Inflation-déflation : fatale arythmie des marchés financiers ?

Rédigé le 9 février 2018 par | Inflation, dettes et récession, Simone Wapler Imprimer

déflationRécemment, les prix des actions et des obligations chutent à l’unisson, prenant en défaut la théorie du risk on/risk off. Cette arythmie annoncerait déflation et inflation.

Lundi 5 février, c’était un krach commencé le vendredi 2 février selon les médias.

Mardi 6 février et mercredi 7 février, ce n’était plus qu’une consolidation ou une correction.

Jeudi 8 février, retour au monde sombre.

La volatilité a fait s’affoler les marchés

Un peu de « volatilité » et tout s’affole.

La clé d’analyse ne se trouve pas dans les marchés actions, selon nous. Elle se trouve dans le marché obligataire, dans le crédit.

La première bulle est la bulle des obligations souveraines gonflée à coups de taux d’intérêt bidonnés.

La deuxième bulle est celle des actions, gonflée à coups de crédit facile adossé au néant.

C’est ce que le jargon financier appelle les « liquidités ».

Avec ces « liquidités », nous avons connu une période étrange durant laquelle les obligations et les actions montaient à l’unisson, au même rythme.

ERIC LEWIN

« En 1987, Un vétéran de la Bourse m’a révélé LE secret qui pourrait changer la vie de milliers de retraités, présents et futurs…

Il l’appelait :

Le Plan Brongniart »

Une marée de liquidités

La marée de liquidités des banquiers centraux a réussi à faire monter à la fois les actions et les obligations. C’est une récente nouveauté (comme les taux négatifs). Auparavant, l’argent qui fuyait d’un compartiment allait dans l’autre.

Le risque maximum est celui des actions. Si les gens voulaient la sécurité, ils allaient se réfugier sur le marché obligataire (risk off). S’ils trouvaient, au contraire, que les conditions étaient favorables au risque, ils vendaient des obligations (dont les taux montaient) pour acheter des actions (risk on).

Ces derniers jours, les actions plongent en même temps que les obligations.

Actions et obligations désormais dans le même bateau

Désormais, actions et obligations réagissent dans le même sens, à la hausse comme à la baisse.

Les banquiers centraux seraient-ils incapables de retirer des liquidités sans provoquer un krach ? Oui, nous le pensons, concernant les actions. La taille de l’économie réelle est incapable de soutenir la dette qu’on lui fait supporter.

Neige

Mais pour les obligations ? Si M. le Marché renifle de l’inflation, il est normal qu’il veuille aussi fuir cette classe d’actifs.

Cette situation inextricable vient des politiques monétaires et du créditisme. Autrefois les investisseurs avaient trois possibilités : l’or ou de la monnaie convertible en or, des obligations, des actions. Ils avaient le choix de ne pas investir. Ce premier choix a été supprimé des usages par le créditisme.

Nous vous avons conseillé de mettre de l’argent dans l’or, de refuser actions et obligations. Nous maintenons que ce choix reste aujourd’hui le plus judicieux. L’or peut certes reculer ; il est en effet probable qu’à ce stade, le dollar remonte ; ceux qui ont imprudemment emprunté en dollar vont chercher à s’en procurer. Mais à terme vous ne devriez pas regretter votre choix – et l’inflation arrive, comme l’explique Bill Bonner.

Déflation des actifs financiers et inflation des prix dans l’économie réelle : cette fatale arythmie s’est déjà produite lors des « chocs pétroliers » des années 1970. Une anomalie jamais vraiment expliquée par les économistes traditionnels.

Mais ce qui est réel existe, en dépit des théories fumeuses des banquiers centraux.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

2 commentaires pour “Inflation-déflation : fatale arythmie des marchés financiers ?”

  1. bonjour

    vous êtes citée par Taleb
    https://twitter.com/nntaleb/status/961967574140489728

    bien joué!

    sinon cette arythmie a été pronostiquée par Christian cambier fin décembre:
    5ans de vaches maigres sur les marché et PIB pour les classes moyennes en hausse

    (inflation les echos titre -6T de capi d’effacée, ce n’est pas très inflationniste )

  2. Bonsoir Madame, Je comprends bien votre raisonnement. Néanmoins je vois difficilement comment il peut y avoir de l’inflation dans un monde globalisé où la Chine et la technologie continuent d’exercer leur force déflationniste. Il ne peut y avoir retour de l’inflation sans une forme de demondialisation et de retour à des politiques budgetaires nationales, voire jacobines. Qu’en pensez-vous ? Tres cordialement,

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