Derrière les coups de force de Donald Trump — droits de douane, menaces diplomatiques et provocations internes — se dessinent des effets immédiats largement commentés. Mais au-delà de ces « effets de premier ordre », une question se pose : et si cette stratégie accélérait l’isolement des États-Unis et la lente désagrégation de l’empire américain ?
La guerre contre le « terrorisme » était vouée à se retourner contre les États-Unis. Aujourd’hui, on nous explique que le pays fait face à des « terroristes nationaux », dans ses propres rues. Du moins, c’est le récit officiel.
Tout cela paraît évident — du moins pour ceux qui persistent à raisonner en deux dimensions, à jouer aux échecs sur un plateau simplifié et à ne voir que les « effets de premier ordre ». Pourtant, tout ce que fait l’administration Trump semble, au moins en apparence, répondre à une logique d’ensemble cohérente.
Les gros titres se concentrent sur ces fameux effets de premier ordre : le fou américain avance imprudemment et se retrouve à portée des tireurs chinois. Oups. ScandAsia rapporte :
« Le Premier ministre finlandais arrive à Pékin pour une visite de quatre jours en Chine. »
Asia Nikkei :
« Le leader britannique Keir Starmer s’apprête à se rendre en Chine pour renforcer les liens commerciaux.
Cette visite, avec une escale prévue à Tokyo au retour, survient à peine une semaine après que son gouvernement a approuvé un projet chinois hautement controversé : l’implantation, en plein cœur du quartier financier de Londres, de la plus grande mission diplomatique de Pékin en Europe, en dépit des alertes répétées des riverains et de la Maison-Blanche sur les risques d’espionnage. »
The Guardian rapporte :
« ‘Rapatriez l’or’ : des économistes allemands appellent à retirer l’or stocké aux États-Unis, estimant que la dégradation des relations internationales et l’imprévisibilité de Donald Trump rendent ‘risqué le maintien d’une telle quantité d’or sur le sol américain’. »
Bart De Wever, Premier ministre belge, résume la situation :
« Tant de lignes rouges ont été franchies. Être un vassal heureux est une chose. Être un esclave misérable en est une autre. Si vous reculez maintenant, vous perdrez votre dignité — probablement la chose la plus importante que vous puissiez avoir dans une démocratie. »
Autrefois, les partenaires étrangers étaient les « heureux vassaux » de l’empire américain, fiers de commercer avec les États-Unis et de tout facturer en dollars. Aujourd’hui, Trump les menace. Comment ? En brandissant l’arme des droits de douane, bien sûr.
Los Angeles Times rapporte :
« Trump menace le Canada de droits de douane de 100 % en raison de son nouvel accord commercial avec la Chine. »
Les premiers effets sont indéniables : l’empire américain s’isole et s’affaiblit. Mais l’équipe de Trump semble regarder au-delà de ces conséquences immédiates. Elle prétend jouer aux « échecs en trois dimensions », anticiper les « effets de troisième ordre ».
C’est possible. Mais notre opinion — certes minoritaire — est différente… L’équipe Trump vise un résultat dont elle n’a peut-être même pas conscience : la destruction de l’empire américain. Telle serait sa véritable mission historique.
Comment expliquer autrement sa politique étrangère ? Et comment comprendre ce qui se passe sur le plan intérieur ?
Si l’on voulait délibérément saper un empire, que ferait-on ? À l’étranger comme au niveau national, on s’appuierait sur les déficits, l’inflation et les droits de douane pour affaiblir le dollar et l’économie. Mais surtout, on chercherait à semer la peur, l’hostilité et le chaos, afin que ni les alliés ni les citoyens ne fassent confiance à leurs propres centurions.
À l’international, il aurait été simple de négocier discrètement pour obtenir davantage de bases — ou autre chose — au Groenland. Sur le plan intérieur, il aurait été tout aussi simple, et bien moins provocateur, d’envoyer des agents professionnels, correctement formés et correctement vêtus, pour arrêter les véritables criminels parmi les immigrés illégaux. (Selon certaines estimations, l’administration Obama a expulsé davantage d’immigrés illégaux, sans provoquer un tel vacarme.)
Ces deux politiques auraient coûté très peu et auraient bénéficié d’un large soutien. Qui s’oppose à l’expulsion de criminels violents ou à l’installation de bases avancées près du pôle Nord, si la situation l’exige ?
Au lieu de cela, Trump a multiplié les menaces, envoyé des brutes, dressé l’Europe et le Canada contre les États-Unis — ainsi qu’une partie croissante de sa propre population. Résultat : à l’étranger, les dirigeants font la queue pour saluer le Premier ministre chinois ; chez nous, Trump apparaît de plus en plus méfiant, tendu, agité.
Mais dans son univers d’échecs en trois dimensions… était-ce précisément le but recherché ?
Hier, l’or a frôlé les 5 100 dollars.

2 commentaires
Trump, Trump, Trump….Le Grand Mauvais…. Parce que Biden faisait mieux ? La Mondialisation c’est le développement du Monde et bien évidemment un recul scientifique, technique, économique, financier et politique comparatif de l’Europe et des USA, de l’Occident en général, par rapport à la situation mondiale observée depuis le début du 19è siècle. Face à la montée en puissance du « Tiers-Monde » il aurait été bien plus intelligent pour les Occidentaux de s’associer avec la Russie au lieu de la rejeter vers les BRICS au prétexte d’une prétendue démocratie en Ukraine.
Il semblerait que ce qui affole D.Trump et le transforme en éléphant dans un magasin de porcelaine est cette course à l’IA contre la Chine. Je me souviens d’un « qui contrôlera l’IA, contrôlera le monde ». En quelque sorte, une deuxième jambe du pouvoir avec le monétaire qui fera avancer plus vite vers je ne sais quoi. Et pour cultiver la belle plante qui, j’espère ne sera pas carnivore, nous savons tous qu’il faut en plus des données, des capitaux (capex et R§D dont quantique), de l’énergie et des terres rares en sus de leur traitement. Trump n’a peut-être pas la froideur d’un Xi Jinping ou d’un Poutine, Mais dans un mandat éphémère d’une démocratie qui devient un poids dans une stratégie politique pertinente ou pas, il est difficile de l’avoir. De toute façon toute initiative, quelle qu’elle soit, devient une batte de base ball dans les mains du gangster psychopathe.