Grèce et euro : ce n’est pas une manière de gérer une union monétaire

Rédigé le 15 juillet 2015 par | Inflation, dettes et récession Imprimer

Par Ben Traynor

▪ La logistique est une chose importante.

Elle peut aussi être un souci.

Je dis cela parce que j’ai passé une grande partie de ma journée empêtré dans une multitude de détails, à travailler sur la version anglaise du nouvel ouvrage de Jim Rickards — 2024, le nouvel ordre monétaire.

J’avais l’impression d’être dans un épisode de Columbo. Il y avait toujours juste une dernière chose…

Comme je l’ai dit à l’un de mes collègues d’une patience à toute épreuve (et qui accomplit un travail remarquable), au moins nous ne faisons pas partie de ces pauvres hères qui travaillent pour les finances de la Zone euro et qui n’ont eu que quelques heures à chaque fois pour évaluer les propositions grecques.

Ce n’est pas une manière de gérer une union monétaire.

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L’un des problèmes en jeu est de savoir si l’euro va rester une union monétaire. Je veux dire par là que le risque est grand que, si des membres peuvent quitter l’union monétaire, elle en viendra à être considérée comme un régime de change fixe amélioré.

D’un point de vue historique, les mécanismes de taux de change fixes ont toujours eu tendance à s’effondrer tôt ou tard. C’est la principale raison pour laquelle l’Europe tient tant à garder la Grèce, un membre de faible poids économique, dans le club.

La frénésie bureaucratique de ces dernières semaines a pour objectif de faire perdurer une union monétaire foncièrement défectueuse.

D’un point de vue historique, les mécanismes de taux de change fixes ont toujours eu tendance à se s’effondrer tôt ou tard

Temporairement, toute solution sera extrême. Il ne peut en être autrement — l’union monétaire est inachevée.

On a versé beaucoup d’encre sur cet aspect de la crise, je ne reviendrai donc pas là-dessus. Le manque d’union budgétaire est une faiblesse majeure, ce que tout le monde savait d’entrée de jeu.

▪ Un mal pour un bien ?
Un article remarquable, à lire dans notre contexte de 2015, est celui de Wynne Godley Maastricht And All That [« Maastricht et le reste », NDLR] écrit en 1992, qui évoquait la crise de la Zone euro presque vingt ans avant qu’elle n’ait lieu.

En voici un extrait :

« Il faut reconnaître que si la crise doit réellement empirer — par exemple, si le taux de chômage revient de façon permanente au pourcentage caractéristique des années 1930, à 20%-25% — chaque pays exercera tôt ou tard son droit souverain à déclarer comme une catastrophe l’ensemble du mouvement vers l’intégration et aura recours aux contrôles des changes et au protectionnisme — une sorte d’économie en autarcie. Cela reviendra à une répétition de la période de l’entre-deux-guerres ».

L’union bancaire inachevée de la Zone euro est un autre talon d’Achille (peut-on avoir plus d’un talon d’Achille ? Plus de deux ?). En effet, les banques grecques sont fermées. Elles ne peuvent rester ainsi éternellement sans complètement détruire l’économie.

Mais elles ne peuvent rouvrir et se remettre à distribuer des euros sans l’accord de la BCE.

Un accord pourrait être trouvé ces prochains jours qui autoriserait la BCE à venir une nouvelle fois à la rescousse. Toutefois, même si un accord est trouvé, il sera celui qui aura été bricolé le plus à la hâte de toute l’histoire de cette crise.

Autre sujet de réflexion. Bien loin de faire converger les dirigeants européens, cette crise les a éloignés les uns des autres. La coopération en est ébranlée.

Le capital politique a été misé sur une base qui n’a quasiment jamais bougé pour maintenir la Grèce dans l’euro, y compris par Angela Merkel en personne. Les rendements de ce capital sont difficiles à évaluer.

Même si un accord est trouvé, il sera celui qui aura été bricolé le plus à la hâte de toute l’histoire de cette crise

Si jusqu’ici la crise de l’euro a conduit à la création de nouvelles institutions et à des façons de travailler qui pourraient à l’avenir permettre de gérer quelque chose de beaucoup plus grand, cela pourrait être un mal pour un bien.

Elle a accéléré la création d’une union bancaire (que l’on soit d’accord ou pas avec, c’est un autre problème), mais au final je soupçonne que cela a éreinté les leaders européens plus que cela ne les a galvanisés. Cela pourrait poser un problème si une nouvelle crise survient, plus forte. Par exemple si un autre membre de l’euro, plus grand, a besoin de soutien. Affaire à suivre…

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