Trump nomme une bête du marigot à la Fed

Rédigé le 8 novembre 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner, Deep State Imprimer

La nomination de Powell à la tête de la Fed confirme que le Deep State de Washington a bien la Maison Blanche en main.

Si vous renversez un piéton à Washington (DC), il vaut peut-être mieux ne pas vous arrêter. Car cette personne, sous le pare-chocs, pourrait bien être un rat du marigot.

En fait, il pourrait même s’agir de M. Jerome Powell, que le président Trump vient de choisir pour remplacer Janet Yellen.

S’il fallait encore prouver que M. Trump s’est fait dompter par le Deep State, à la Maison Blanche, alors c’est fait. M. Powell est né dans le marigot. Je ne plaisante pas… il est né à Washington (DC).

Il n’en est jamais vraiment parti. Il a même décroché son diplôme au Georgetown Law Center, l’Ecole de droit de Georgetown, à environ cinq pâtés de maisons du Capitole. Il a dû s’y trouver – dans les années 1970 – en même temps que nous, mais nous n’avons aucun souvenir de lui.

Nous avons passé trois longues années à Georgetown. Nous n’avons pas beaucoup apprécié. Ce n’était qu’une usine à former des fonctionnaires fédéraux, ces gens qui font du marigot ce qu’il est.

Nous nous souvenons d’un cours de philosophie du droit à Georgetown. A cette occasion, nous avons affirmé que la loi et les autorités de régulation (les autorités administratives indépendantes) étaient incompatibles. Vous ne pouvez avoir une société libre, avec des lois qui s’appliquent à tout le monde… et, malgré tout, un troupeau de lobbyistes, avocats et initiés non élus qui disent aux gens ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire.

« Si nous étions d’accord avec votre dissertation », a déclaré le professeur, l’air grave, « la moitié de cette ville devrait disparaître ».

« Oui », avons-nous répondu. « C’est bien ce que nous avions en tête ».

Washington est dévoyé par les initiés. Les étudiants et les professeurs du Georgetown Law Center voulaient tous participer à l’imposture.

Nous avons décidé de ne pas pratiquer le droit. Powell, lui, en a décidé autrement. Il a étudié le type de « droit public » (un oxymore, selon nous) dans lequel Georgetown se spécialise… et entamé une longue carrière consistant à ramper dans le marigot, à opérer des allers-retours au sein du gouvernement et dans le secteur financier. Il a travaillé pour les autorités de régulation… puis travaillé pour le secteur qu’il était censé réguler. Puis il est retourné chez les régulateurs. Tous ces va-et-vient semblent avoir porté leurs fruits pour M. Powell. Il paraît qu’il a une fortune personnelle de plus de 100 M$.

Une créature du Deep State aux réactions déjà prévisibles

Ce qui est important, d’après nous, c’est que l’on peut compter sur M. Powell pour qu’il agisse exactement comme prévu. Il sera en faveur d’une réduction des actifs de la Fed (le « resserrement » effectif de la masse monétaire) jusqu’à ce que cette masse monétaire resserrée fasse tout partir en vrille.

Alors, il remuera ciel et terre pour protéger le Deep State de la faillite… en opérant un assouplissement quantitatif (QE) extrême. Il est plus que probable qu’ensuite nous vivrons un chaos financier et ce fameux « crack up boom » dont nous avons parlé la semaine dernière (pour rappel, il s’agit, selon Ludwig von Mises, de l’effondrement final d’une bulle provoquée par une expansion du crédit].

A suivre…

Hier, nous avons laissé une question en suspens. Comment se fait-il qu’Amazon permette d’acheter moins cher et de façon plus efficiente, mais que les consommateurs n’en retirent apparemment pas grand avantage ? Ils ne conservent pas les économies réalisées. Ils ne semblent pas les dépenser non plus. Elles disparaissent purement et simplement. Pourquoi ?

La réponse est apparue dans un graphique diffusé par le GailFosler Group, indiquant que les dépenses de consommation dites « discrétionnaire » des ménages se sont régulièrement érodées au cours de ces 30 dernières années. Chaque année, les ménages ont moins d’argent à dépenser. D’abord, ils se sont tournés vers les articles low cost de Walmart. Plus récemment, c’est Amazon qui est venu à la rescousse.

Mais ni l’une ni l’autre n’a récupéré plus d’argent.

Alors qu’est-ce qui ne va pas ?

La semaine dernière, nous avons vu que des milliers de personnes faisaient la queue, parfois une nuit entière, pour pouvoir s’acheter le dernier modèle de téléphone mobile d’Apple.

Voici la question que nous posons, aujourd’hui : qu’est-ce qui n’allait pas avec l’ancien modèle ? Ou, plus globalement, qu’est-ce qui n’allait pas avec l’ancien téléphone filaire à cadran rotatif ?

Au fil des tout derniers articles publiés dans La Chronique, nous avons étudié les nouvelles technologies et les sociétés qui les lancent sur le marché. Amazon, par exemple, a instauré le commerce en ligne dans le monde et fait de Jeff Bezos l’homme le plus riche de la planète.

La technologie, la productivité et un combat d’idées

Nous avons remarqué que cette invasion d’Internet ne semblait pas faire augmenter le PIB, l’emploi, la productivité ou la croissance des salaires. Au contraire, tous ces chiffres ont chuté tandis que notre dépendance à la nouvelle technologie augmentait.

Nous avons remarqué, également, qu’Amazon avait pu exister grâce au financement quasiment illimité qu’offre le Système de l’Argent Falsifié. Et nous nous sommes demandé si cela ne représentait pas quelque chose de nouveau pour le capitalisme : des secteurs qui améliorent l’existence mais ne réalisent pas de profits et n’augmentent pas le PIB.

Attention : ce débat sera un combat. Il défie des idées et des suppositions que nous tenons pour acquises. Une attaque frontale serait trop visible et facilement repoussée.

Voici comment nous allons nous y prendre : nous allons montrer que le progrès n’est pas inexorable… que le PIB n’est pas tout… que l’économie pourrait entrer dans une dépression, mais que nous pourrions quand même en sortir améliorés… et que si cela se produit, un bon nombre des « actifs » actuels pourrait bien disparaître… ainsi que la réputation de gens tels que M. Powell.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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