre au ralentissement. Cela permet de maintenir les marges. Mais ça fait des ravages dans l’économie. Les coûts d’une entreprise sont les revenus d’une autre. Tandis que les profits grimpent, les revenus chutent. Ce n’est pas bon à long terme.

Le plus grand poste de dépense, pour la plupart des entreprises, c’est la main-d’oeuvre. Les gens sont chers. Donc quand on est un bon homme d’affaires, on essaie de se débarrasser d’autant de monde que possible — sans embaucher. Même lorsqu’on pense que l’activité s’améliore, on essaie de faire les nouvelles ventes avec la même équipe. Un peu plus d’heures supplémentaires… une administration simplifiée… on rend l’entreprise plus efficace.

A cet égard, les ordinateurs et les technologies de communication modernes ont été très utiles. Ils rendent les licenciements plus faciles ! Mais ils ne semblent pas mener au genre de hausses du PIB nécessaires pour créer des emplois et augmenter le niveau de vie.

Voilà pourquoi les 10 millions d’emplois environ disparus aux Etats-Unis durant ce ralentissement ne réapparaîtront pas. Et c’est pour ça que le taux réel de chômage aux Etats-Unis n’a jamais été si élevé depuis la Grande Dépression.

Comme si ça ne suffisait pas, il y a d’autres raisons de s’attendre à ce que les prix des actions baissent. La principale raison, c’est que c’est là ce que font les prix des actions. Ils grimpent, puis ils baissent. Evidemment, les raisons de la baisse ne manquent pas. Mais en général, les gens ne trouvent ces “raisons” qu’après les faits. Comme les commentateurs et les analystes la semaine dernière… luttant pour trouver les “raisons” de la dégringolade des marchés.

Tout ce que nous savons vraiment, c’est que les marchés grimpent et baissent. Et en ce moment, M. le Marché veut baisser.

A la Chronique Agora, nous attendons une baisse des prix des actions depuis longtemps. Wall Street n’est jamais allé au bout de son “rendez-vous avec le désastre” commencé en janvier 2000. De la manière dont nous voyons les choses, les actions ont commencé un marché baissier il y a près de 12 ans, après un marché haussier de 18 ans. Mais le marché baissier n’a jamais pu s’exprimer pleinement. Au lieu de ça, les autorités sont intervenues — comme des stars du rap arrivant à une soirée. Elles ont monté le son. Elles ont versé à boire à tout le monde. Elles ont amené de la drogue et des filles. Et la fête n’a pas tardé à repartir de plus belle. Mais maintenant, la fête est terminée. Les autorités continuent d’ouvrir des bouteilles, mais personne ne boit.

Le marché baissier est de retour. Selon nos calculs, le Dow devrait chuter sous les 5 000 avant qu’il soit terminé. Il est très probable que ce ne sera pas un effondrement court et rapide. Ce sera plutôt une longue bataille… qui s’étirera sur de nombreuses années… les autorités luttant bec et ongles à chaque centimètre du chemin.

Enfin, c’est ainsi que nous voyons les choses. C’est l’intrigue que nous défendons depuis des années. Ne voyant aucune raison d’en changer, nous nous y tiendrons.

▪ Mais qu’en est-il de l’or ? Eh bien… là, nous devons admettre un petit sentiment de “on vous l’avait bien dit”. Mais c’était une chose de dire à nos Chers Lecteurs d’acheter de l’or quand il s’échangeait 300 $. C’en est une autre que de le suggérer lorsqu’il cote 1 800 $. L’or était une affaire à 300 $. A 1 800 $… il frôle probablement une valorisation correcte.

Cela ne signifie pas qu’il n’ira pas plus haut. En fait, nous sommes d’avis que le métal jaune grimpera bien plus haut. Mais rares sont les marchés haussiers qui rendent la vie des investisseurs aussi simple. L’or devient plus difficile à anticiper.

Si l’économie est réellement dans une Grande Correction…

… si elle subit un ralentissement pendant des années… une crise à la japonaise…

… si les investisseurs fuient les actions pour acheter des dollars et des obligations libellées en dollars…

… alors pourquoi est-ce que l’or grimpe ?

Les investisseurs anticipent-ils vraiment la réaction des autorités à une récession en double creux ? Pensent-ils que Bernanke et al. vont paniquer… et imprimer plus d’argent ? S’inquiètent-ils de la hausse des taux d’inflation ?

Ou peut-être que les investisseurs raisonnent — avec des taux d’intérêt aussi bas — qu’ils feraient aussi bien de mettre leur patrimoine dans l’or. Qui sait ce qui pourrait se passer ? Qui sait ce que feront les autorités ? Qui sait quoi que ce soit ? Au moins l’or est une chose dont on sait qu’elle ne disparaîtra pas.

C’est possible. Mais nous ne pensons pas que les investisseurs soient aussi intelligents. Ou aussi prévoyants.

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Bill Bonner

Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information confidentielles – probablement l'une des plus brillantes au monde. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450.000 lecteurs... ), il intervient également dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning.

La passion de Bill Bonner pour la finance, les voyages et les grandes idées lui a permis d'engranger des succès incontestables pour son entreprise. Il a débuté en 1979, avec la publication des lettres d'information International Living et Hulbert's Financial Digest. Puis Agora Publishing a connu une croissance très importante, et s'est spécialisée dans la publication de lettres confidentielles sur la finance, la santé, le développement personnel et les voyages. Depuis le début des années 1990, Agora Publishing s'est encore développée. Le siège social est à Baltimore, mais aujourd'hui, Agora compte des bureaux à Paris, Londres, Waterford (Irlande), Melbourne, Johannesburg, Madrid et New-Delhi.

Agora compte aussi des maisons d'éditions se spécialisant dans la littérature classique et académique : Pickering & Chatto à Londres, et Les Belles Lettres à Paris.

Un commentaire
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  1. fp-neuilly sur 22 août 2011 à 11:28

    Bonsoir à Bill Bonner et à tous les chroniqueurs avisés d’Agora.
    Grâce à leurs conseils, mes certificats or GBS ont atteint aujourd’hui 100% de plus-value.
    J’examine les raisons pouvant me conduire à renforcer ma position. Parmi celles-ci, outre celles développées dans les différents bulletins d’Agora, je vois l’imminence d’une période de stagflation.
    Autrement dit, la surchauffe de la planche à billets(même la BCE s’y met, avec les rachats d’obligations d’État pourries de certains pays), jointe à la baisse continue du taux de croissance des deux côtés de l’Atlantique (comme aurait dit Mme Lagarde : “Nous avons de la croissance, mais exceptionnellement, elle est négative” :-)
    La stagflation est favorable aux investissements tangibles et déconnectés du taux d’activité de l’économie. L’or en est un des plus beaux spécimens.
    Vive la relique barbare !
    FP

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