Quand les choses tournent mal, ceux censés protéger ou prévoir le pire sont souvent absents.
En regardant par la fenêtre, nous ne savons pas très bien où nous sommes. Il y a tellement de brouillard que nous pouvons à peine voir à plus de 100 mètres.
Le navire a quitté Brooklyn samedi, mettant le cap au nord-est le long de la côte nord-américaine. Il a longé le Maine, traversé les eaux de la Nouvelle-Ecosse, puis contourné Terre-Neuve en direction du Groenland. Dans l’Atlantique, encore proche du plateau continental, s’étendent les Grands Bancs, réputés pour leur abondance de poissons et leur brouillard.
Le brouillard résulte de la rencontre entre le courant froid du Labrador et le courant chaud du Gulf Stream. La vaste zone d’eaux relativement peu profondes semble également favoriser l’abondance de la vie marine. C’est l’une des zones de pêche les plus riches au monde. Il semble que des pêcheurs basques y aient pêché dès le XVe siècle.
La prospection pétrolière sous-marine a débuté dans les années 1960 et a abouti à la découverte du gisement d’Hibernia en 1979, qui est devenu la zone pétrolière la plus productive du Canada. L’exploration, si loin de la terre, dans l’Atlantique froid et brumeux, n’était cependant pas sans danger. Les vagues scélérates, les icebergs, les ouragans et la glace de mer sont autant d’éléments dont il faut se préoccuper.
C’est une vague scélérate qui a frappé la plateforme de forage Ocean Ranger en 1982. Des vents de 100 noeuds et des vagues de 65 pieds de haut ont frappé au milieu de la nuit. La plateforme s’est inclinée, a pris l’eau… Pendant des heures, l’équipage a tenté de la stabiliser en pompant, en vain. Le contrôle a été perdu, la structure s’est renversée, puis a coulé.
Quelques membres de l’équipage ont réussi à quitter la plateforme à bord d’un canot de sauvetage. Mais le petit bateau s’est retourné dans les eaux agitées. Malgré l’arrivée rapide d’hélicoptères et de navires de secours, les vagues et l’obscurité ont englouti les victimes. Les 84 personnes présentes sur la plateforme de forage sont mortes. L’année suivante, trois plongeurs ont également trouvé la mort en tentant de renflouer l’épave.
Malgré les exercices de sécurité, les plans de sauvetage, la mobilisation d’hélicoptères, des forces aériennes et navales canadiennes et les technologies les plus avancées en matière de météorologie et de sécurité, les choses peuvent toujours mal tourner.
Alors imaginez ce qui peut arriver quand des équipes d’amateurs, dirigées par des incompétents ambitieux ou des frimeurs beaux-parleurs, qui n’ont aucun compte à rendre, se mettent à dépenser l’argent des autres !
Avant-hier, c’était le « jour de la libération ». Depuis la seconde guerre mondiale, plus de personnes sont sorties de la pauvreté que pendant toute autre période de l’histoire de l’humanité. La doctrine du libre-échange a contribué à rendre cela possible. Mais aujourd’hui, nous avons une politique de non-libre-échange, contrôlée par des initiés politiques.
CNN rapporte :
« Donald Trump vient de prendre le plus grand pari politique sur l’économie américaine qu’ait osé faire un président moderne.
En général, les présidents font tout pour ne pas perturber le moteur économique du pays ni menacer la stabilité mondiale – surtout quand le chômage est bas et que la croissance est là, comme c’était le cas lorsqu’il a succédé à Joe Biden.
Mais en imposant de nouveaux droits de douane sur la quasi-totalité des importations en provenance de 185 pays, Donald Trump a déclenché un choc d’une ampleur exceptionnelle. Il agit à contre-courant des recommandations de la quasi-totalité des économistes, et en dépit des leçons tirées des épisodes les plus sombres de l’histoire économique. »
Alors, maintenant que nous sommes enfin « libérés » de la doctrine du libre-échange, peut-être pourrons-nous aussi nous affranchir de quelques autres chaînes…
L’un des volets les plus involontairement comiques de l’actualité récente concerne la publication de documents sur l’assassinat de JFK, et la rencontre d’Elon Musk avec des responsables de la CIA et de la NSA. Le New York Post explique ce qu’il s’est passé :
« La publication, le mois dernier, par le président Trump de ‘documents longtemps secrets’ sur l’assassinat de John F. Kennedy a révélé que ‘trois hauts responsables de la CIA ont menti’ aux enquêteurs quant à ce que l’agence savait réellement sur Lee Harvey Oswald, selon des chercheurs chevronnés qui étudient la tragédie depuis des décennies. »
Fox News rapporte :
« Elon Musk s’est rendu mardi au siège de la Central Intelligence Agency pour discuter de son programme ‘d’efficacité gouvernementale’. ‘J’ai eu une excellente visite et une réunion très productive avec @ElonMusk pour échanger sur ses idées et les progrès réalisés jusqu’ici pour rendre notre gouvernement plus efficace !, a déclaré M. Radcliffe. Je me réjouis de collaborer avec Elon et son équipe afin que la CIA reste la première agence de renseignement au monde.’ »
S’il existe un « Etat profond », la CIA en est sans doute le coeur. Et si un milliardaire récemment arrivé dans le jeu, sans même être élu, peut l’amener à réduire son budget et son pouvoir, alors toute l’idée d’un contrôle souterrain et tentaculaire perd soudain beaucoup de sa force.
Le livre que nous lisons actuellement – The Ghost: The Secret Life of CIA Spymaster James Jesus Angleton – montre comment l’agence a gaspillé des milliers de vies et des milliards de dollars. Angleton, chargé de traquer les espions soviétiques, n’a pas vu que son meilleur ami, avec qui il passait ses vacances et déjeunait régulièrement, l’agent britannique Kim Philby, était en réalité un agent soviétique.
Il n’a pas non plus jugé utile d’avertir la police de Dallas que Lee Harvey Oswald, un homme sous surveillance depuis des années, allait se trouver en ville lors de la visite du président Kennedy.
Pendant des décennies, la CIA s’est employée à faire ce qu’elle n’aurait jamais dû faire… et a échoué systématiquement lorsqu’il s’agissait d’agir efficacement. Elle a espionné des civils à travers le monde, fomenté des assassinats, pratiqué la torture, répandu sa propagande et renversé des gouvernements.
Identifier du gaspillage au sein de la CIA serait un jeu d’enfant ; il n’y a pratiquement que ça. The Jerusalem Post rapporte :
« Des dossiers classifiés de la CIA révèlent la quête psychique de l’Arche d’Alliance. L’observateur à distance n°032 y décrit un récipient en bois, or et argent, orné d’images d’anges à six ailes, dont la forme ressemble à celle d’un cercueil. »
Et puis, au moment où cela aurait pu être utile, la CIA était introuvable.
Où était-elle lorsque Lyndon Johnson pensait qu’il pouvait battre les Vietnamiens en envoyant des troupes américaines ? Ou quand Richard Nixon croyait pouvoir les bombarder jusqu’à les ramener à l’âge de pierre ?
Où étaient les agents de la CIA lorsque les terroristes saoudiens ont frappé le World Trade Center ? Qui a dit à Colin Powell que les Irakiens possédaient des « armes de destruction massive » ? Ou encore, que la Russie reculerait en Ukraine si son économie était sanctionnée ?
Selon toute évaluation raisonnable, l’agence a fait beaucoup plus de mal que de bien. Elle devrait être éliminée. Mais comment ?
La CIA va-t-elle coopérer pour se mettre elle-même hors d’état de nuire ?
« Voici quelques dossiers qui montrent comment nous sommes devenus des voyous », pourrait dire le directeur de la CIA, John Ratcliffe, en tendant une pochette au New York Times.
« Et bien sûr, dites à Elon de venir nous montrer comment réduire notre budget et notre pouvoir. Ha ha. »
« Et au fait, nous avons aussi un dossier sur vous… »
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CONCURRENCE ET PROTECTIONNISME
Depuis plus d’une trentaine d’années les profits des Grands Marchands Occidentaux bénéficient de moins en moins aux populations occidentales, lesquelles n’ont pas cessé de s’appauvrir. Le spectacle des grandes villes américaines dans lesquelles des millions de citoyens, même ayant un emploi, vivent dans des tentes ou dans leurs voitures est consternant. Quant au Canada il est clair que la prospérité s’y est réduite bien avant la politique douanière de Trump. Personne n’accusait Biden d’être le responsable !
Ce que les grands capitalistes occidentaux ne veulent pas reconnaître c’est que les peuples d’occident sont devenus les victimes de leur politique industrielle et commerciale. Normal, eux s’enrichissent encore, alors que pour les peuples c’est terminé.
Le capitalisme occidental a fonctionné en faveur des peuples occidentaux tant que que le système ne s’est pas généralisé à l’Inde, la Chine, l’Asie du Sud-Est… Le capitalisme concurrentiel s’est alors, lentement, au fil des décennies, retourné contre l’Occident. Contre les peuples, pas contre les quelques Grands Marchands qui en étaient les acteurs et les profiteurs.
Bien sûr la Chine, parmi d’autres pays, s’indigne des mesures protectionnistes prises par Trump : Elle est enfin arrivée au point où elle s’enrichit sur le dos des Occidentaux ! Il ne faut pas le lui reprocher, seulement constater un fait ; l’Occident a profité de la Chine pendant des décennies. L’Histoire s’est seulement inversée.
Trump ne déclenche aucune guerre nouvelle. La guerre a toujours fait partie de la vie commerciale. La concurrence est une guerre, impitoyable. Trump continue la guerre, mais en revenant à un système protectionniste destiné à protéger les USA contre la concurrence. Même contre celle du Canada ou de l’Europe. Bref il agit comme la Chine et le Japon l’ont fait ou tenté de le faire au 19è siècle face à l’invasion économique occidentale. Il ne faut pas oublier que dans les années 1840 et suivantes la Grande Bretagne a importé de l’opium en Chine pour obliger celle-ci à ouvrir ses portes au commerce occidental. Quant aux Français ils ont saccagé la Cité Impériale au nom de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité. La Chine a échoué, à l’époque, à se protéger contre l’envahisseur occidental, mais le Japon a parfaitement réussi. Mais oui, l’histoire démontre que le protectionnisme a fonctionné.
Quel sera l’aboutissement de cet affrontement commercial, industriel, scientifique et technique dans lequel l ’Occident n’est absolument plus le maitre du jeu comme il l’a été pendant deux siècles ?
Fini le Mondialisme, gare à la Mondialisation. C’est ce que Trump a compris.
Sa politique protectionniste sera-t-elle à long terme bénéfique, ou pas, au peuple américain ? L’avenir le dira. Pour l’instant personne n’en sait rien. Il est certain que toute une génération d’Occidentaux qui ont été éduqués dans le culte d’une concurrence internationale qui leur profitait sont totalement déconcertés par une mondialisation qui ne les avantage plus nécessairement. Le coupable est désigné : Trump.