George Soros et le choix de la Chine

Rédigé le 15 janvier 2014 par | Croissance, pays émergents, Epargne Imprimer

▪ Peut-on avoir réellement une crise financière dans un pays ayant une économie dirigée ? Cette question est apparue plusieurs fois au cours des dernières années. On semble croire que, parce que le système bancaire chinois est géré par l’Etat et essentiellement fermé, le désendettement du secteur financier n’est rien de plus qu’un problème comptable. Non seulement les déficits importent peu mais les bulles de crédit non plus !?

Ce n’est pas aussi simple.

Lorsque dans une économie quasiment tout le crédit disponible est directement orienté inefficacement vers les projets de la sphère publique dans le seul but de booster la croissance du PIB, cela ne laisse guère de crédit pour une ventilation plus naturelle des ressources.

Les prêts accordés par le système bancaire parallèle chinois ont doublé depuis 2010. Une grande partie de cet argent a été dirigé vers des gouvernements locaux. Même ce vieux spéculateur rusé de George Soros a récemment souligné que quelque chose est pourri dans le modèle du contrôle par l’Etat. Il écrit :

"La plus grande incertitude à laquelle le monde est aujourd’hui confronté ne concerne nullement l’euro mais bien la future trajectoire qu’adoptera la Chine. Le modèle de croissance à l’origine de l’ascension rapide du pays est en effet arrivé à essoufflement".

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Les banques centrales comme la Bundesbank demandent à rapatrier leur or des coffres américains et français.

Ce qu’elles ne savent pas, c’est qu’elles risquent fort de ne jamais revoir leurs lingots !

Découvrez pourquoi sans plus attendre : il pourrait y avoir de spectaculaires profits à la clé.

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"Ce modèle reposait sur des dispositions financières particulièrement contraignantes à l’endroit des ménages, destinées à stimuler la croissance des exportations et de l’investissement. Ce secteur des ménages s’est par conséquent érodé jusqu’à ne représenter que 35% du PIB et les économies forcées auparavant préconisées ne suffisent plus à financer le modèle de croissance actuel. Ceci a abouti à une augmentation exponentielle du recours à diverses formes de financement de la dette"…

"Le leadership chinois a eu raison de faire prévaloir la croissance économique sur les réformes structurelles, dans la mesure où lorsqu’elles sont combinées à une austérité budgétaire, ces réformes structurelles poussent l’économie dans une spirale déflationniste. Il demeure néanmoins une auto-contradiction non résolue au sein des politiques actuelles de la Chine : le redémarrage du moteur s’accompagne également de la réapparition d’une croissance exponentielle de la dette, qui ne sera tout au plus tenable que pendant deux années".

"La réponse à la question de savoir comment et quand cette contradiction sera résolue aura des conséquences considérables pour la Chine comme pour le monde entier. Un succès de cette transition chinoise entraînerait très probablement des réformes à la fois politiques et économiques, tandis qu’un échec remettrait en question la confiance encore solide du pays à l’égard de ses dirigeants politiques, faisant naître une répression sur le plan national, et une possible confrontation militaire à l’international".

▪ Comment gérer la transition ?
Hum. Soros reprend là l’argument baissier de la Chine — avec cependant une légère inflexion. L’argument classique est que l’économie chinoise a déjà atteint le pic de sa croissance conduite par les investissements. Elle doit gérer une transition vers plus de consommation et une croissance du PIB par habitant plus élevée (une classe moyenne plus nombreuse et plus riche). Qu’en est-il de l’inflexion ?

Il affirme que la croissance de la dette "ne sera tout au plus tenable que pendant deux années". Les précédents arguments baissiers reposaient sur la taille de la dette (en termes nominaux) ou bien ils ont simplement prouvé que la dette ne construisait rien de productif (des villes vides comme Ordos). Pourquoi donc ne pourra-t-elle pas être tenable plus que deux années ?

C’est une bonne question. Tout revient au bilan. Vous avez des actifs et des dettes. Si et lorsque "le marché" décide que les actifs que vous avez établis grâce à la dette ne valent pas plus que ce que vous avez payé, vous avez un problème, en particulier si ces actifs ne produisent pas le revenu nécessaire pour rembourser la dette.

Certes, une grande partie de la dette du gouvernement local empruntée en Chine a été consacrée aux infrastructures publiques. Les rendements de ce genre d’investissement ne se mesurent pas de la même façon que pour les projets du secteur privé. Mais l’argent doit quand même être remboursé. Ce qui signifie que, de façon détournée, toutes ces dépenses entraînent fatalement une hausse des revenus ou des impôts.

Autre question intéressante. Dans un système financier fermé, est ce que ce que "le marché" pense de votre bilan est important ? Est-ce juste une différence d’opinion ? Et l’opinion de l’Etat n’est-elle pas celle qui importe le plus, lorsque c’est l’Etat qui décide combien d’argent créer, où investir et à qui prêter ?

Soros fait remarquer, ou du moins semble sous-entendre, que le contrôle n’est pas le vrai problème ici. C’est ce qu’on fait avec l’argent emprunté qui EST le problème. Au final, la mauvaise répartition du crédit et des ressources réelles vers des projets qui ne produisent pas de réelle richesse appauvrit un pays, ne l’enrichit pas. Il y a un prix à payer. Il suggère également qu’une façon d’éviter de payer ce prix est de se mettre en colère contre son voisin et d’initier une guerre.

Quel sera le choix ? Des réformes structurelles et un désendettement ou la guerre ? Hum.

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Dan Denning
Dan Denning
Rédacteur en Chef de Strategic Investor

Dan Denning est spécialisé dans des actions peu connues mais au potentiel gigantesque. Dan écrit également dans Strategic Trader Alert, un service e-mail consacré aux actions qui évoluent très vite.

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