Les démocrates pourraient reprendre le contrôle du Congrès en novembre. Mais Donald Trump acceptera-t-il une éventuelle défaite ? Entre risque de crise constitutionnelle, règlements de comptes politiques et dette hors de contrôle, les États-Unis pourraient entrer dans une période particulièrement dangereuse.
« S’il perd, je suis foutu… À votre avis, combien d’années de prison vais-je prendre ? » — Elon Musk
Les marchés de paris anticipent une victoire écrasante des démocrates aux élections de novembre. Supposons qu’ils aient raison. Quelles seraient les conséquences ?rès
L’une d’elles pourrait être une crise constitutionnelle… dont personne ne saurait prédire l’issue.
Les résultats du scrutin pourraient être entachés de fraudes, réelles ou supposées, ou donner lieu à de bruyantes accusations de manipulation du décompte des voix. Les représentants nouvellement élus pourraient alors être priés de patienter jusqu’à ce que les soupçons d’ingérence électorale aient été examinés.
Mais qui mènerait cette enquête ? Le Congrès, bien sûr… y compris les élus que les électeurs viennent précisément de chasser du pouvoir.
Truthout rapporte :
« Sondage : sept Américains sur dix doutent que Trump accepte les résultats des élections de mi-mandat
Le président a déclaré qu’il n’accepterait les résultats des élections de mi-mandat que s’il les jugeait ‘honnêtes’. »
Quand la démocratie ne repose plus sur la confiance
Les démocraties fondées sur le consensus ne fonctionnent que si chacun est convaincu que ses adversaires respectent les règles du jeu.
Mais lorsque l’on considère que le camp d’en face n’a pas simplement tort, mais qu’il incarne le « mal », une tout autre dynamique s’enclenche. Des personnes de bonne foi peuvent tolérer les opinions et les politiques d’autres personnes de bonne foi, même lorsqu’elles sont en désaccord avec elles. En revanche, personne ne veut pactiser avec le diable.
Si vous êtes convaincu d’affronter le mal en personne, tous les moyens deviennent bons pour l’arrêter. C’est du moins ainsi que le raisonnement fonctionne.
Et c’est précisément ce genre de logique — semblable à celle qui s’est imposée dans l’Amérique des années 1850 ou lors de nombreuses révolutions qui ont mal tourné — qui finit par régler les différends, comme le disait Mao, « au bout du fusil ».
Alors, que se passerait-il si Trump refusait d’accepter le verdict des urnes ?
Les démocrates se précipiteraient devant la Cour suprême pour lui demander de trancher.
Mais à ce stade, il ne serait guère surprenant que la foule soit déjà descendue dans les rues, incendiant des bâtiments et ressortant des magasins aux vitrines fracassées, les bras chargés de marchandises volées. New York ou Los Angeles pourraient alors ressembler un peu à Paris.
Cela ne durerait probablement pas très longtemps. Les forces de l’ordre américaines sont loin de faire preuve de la même retenue que leurs homologues françaises. Et les républicains contrôlent les armes — du moins, la plupart d’entre elles.
Mais même si la Cour suprême lui donnait tort, Trump, confronté à des enquêtes hostiles menées par un Congrès tout aussi hostile, pourrait décider d’ignorer sa décision.
Cette attitude ne serait peut-être pas aussi condamnable qu’elle en a l’air car les sommes en jeu sont considérables. Il ne serait pas très étonnant que l’un ou l’autre camp se livre à quelques manœuvres douteuses pour tenter de mettre la main dessus.
Dans ces conditions, suspendre le processus électoral le temps de faire toute la lumière sur d’éventuelles irrégularités pourrait apparaître non seulement justifié, mais indispensable au bon fonctionnement d’une république digne de ce nom.
Le Financial Times rapporte :
« Donald Trump cherche à empêcher la certification du résultat de l’élection sénatoriale en Alaska en cas de défaite du candidat républicain. Selon le ministère américain de la Justice, la similitude des noms des candidats pourrait avoir ‘faussé’ le résultat. »
Le dérapage que personne n’avait prévu
Personne ne décide délibérément de déclencher une guerre civile. Pas plus que personne ne cherche volontairement à provoquer une hyperinflation.
Comme des automobilistes prudents, les dirigeants prennent des décisions qui leur paraissent logiques et raisonnables. Ils avancent avec précaution, en veillant à ne jamais dépasser la vitesse autorisée. Et puis, soudain… crissement de pneus ! La voiture dérape sur les graviers et part en travers de la route.
Dans le chaos et les violences qui pourraient suivre une élection contestée, la plupart des Américains accueilleraient favorablement l’arrivée d’un dirigeant fort, déterminé à rétablir avant tout la loi et l’ordre.
« Les élections peuvent attendre que l’ordre soit rétabli », déclarerait-il.
Et beaucoup de citoyens, effrayés par les violences et l’anarchie ambiante, approuveraient.
Est-ce possible ? Certainement.
Est-ce probable ? Qui peut le dire ?
Mais imaginons maintenant que la transition vers un Congrès à majorité démocrate se déroule pacifiquement.
Que se passerait-il ensuite ?
Le Washington Post nous donne un aperçu de ce qui pourrait attendre les Américains :
« Alors que les républicains se préparent à des défaites électorales, Musk se prépare à la guerre
De nombreux démocrates ont déclaré vouloir utiliser les pouvoirs que leur conférerait leur mandat pour enquêter sur le magnat de la technologie et ses entreprises, si leur parti remportait la majorité dans l’une des deux chambres du Congrès lors des élections de mi-mandat. »
Les nouveaux représentants, fraîchement installés et débordant d’enthousiasme, seront impatients de passer à la télévision nationale. Ils utiliseront alors les pouvoirs d’assignation du Congrès pour multiplier les enquêtes visant Trump, sa famille, ses associés, leurs affaires… et leurs soutiens financiers.
Or, le plus riche et le plus audacieux de ces derniers a déjà prévenu qu’il ne se laisserait pas faire sans combattre.
« Ceux qui cherchent la bagarre avec moi doivent comprendre que je découvrirai qui tire réellement les ficelles et que je m’en prendrai à eux, pas seulement à leurs marionnettes », a déclaré l’homme le plus riche du monde. « Il existe un immense cimetière rempli de mes ennemis », avait-il également publié un jour.
Deux partis, deux illusions
L’un des rares aspects amusants de cette élection, c’est que les deux partis font campagne sur des arguments fallacieux.
Les républicains prétendent que l’économie américaine traverse un « âge d’or ».
Pourtant, l’inflation vient d’enregistrer son 67e mois consécutif au-dessus de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale.
Et depuis six mois, les salaires réels sont en baisse.
Au cours de l’exercice budgétaire 2026, l’administration Trump a collecté 5 400 milliards de dollars de recettes fiscales. Mais elle en a dépensé 7 400 milliards.
À quoi s’attendaient-ils ?
La dette publique américaine a dépassé les 40 000 milliards de dollars. À eux deux, Trump et Biden ont ajouté la moitié de cette dette totale au cours des dix dernières années.
Et désormais, la Fed n’est plus en mesure de maîtriser la dette.
C’est même l’inverse : la dette dicte sa conduite à la Fed, qui se retrouve contrainte de relever ses taux pour empêcher une nouvelle flambée de l’inflation et une aggravation du coût des intérêts.
Pendant ce temps, les candidats démocrates promettent de terrasser le dragon du coût de la vie. Mais ce monstre, ils ont contribué à le créer, main dans la main avec leurs collègues républicains. Ils ont soutenu ensemble les budgets militaires et les dépenses sociales obligatoires, apportant leur soutien bipartisan à tous les projets dispendieux et absurdes qui se présentaient.
Et aujourd’hui, les démocrates se frottent les mains. Ils salivent déjà à l’idée de reprendre le pouvoir à Washington.
Pourtant, aucun d’entre eux n’a présenté le moindre programme crédible pour réduire les déficits ou protéger le dollar.
Une tempête politique et financière
Nous n’avons aucune idée de la manière dont ces élections vont se terminer.
Mais une chose est sûre : le pays est déjà profondément secoué.
Et avec la tempête financière qui s’annonce, continuer à faire tanguer le bateau risque de provoquer une catastrophe.
Démocrates ? Républicains ?
Dans les deux cas, tout le monde est fichu.
