Popularité en chute libre, bavures de l’ICE, rhétorique de guerre intérieure, menaces géopolitiques sans lendemain et fiascos symboliques à répétition : à force de malmener les principes constitutionnels, Donald Trump découvre que l’autorité ne se proclame pas. Elle se perd, parfois brutalement, quand le verbe remplace l’action et que la peur ne suffit plus à masquer l’impuissance.
Pauvre Donald Trump. Sa cote de popularité ne cesse de chuter. Yahoo! rapporte :
« La cote de popularité de Trump vient d’atteindre un niveau historiquement bas. »
Et The Hill renchérit :
« La cote de popularité de Trump auprès des électeurs indépendants atteint un nouveau plus bas : sondage. »
Et maintenant que des agents de l’ICE ont abattu Renee Good, il a peut-être perdu un partisan de plus. USA Today rapporte :
« Le président Donald Trump a déclaré qu’il espérait que le père de Renee Nicole Good, la femme abattue par un agent de l’immigration à Minneapolis, resterait un ‘fan de Trump’ après la mort de sa fille. »
Pendant ce temps, des nouvelles nous parviennent de Baltimore.
« Il fait un froid glacial. Il doit y avoir au moins 7 cm de glace sur la voiture. »
Nous nous demandons comment le temps affecte M. Trump. Ce n’est sans doute pas seulement le grand froid qui alimente le mécontentement, mais aussi le fait que le président insiste pour que nous le remerciions pour la météo clémente !
Nier les preuves que nous voyons et entendons n’a manifestement pas fonctionné à Minneapolis. Les Américains s’étaient habitués à attendre de leurs dirigeants un certain niveau de décence… ou, à défaut, une hypocrisie crédible.
Ils pensaient, par exemple, pouvoir porter légalement et pacifiquement des armes à feu sans être accusés de terrorisme (2e amendement). Ils pensaient pouvoir exprimer leur opinion sans être bousculés dans la rue (1er amendement). Ils ne s’attendaient pas à devoir transporter leur certificat de naissance — leurs « papiers » — lorsqu’ils se rendaient à Home Depot (4e amendement). Et s’ils étaient arrêtés par la police, ils pensaient avoir le droit de confronter leur accusateur et de contester les charges retenues contre eux (5e et 14e amendements).
Ce fut un choc pour des millions d’électeurs de découvrir que des droits qu’ils croyaient solennellement garantis par la Constitution — et fidèlement protégés pendant plus de deux siècles — pouvaient être balayés sans avertissement, sans débat et sans vote.
Mais M. Trump affirme qu’il s’agit d’une « guerre » et que la Constitution ne s’applique plus. L’équipe Trump a rapidement qualifié les martyrs du Minnesota de « terroristes nationaux ». Pourtant, tout le monde pouvait voir qu’ils ne correspondaient en rien à ce que l’on appelle habituellement des « terroristes ».
The Mirror rapporte :
« Trump a ‘perdu le contrôle’… alors que les morts liées à l’ICE au Minnesota déclenchent une révolte MAGA et le chaos à la Maison-Blanche. »
Le pauvre. Il s’est rendu jusqu’en Suisse pour prononcer un discours décousu, presque incompréhensible pour quiconque ne parle pas couramment le new-yorkais. Vieux. Fatigué. Sa cote de popularité a dû chuter minute après minute — comme celle de Joe Biden lors de son dernier débat face à Trump.
Il existe une vieille règle au théâtre : quand on fait entrer un canon sur scène, tôt ou tard, il faut le faire tirer. M. Trump est arrivé avec son artillerie lourde — il allait envahir le Groenland ! — puis il a fait demi-tour et est reparti avec son canon sous le bras. Résultat : il a donné l’image d’un homme faible.
Il s’est donné tant de mal pour éliminer Maduro au Venezuela… et pour menacer la vice-présidente « Delcy » devant le monde entier. The New York Post rapporte :
« Trump menace la nouvelle dirigeante du Venezuela, Delcy Rodriguez, d’un sort pire que celui de Maduro si elle ne coopère pas avec les États-Unis. »
Et maintenant, avec un culot stupéfiant, « Delcy » lui fait un bras d’honneur. The Hill :
« La présidente par intérim du Venezuela déclare qu’elle en a ‘assez’ des ordres de Washington. »
Sa Trump Coin a perdu 98 % de sa valeur. Même le documentaire hagiographique consacré à sa femme, Melania, ferait un flop. Newsweek précise :
« Le cabinet d’études de marché Boxoffice prévoit des recettes comprises entre 1 et 2 millions de dollars pour le week-end d’ouverture — très loin des 40 millions de dollars payés par Amazon. »
Pauvre M. Trump. Tellement désireux de prouver qu’il n’est pas le maladroit désespéré et peu intelligent du Queens qu’il semble être… tellement avide d’être adulé par la foule sophistiquée de Manhattan… tellement prêt à user de son influence pour prouver quelque chose. S’ils ne l’admirent jamais, au moins apprendront-ils à le craindre. N’est-ce pas ?
Et puis, il y a l’économie. Pendant ce temps, l’élément anti-dollar, anti-bulle — l’or — s’échange ce matin à 5 533 dollars.

2 commentaires
Des commentaires très réalistes , et ne peuvent que susciter l’admiration d’un esprit contemporain doté d’une intelligence sans aucun doute , tentant à prouver un avenir quelque peu réservé quant à sa sérénité envié pourtant depuis plusieurs décennies !!
BILLOU
Parmi les mensonges éhontés qui ont émaillé le discours de Trump à Davos, un avait retenu mon attention : les Européens sont des idiots qui achètent des éoliennes chinoises alors que les Chinois continuent à produire leur électricité à base de charbon. « Je suis allé en Chine et je n’ai pas vu d’éoliennes », a affirmé sans rire le président le plus menteur de l’Histoire.
Petite recherche rapide : la Chine possède le plus grand parc éolien au Monde, près de 40% de l’électricité produite dans le Monde à partir d’éoliennes l’est en Chine.
Je demeure abasourdi qu’il ne se soit pas trouvé une seule personne pendant ce discours (relativement immonde dans son ensemble) pour se lever et le contredire publiquement, ou quelques dizaines de personnes pour marquer leur désapprobation devant ce mélange d’autoglorification, d’insultes et de mensonges, et laisser Trump pérorer (radoter est sans doute un terme plus approprié) devant un public constitué uniquement de quelques rares admirateurs.