A Francfort aussi, on se passionne pour la coupe du monde. Il faut dire que l’art difficile de la banque centrale a tout, en ce moment, de la mêlée ou du maul en rugby. Ayant bloqué à mi-terrain l’offensive du subprime, le XV de Francfort résiste comme il peut — à coups de milliards injectés qui viennent renforcer, jour après jour, la défense compacte de l’économie mondiale. Pour renforcer le moral de l’équipe, les sélectionneurs européens ont consenti à un geste : le 6 septembre, le conseil des gouverneurs décidait à l’unanimité de laisser son taux directeur inchangé (4%). La Banque Centrale britannique, elle aussi, a choisi le même jour de jouer l’attente.
septembre 2007
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Nous devons poser la question : quel air ces banques centrales respirent-elles ? Quelle nourriture absorbent-elles ? En quelles théories économiques croient-elles… et quels dieux adorent-elles ? Comment peuvent-elles croire que de tous les taux d’intérêt possibles — de zéro à l’infini — elles trouveront le bon ? Comment peuvent-elles imaginer que leur jugement est meilleur que celui du marché libre — dans lequel elles affirment avoir une telle confiance ?
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Notre intention première était de rédiger une Chronique aussi délirante que la hausse des bourses mondiales depuis 48 heures… mais la flambée des cours s’intensifiant d’heure en heure, nous avons désormais du mal à suivre ! Faire plus fort que les marchés en ce mercredi 19 septembre, pour paraphraser un vigile repoussant un touriste en bermuda à l’entrée d’une soirée VIP se déroulant un soir d’élection au Fouquet’s… désolé, ça va pas être possible !
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Pour ma part, je vous le disais hier, je ne vois pas comment les Etats-Unis pourraient échapper à une consolidation. Je ne parle pas d’un simple trou d’air dans l’activité économique mais plutôt d’un vrai ralentissement. En effet, le moteur de la croissance économique américaine est la consommation pour 70%. Ce ne sont ni les exportations, ni les investissements des entreprises. Or si je suis d’accord pour dire que les entreprises se portent fondamentalement bien, je soulève un très gros point d’interrogation quant à la capacité de consommation à venir des ménages américains.
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Nous avons appris la semaine dernière que notre dernier livre, co-écrit avec Lila Rajiva, venait d’entrer dans la liste des best-sellers du New York Times. Sa sortie est prévue pour bientôt en France — nous vous tiendrons au courant, sans faute… En attendant, nous nous mettons au diapason de la Nouvelle Ere — c’est-à-dire que, tout comme les autres baby-boomers, nous avons commencé à réduire… à simplifier… à nous contenter de peu
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En matière d’affaires de cœur, on dit qu’il vaut mieux avoir aimé et perdu, plutôt que de n’avoir jamais aimé. Nous ne sommes pas certain qu’on puisse en dire autant des affaires d’argent. Après tout, "l’argent emprunté" exige, à un moment ou à un autre, d’être transformé en une chose plus douloureuse : de "l’argent remboursé". C’est ce genre de petit détail qui a mis dans le pétrin tout l’industrie du subprime — les accros comme les dealers
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Le meilleur moyen de tuer dans l’œuf tout débat économique, c’est d’administrer une gigantesque claque aux "raisonneurs" et de ne leur laisser d’autre choix que de venir hurler avec les loups, pour éviter de se faire mordre par leurs congénères. La "main invisible" a frappé fort ce mardi — mais nous savons que cette invisibilité n’est que le produit d’un savant artifice : la main de l’illusionniste n’est pas très loin ! Quand le résultat apparaît aussi spectaculaire, c’est qu’il y a un truc !
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Le brut peinait alors à franchir le seuil des 10 $ le baril. C’était le temps de l’insouciance, presque de l’inconscience. On profitait alors à profusion d’un joyau rare qui va devenir d’ici quelques années un véritable luxe. Le tout à des prix bradés, cassés, presque indécents. Des années noires pour l’OPEP (et notre pauvre Terre !). Fini tout ça. Plus jamais de notre vivant nous ne retrouverons une telle situation. Le pétrole qui coule à flot pour trois fois rien n’est plus qu’un souvenir brouillé. Et déjà nous regrettons le bon vieux temps.
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Nous avons vérifié ce matin… pour être sûr. Certains de nos lecteurs américains se plaignent de notre point de vue sur l’Irak. On nous accuse d’être un lâche… une mauviette… de manquer de cojones, en d’autres termes. Nous avons dû vérifier. Et heureusement, rien n’avait changé. Puis nous nous sommes posé la question — quel est le lien ? Les mouches du coche ont-elles de plus grosses cojones que les autres gens ? Nous y revenons ci-dessous…
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La bulle immobilière qui vient d’éclater (c’était inexorable, tant les excès de liquidités ont suscité une spirale haussière insoutenable à plus long terme) devrait se traduire par un ralentissement économique, voire une récession aux Etats-Unis — hypothèse probable à plus de 33%. Vous vous apprêtez déjà à zapper la suite — peu habitués à lire des affirmations aussi péremptoires et catastrophistes dans nos Chroniques… mais retenez votre clic, repoussez doucement votre souris derrière votre clavier et accordez-nous encore quelques secondes d’attention, à défaut d’une confiance aveugle dans les pronostics que vous venez de découvrir.
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Il y a une semaine, j’ai lu dans La Chronique Agora un intéressant article de Dan Denning. Intéressant par son côté archétypal : on voit là combien les émotions, même chez un professionnel, peuvent aisément prendre le pas sur la réflexion. Quitte à chercher après coup les justifications rationnelles de son sentiment (irrationnel). Certes, l’intuition est une excellente chose. C’est ce qui aide les meilleurs traders à triompher. Néanmoins, la maîtrise de soi est encore plus nécessaire. L’émotion n’est pas une bonne conseillère en Bourse…
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Nous apprenons que les autorités politiques viennent au secours des grandes banques aussi rapidement que le permettent leurs seaux. Il s’agit du plus gros renflouage de ces cinq dernières années, disent les articles… les grandes banques atteignant en moyenne environ 2,7 milliards de dollars par jour en prêts de la part de la Fed. On dit que ces injections de cash sont "imposées" par la Fed elle-même… plutôt que d’être causées par le désespoir des banques. Tout de même, les récentes estimations mettent les augmentations de la devise américaine à près de 50% annuellement.
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L’autre jour, un promoteur d’immobilier résidentiel de Vancouver, au Canada — l’un des derniers marchés les plus brûlants d’Amérique du Nord — m’a dit qu’on ne verrait plus jamais un tel boom de notre vivant. Cette remarque m’a rappelé un souvenir. On était en 1989 — deux ans après le krach de 1987. C’était mon premier jour en tant que véritable courtier. Durant une pause, l’un des vétérans commença à se rappeler le bon vieux temps, avant le krach. "C’était facile de gagner de l’argent, à l’époque", soupira-t-il. "Mais nous ne verrons plus jamais un tel boom de notre vivant".
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L’image avait de quoi frapper les esprits au journal de 20 h, en fin de semaine dernière : une file de Britanniques angoissés patientant devant un établissement Northern Rock, afin d’en retirer leur argent. La banque, spécialiste du prêt hypothécaire, a vu ainsi deux milliards de livres sterling disparaître de ses caisses en un peu plus de 24 heures. Cela faisait suite à une annonce selon laquelle elle aurait de sérieux problèmes de liquidité — au point que la Banque d’Angleterre a dû intervenir, accordant un prêt d’urgence à Northern Rock.
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Lundi, Dan Denning demandait à ses collègues américains ce qu’ils pensaient de sa dernière idée — consistant à solder toutes ses positions boursières pour se placer uniquement en liquidités. Les réactions ne se sont pas faites attendre, et se poursuivent encore aujourd’hui. Florilège
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Dan Denning : Je sais que c’est fou… mais je viens d’écrire le brouillon de ma prochaine lettre d’information… en conseillant aux lecteurs de liquider toutes leurs positions boursières et d’opter pour les liquidités. Si vous pensez que c’est fou ou juste stupide, inutile de poursuivre votre lecture
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Ce ne sont pas les fluctuations quotidiennes des cours boursiers qui nous diront ce qu’il faut savoir. Selon toutes probabilités, la raclée d’août a provoqué quelques ventes excessives, et un rebond s’impose sans doute. Ce que nous voulons vraiment savoir, c’est si le dégonflement de la bulle du crédit entraînera une chute des places boursières, une récession mondiale et un long marché baissier du crédit en tant qu’actif
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Si la relation entre la chute des marchés boursiers et la hausse du yen vous laisse perplexe, ne vous en faites pas : vous êtes en bonne compagnie. Mais le lien n’est pas aussi incompréhensible ou sophistiqué qu’on pourrait le penser. Le carry trade du yen, comme on l’appelle a seulement l’air compliqué. En réalité, c’est si simple que c’en est presque idiot
