La Maison Blanche a-t-elle tort sur tout ? | La Chronique Agora


La Maison Blanche a-t-elle tort sur tout ?

Rédigé le 24 juillet 2018 par | Deep State, Defaut américain Imprimer

C’est officiel. La Maison Blanche elle-même a annoncé que sa baisse d’impôts n’a pas accompli ce qui en était attendu.

Au lieu d’un déficit de 526 Mds$ en 2019, le Bureau de Gestion estime que le déficit atteindra plus de deux fois cette somme — dépassant les 1 000 Mds$. Selon le Fiscal Times :

« Le Bureau de la gestion et du budget de la Maison Blanche a publié vendredi la mise à jour de sa demande budgétaire annuelle […] contenant ce que le Comité pour un budget fédéral responsable appelle ‘un vaste aveu à un millier de milliards de dollars’. Plus précisément, les projections de déficit de la Maison Blanche elle-même continuent de grimper, en raison des baisses d’impôts et augmentations de dépenses récemment approuvées ».

Sur quoi d’autre le gouvernement se trompe-t-il ? Tout ou presque, probablement.

La croissance sera plus basse qu’attendue… ne dépassant pas ce qu’elle était sous Obama. Les déficits seront plus élevés. Les guerres — contre les drogues, la terreur, la pauvreté et désormais le commerce — seront toutes perdues, non gagnées.

Attila n’est plus ce qu’il était

Jadis, on pouvait entrer en guerre… conquérir d’autres pays… réduire leurs hommes et leurs enfants en esclavage… s’emparer de leurs femmes et de leurs concubines… faire main basse sur leurs terres et tous leurs biens meubles…

C’était le bon vieux temps !

Mais c’est bien fini. Imaginez Attila tentant de prendre les femmes de force aujourd’hui ! Imaginez Genghis Khan faisant tourner ses fast-foods et ses entreprises de télécoms avec des esclaves ! Imaginez les hordes de Tamerlan déferlant sur l’Iowa… ou Alexandre assiégeant Bâton-Rouge.

Aujourd’hui, toutes les guerres sont perdantes parce que nous sommes, fondamentalement, dans un monde d’échanges coopératifs.

La richesse réelle est créée par de robustes réseaux basés sur des accords gagnant-gagnant. Or la richesse réelle, c’est ce qui vous donne les capacités technologiques pour faire sauter le caisson de votre adversaire.

En d’autres termes, on peut vivre avec des accords gagnant-perdant, mais on vivra dans la pauvreté et le sous-développement.

Et si l’on contracte suffisamment de ces accords gagnant-perdant pendant assez longtemps, on finit par marcher à quatre pattes… tandis que les gars du gagnant-gagnant vous lancent des restes de nourriture.

Dans la guerre commerciale de Trump, par exemple, gagner pourrait être le pire qui puisse arriver. La Chine est la grande économie à la croissance la plus rapide au monde… le principal client pour les matières premières… le plus gros fournisseur de gadgets à bas prix pour les Américains… et elle enregistre le plus surplus commercial le plus important, qu’elle recycle allégrement en prêts aux Etats-Unis et autres pays étrangers.

En d’autres termes, lorsque la Chine tombera, il est très probable que l’économie mondiale tout entière tombera avec elle. Les Américains pourront alors agiter leurs drapeaux… pousser des hourras victorieux… et savourer leur pauvreté comme un dîner de charognes ramassées sur le côté de la route. [NDLR : Et si vous faisiez partie des gagnants, dans cette affaire ? Cliquez ici pour découvrir comment multiplier vos gains grâce à la guerre commerciale.]

Nous en reviendrons à la finance. D’abord, voyons ce que nous avons fait ces derniers jours.

Maçonnerie et petits-enfants

Nous essayons d’installer un toit de tôle sur une vieille grange. Deux de nos garçons sont venus nous aider, amenant quelques petits-enfants avec eux.

Cela semblait relativement simple. Tout ce que nous avions à faire, c’était nettoyer le sommet du mur, réinstaller quelques pierres et installer une plaque de bois sur laquelle fixer nos chevrons.

Mais lorsque nous avons regardé les choses de plus près, nous avons découvert qu’un arbre avait grandi à côté du mur : ses racines avaient pénétré si profondément qu’il était impossible de les extraire sans détruire le mur lui-même. Ne voyant pas d’alternative, nous avons attaché une corde à la souche de l’arbre et l’avons accrochée au tracteur. Nous avons ensuite tiré… espérant que seules quelques rangées de pierres tomberaient avec les racines.

« Ecartez-vous », avons-nous ordonné. Puis, pour la plus grande joie des petits-enfants, alors que le tracteur commençait à tirer, nous avons vu le mur entier enfler et se désintégrer… comme s’il avait été sapé par un tremblement de terre. Une grande portion s’est effondrée sur le sol dans un tas de pierres, de racines et de poussière.

« Eh bien, vous voilà avec plus de travail que vous ne vous y attendiez », nous a dit Alan, l’entrepreneur qui travaille sur la maison, toute proche. « Vous allez vous débrouiller, avec toute cette maçonnerie ? »

« Pas de problème », lui avons-nous assuré. « Nous aimons poser des pierres », avons-nous ajouté. Derrière nous, nos deux fils secouaient la tête, côte à côte.

« On dirait qu’il y a une divergence d’opinion, sur ce coup-là ».

Les petits-enfants de Bill aident à la maçonnerie

Normalement, nous trouvons la maçonnerie très relaxante et gratifiante. Chaque pierre a sa place. Une fois en position, elle y reste pendant très, très longtemps.

Mais ces pierres-ci doivent être soulevées jusqu’en haut d’un mur de deux étages, avec le ciment nécessaire pour les mettre en place. Et tout ça doit se passer relativement rapidement, dans la mesure où nous avons moins de deux semaines avant de passer à autre chose.

Une pauvreté brutale et vicieuse

Dans le même temps, les médias bourdonnent encore après la visite de Trump à Helsinki. Que s’y est-il dit ? Qu’est-ce que cela signifie ?

Nous sommes d’avis que c’est une distraction… un cirque… plein de bruit et de fureur, mais ne signifiant rien.

Ce qui compte vraiment, c’est le nombre d’accords gagnant-perdant que les autorités imposent au reste de la société.

Plus elles le font… plus elles prennent… plus elles mènent les gens à la baguette — plus nous nous appauvrissons.

Mais ce n’est pas une pauvreté gracieuse et tranquille que les autorités nous imposent. C’est une pauvreté brutale et vicieuse.

Restez à l’écoute.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

3 commentaires pour “La Maison Blanche a-t-elle tort sur tout ?”

  1. Bonjour Bill Bonner, pouvez-vous nous donner un exemple actuel de marché « gagnant-gagnant »? Car je n’en ai trouvé aucun, sinon des « gagnant-perdant ».

  2. personne n’a jamais prétendu que la baisse d’impôt aller s’autofinancer après seulement six mois…

  3. Reduction d’impôts sans baisse des dépenses = fumisterie.

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