Dans un marché haussier, la tentation est grande de prendre toujours plus de risques. Marc Lichtenfeld explique pourquoi la priorité doit rester la protection de votre portefeuille.
Je viens de terminer les mémoires de Lloyd Blankfein, l’ancien P-DG de Goldman Sachs, intitulés Streetwise: Getting to and Through Goldman Sachs.
Le chapitre 22 porte un titre étonnant : « Don’t Get Dead », que l’on pourrait traduire par « Ne vous faites pas tuer ».
L’idée est simple : aucune entreprise ne devrait prendre un risque susceptible, en cas de catastrophe, de menacer son existence même. C’est notamment pour cette raison que Goldman Sachs a traversé la crise financière mondiale dans un bien meilleur état que de nombreux autres grands établissements financiers.
Les investisseurs devraient adopter le même état d’esprit.
C’est un principe sur lequel j’insiste régulièrement auprès des abonnés à mes services de trading.
Nous sommes dans un marché haussier. Beaucoup d’actions progressent. Et de nombreux investisseurs commencent à avoir la fièvre des profits.
Mais, comme je le rappelle souvent à mes lecteurs, les gains finiront par venir d’eux-mêmes. La gestion du risque reste le moyen le plus efficace d’améliorer vos résultats à long terme.
Voici quelques conseils pour éviter de « mourir » financièrement.
1. N’investissez pas plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre
Si vous engagez une somme que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre, le stress vous conduira probablement à prendre de mauvaises décisions.
Vous encaisserez vos gains trop tôt ou, au contraire, vous refuserez de vendre une position perdante parce que la perte est trop douloureuse à accepter, alors même qu’il faudrait agir avant que la situation ne s’aggrave.
C’est humain. Nous l’avons tous fait, moi y compris.
Avant de prendre position, imaginez que votre investissement tombe à zéro. Dans le cas d’une action qui a peu de chances de s’effondrer aussi brutalement, envisagez au moins une chute de 50 %. Autrement dit, représentez-vous le pire scénario possible. Dimensionnez ensuite votre position en conséquence. Ainsi, si ce scénario devait se produire, votre vie n’en serait pas bouleversée.
2. Répartissez votre argent entre plusieurs établissements
Détenez vos avoirs auprès de plusieurs établissements financiers. De cette façon, si l’un d’eux rencontre de graves difficultés, l’ensemble de votre argent ne restera pas bloqué le temps que la situation soit réglée.
Pendant la crise financière, j’utilisais comme compte d’épargne un produit comparable à un fonds monétaire. Il investissait dans des bons du Trésor arrivant à échéance au bout de sept jours. Un placement extrêmement prudent, en apparence.
Mais lorsque tout a basculé en 2008, mon courtier a bloqué ces fonds. Pendant plus d’un an, j’ignorais si je récupérerais la totalité de mon argent. Ce fut finalement le cas, mais je n’ai pas pu y accéder durant toute cette période.
Aujourd’hui, je répartis mes liquidités, mes actions et mes fonds communs de placement entre plusieurs établissements. Si l’un d’eux fait faillite et que je subis des pertes, j’aurai au moins encore accès aux capitaux et aux investissements détenus chez d’autres courtiers.
Il paraît peu probable qu’un géant comme Schwab ou Vanguard s’effondre. Mais, avant 2008, la faillite de Lehman Brothers ou de Bear Stearns semblait tout aussi improbable.
3. Utilisez des stops suiveurs
Pour empêcher vos pertes de devenir trop importantes, vous pouvez mettre en place un stop suiveur.
L’Oxford Club utilise généralement un stop suiveur de 25 %.
Concrètement, vous placez d’abord votre stop 25 % sous votre prix d’achat. Lorsque le cours de l’action monte, le niveau du stop progresse avec lui.
S’il s’agit d’une position de trading et non d’un investissement à long terme, vous pouvez également resserrer progressivement ce stop à mesure que l’action monte, afin de mieux vos gains.
Ne passez pas à côté des périodes fastes
Les marchés connaîtront toujours des épisodes difficiles. Il y aura de nouveaux marchés baissiers, de nouveaux krachs et de nouvelles crises.
Mais, à long terme, les marchés progressent. Pour profiter de cette hausse, encore faut-il être toujours présent.
Si une mauvaise gestion du risque vous met hors-jeu, vous ne serez plus là lorsque les beaux jours reviendront.
Et vous, quelles précautions prenez-vous pour éviter de « mourir » financièrement ? Faites-le-moi savoir dans les commentaires.
