Nouvelle victoire pour le club des 1% ultra-riches

Rédigé le 4 octobre 2017 par | Bill Bonner, Deep State, Richesse Imprimer

La valorisation des actions bat tous les records. Les riches n’ont jamais été aussi riches. Tout cela à cause de la politique monétaire de la Fed.

Nous marquons une pause. Nous respirons un grand coup et cessons nos sarcasmes et plaintes habituelles.

Aujourd’hui, nous présentons nos remerciements à l’élite internationale… ces gens à qui nous devons tant.

Cette réflexion nous est venue après que notre département recherches nous a transmis ce tweet de Holger Zschaepitz, chroniqueur financier du quotidien national allemand Die Welt :

« Cela n’a jamais aussi bien marché : la valorisation des actions, dans le monde, est désormais de 84 800 Mds$, la plus élevée jamais enregistrée. L’équivalent d’environ 110% du PIB mondial. »

Ensuite, CNBC a renforcé notre sentiment de gratitude avec ce qui suit :

« Aux Etats-Unis, les 1% les plus riches contrôlent désormais 38,6% de la richesse nationale, un plus-haut historique selon un nouveau rapport de la Réserve fédérale.

L’enquête Surveys of Consumer Finance [NDR : enquête sur la situation financière des consommateurs américains] de la Réserve fédérale indique que les Américains, quelle que soit leur position sur l’échelle du revenu et du patrimoine, ont enregistré des gains en 2013 et 2016. Mais ce sont les riches qui ont gagné le plus, essentiellement grâce aux gains enregistrés sur le marché actions et sur la valeur des actifs.

La part de richesse des 1% les plus riches a augmenté, passant de 36,3% en 2013 à 38,6% en 2016. La catégorie suivante des 9% de ménages les plus riches a légèrement baissé, et la part de richesse détenue par les 90% d’Américains occupant le bas de l’échelle a chuté régulièrement sur 25 ans, passant de 33,2% en 1989 à 22,8% en 2016. »

Attendez un peu… Quel revenu faut-il avoir pour appartenir aux 1% d’Américains les plus riches ?

Nous avons vérifié. Si vous et votre conjoint gagnez 343 927 $, ou plus, vous en faites partie.

Alléluia ! Et hip hip hip hourra ! Nos droits d’auteur nous ont propulsé tout en haut. C’est génial de faire partie des 1% !

Sortez les cotillons, débouchez le champagne, ouvrez un compte en Suisse.

Oh… et n’oubliez pas les gens grâce à qui cela a été possible. Contactez vos représentants au Congrès. Assurez-vous de contribuer au financement de leur campagne de réélection… et réservez une nuit ou deux au Trump Tower Hotel, tant que vous y êtes.

Oui, cher lecteur, nous l’admettons…

Ultra riche par hasard ?

Nous n’y sommes pour rien – et nous avons vraiment tout fait pour l’éviter – mais nous appartenons bien aux 1% les plus riches… Ces capitalistes qui exploitent tous les autres pour pouvoir vivre dans le luxe et le plaisir.

Ce n’est pas de notre faute, bien sûr. C’est arrivé comme ça : nous avons commencé à travailler dans le secteur financier en 1979, huit ans tout juste après que Nixon a rompu le dernier lien entre le dollar et l’or.

Comment pouvions-nous savoir que l’Etat se chargerait de nous enrichir ?

Pourtant c’est ce qu’il a fait. Depuis le début des années 1970, en utilisant le système de l’argent falsifié (auquel il ne comprend rien lui-même), il a été complice de la création de 35 000 Mds$ de crédit supplémentaire.

Sans ce surplus de crédit, aujourd’hui notre ratio dette/PIB serait resté au même niveau qu’au cours des décennies précédentes.

Cet endettement dépasse de loin le volume que l’économie pourrait supporter normalement.

Il y a eu des hauts et des bas, mais dans les années 1950, 1960 et 1970, l’économie américaine était plus ou moins en bonne santé. Le taux marginal d’imposition était élevé. Mais l’Etat s’occupait essentiellement de ses propres affaires, et son emprise sur l’économie était maîtrisée.

Ensuite les compères du Deep State ont pris le contrôle du système. Les zombies se sont multipliés. La dette a augmenté. Les taux d’imposition ont été réduits. Et la croissance du PIB et des salaires réels a diminué.

A la fin du XXe siècle, la dette était devenue un problème majeur. Les consommateurs étaient à sec.

Il était temps de corriger cela…

La Fed à la rescousse

Comme l’on pouvait s’y attendre, les marchés ont tenté de corriger à deux reprises au cours de la décennie suivante : en 2000, à la suite des excès des dot.com, et à nouveau en 2008.

Et à deux reprises, l’Etat les en a empêchés, en abaissant à chaque fois les taux d’intérêt afin de soutenir la dette existante.

Entre 2000 et 2004, sous la direction de Greenspan, la Fed a abaissé les taux d’intérêt à court terme d’un plus haut de 6,5% à un plus bas de 1%. Et sous la direction de Bernanke, en 2009, elle a recommencé… abaissant cette fois les taux jusqu’à zéro.

Les banques centrales du monde lui ont emboîté le pas : elles ont acheté 20 000 Mds$ d’obligations pour faire baisser les rendements (sur le marché obligataire, les rendements évoluent en sens inverse des cours).

Quel effet la baisse des rendements obligataires a-t-elle eu ?

La valeur des actifs financiers a augmenté. Je vous explique…

Si vous avez une buvette qui rapporte 1 000 $ par an, par exemple… elle vaut 20 000 $ lorsque les taux d’intérêt sont à 5%.

C’est le capital qu’il faudrait investir dans des obligations moins risquées pour avoir un revenu annuel équivalent à ce que vous rapporterait la buvette.

Lorsque les taux d’intérêt baissent à 1%, la buvette vaut 100 000 $. [NDLR : économisez sur vos impôts en déclarant la juste valeur de votre patrimoine. Vous payez l’impôt sur la fortune immobilière, vous préparez une donation, vous devez sortir d’une indivision… Comment valoriser au plus juste vos biens, quelles méthodes utiliser (y compris celles du fisc) ? Découvrez toutes les réponses ici.]

Voilà pourquoi les riches sont si riches.

Un plan à 2 400 Mds$

Mais attendez…

L’Etat vient à nouveau à la rescousse. Il propose une baisse d’impôt pour la classe moyenne. Pas pour nous, les riches. Non, pas question !

Selon le plan fiscal de la Team Trump, le revenu de notre entreprise, actuellement taxé à 35%, serait taxé à 20%.

Hé, c’est une bonne nouvelle pour nous. Mais en quoi cela va-t-il aider les classes moyennes ?

Cela ne les aidera pas.

Le Tax Policy Center, think tank apolitique, a calculé que cela augmenterait la dette nationale de 2 400 Mds$ au cours des 10 prochaines années… et que cela bénéficierait surtout aux entreprises et aux Américains les plus riches.

En fait, il a découvert qu’en gros, un Américain sur trois de la classe moyenne constaterait une hausse de ses impôts en raison des modifications proposées sur les déductions et les exemptions.

Hé, une nouvelle victoire pour nous, les 1% les plus riches. C’est génial, non ?

Merci encore !

Nos fidèles lecteurs sont cordialement invités à nous écrire, pour nous dire combien ils se réjouissent pour nous.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

6 commentaires pour “Nouvelle victoire pour le club des 1% ultra-riches”

  1.  » Hé, c’est une bonne nouvelle pour nous. Mais en quoi cela va-t-il aider les classes moyennes ?  »

    Par le biais d’une augmentation de l’investissement productif, ce qui entrainera une croissance plus rapide de la productivité (donc des salaires) et de l’emploi.

  2. Bonsoir,
    Je me réjouis de votre performance: appartenir au 1% des plus riches. Pour ma part, je souhaite que vos conseils m’amènent dans la même direction que la vôtre.
    Il n’empêche que vos conseils sur les minières n’ont pas porté leurs fruits puisque que mon portefeuille de minières est en baisse de 39 % par rapport à sa date de départ. Voilà pourquoi je n’ai pas renouvelé mon inscription à la revue de Simone Wapler sur les minières juniores! Vos conseils m’ont déçus quand je vois, aujourd’hui, des chiffres en rouge sur mon portefeuille, après le travail. Mais voilà, je ne vais pas vendre maintenant en pleine baisse. Alors j’attends…
    Vous annonciez l’apocalypse économique et je ne vois rien venir! Ressemblez-vous à ces politiques qui promettez et qui ont des paroles sans poids? Madame Wapler m’a beaucoup déçu et je pèse mes mots.

  3. @sebastien
    La baisse d’impôt ne peut pas marcher si l’Etat continue de brûler plus d’argent qu’il en reçoit.
    dette = impôt futur.

  4. Tout est relatif.

    Avec 76 000 euros de revenus par an, vous êtes dans le club des 10% les plus riches du monde.

    Si votre patrimoine est supérieur à 650 000 euros, vous faites partie des 1% les plus riches du monde.

    C’est le cas de 5% des Français.

    Il y a 38 millions de millionnaires dans le monde, soit 0,54 % de la population mondiale.

    Et 2325 milliardaires, soit 0,00003% de la population mondiale.

  5. Bonjour,
    En fait, je ne fais pas partie des 1% des plus riches dont vous parlez. Mais je souhaite en faire partie. Voilà une nuance qui vous a échappé sans doute.

  6. Bonjour,
    En fait, je ne fais pas partie des 1% des plus riches dont vous parlez. Mais je souhaite en faire partie à long terme. Voilà une nuance qui vous a échappé sans doute.

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