L'énigme des taux négatifs élucidée | La Chronique Agora


L’énigme des taux négatifs élucidée

Rédigé le 10 avril 2018 par | Dette, Inflation, dettes et récession, Simone Wapler Imprimer

L’aberration des taux négatifs est possible parce que le système monétaire et financier peut se passer d’épargne. Ce qui permet à la France de nous enfoncer dans la dette.

A de nombreuses reprises, dans ces colonnes, Bill Bonner et moi-même nous nous sommes penchés sur le mystère des taux négatifs.

Dans tous les manuels économiques et financiers traditionnels, on apprenait que prêter donne lieu à une rémunération et qu’un taux d’intérêt avait une limite : 0.

J’ai à un moment émis l’hypothèse que le taux négatif était en quelque sorte un service de coffre-fort. Des institutionnels préféraient payer des Etats ou de très grandes entreprises pour conserver leur argent plutôt que se risquer à le laisser traîner dans une banque de santé douteuse.

URGENT

Chine/USA : Trump s’apprête à dégainer « l’arme nucléaire »

La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine est déclarée… et s’accélère : Trump pourrait sortir l’artillerie lourde dans les jours qui viennent – et VOUS pourriez faire partie des gagnants.

Un gain à trois, voire quatre chiffres est possible, en un seul trade.

Cliquez ici pour tout savoir.

Puis, en 2016, les taux négatifs ont touché le crédit immobilier en Belgique.

« C’est comme si une barrière invisible avait été franchie, séparant le monde réel du fantasme total… où le bas est le haut, oui est non, et n’importe quel panier percé peut désormais… apparemment… vivre gratuitement dans un manoir. » méditait Bill Bonner.

En réalité, les taux négatifs peuvent exister parce que le système monétaire financier actuel n’a pas besoin d’épargne.

Il a même intérêt à ce que l’épargne disparaisse. La vocation d’un Etat-providence est de vous prendre en main de la crèche à la tombe. Dans ces conditions, pourquoi provisionner pour un coup dur, un accident de la vie ?

De son côté, le keynésianisme professe que la consommation est le moteur de l’économie. Par conséquent, l’épargne est inutile et même gênante : elle diffère la consommation et contrecarre les plans de redistribution et « justice sociale ».

Ce qu’il faut à un Etat-providence c’est beaucoup de consommation et du crédit facile à redistribuer pour s’acheter des électeurs. Le système monétaire et financier actuel est parfaitement adapté à cela et les taux négatifs sont la preuve qu’il se passe très bien de l’épargne. [NDLR : Vous en avez assez de subir des taux punitifs et de confier votre épargne à un système bancaire et financier devenu fou ? Découvrez ici comment renouer avec rendement et profits exceptionnels en intégrant ce club d’investissement bien spécial.]

Souveraineté contre crédit

Autrefois, lorsque l’épargne comptait encore, un Etat qui voulait dépenser plus que ses rentrées d’impôts devait solliciter des prêteurs dont les moyens étaient limités. Mais ce n’est plus le cas.

Jeudi 5 avril, la France empruntait sur les marchés financiers.

Notre pays est secoué de grèves. Le tourisme – qui est devenu une de ses activités de poids – en pâtit déjà. La tendance générale dans le monde est à la hausse des taux d’intérêt. La Banque centrale européenne achète moins de titres financiers que par le passé. La Suisse aussi car elle a renoncé à maintenir la parité stricte euro contre franc suisse. Les Etats-Unis n’achètent pas de dettes souveraines en euro.

Bref, moins d’acheteurs, un contexte haussier de taux d’intérêt, un pays toujours dépensier et secoué de grèves. Vous auriez pu penser que la dette allait nous coûter plus cher…

Raté.

Qui subventionne notre magnifique modèle social que tout le monde nous envie mais que personne ne peut se payer ? Qui a acheté la dette française mise aux enchères par les petits génies de l’Agence France Trésor avec suffisamment d’empressement pour que cela nous coûte moins cher encore que l’année dernière ?

Attention : hypothèse « complotiste » !

Ames sensibles, ne lisez pas ce qui suit.

Jean-Pierre Chevallier est un spécialiste de la comptabilité des banques et de la Banque centrale européenne.

Son analyse du bilan de la BCE en date du 30 mars fait apparaître que des non-résidents comblent les trous de la BCE à hauteur de 340 milliards d’euros. Au 30 mars, ces largesses atteignaient un plus haut historique.

D’où viennent-elles ? Jean-Pierre Chevallier a son idée sur la question :

« Ces généreux et anonymes non-résidents ne peuvent qu’être des musulmans possédant des capitaux tirés de pays ayant de gigantesques ressources en hydrocarbures, ce qui explique la politique dite migratoire appliquée en Europe. »

Effectivement, des sponsors capables d’une puissance de feu hebdomadaire de 73 milliards d’euros qui ne sont pas des gouvernements ou des entités gouvernementales ne sont pas légion.

L’hypothèse de Chevallier ne peut pas être prouvée : ces « généreux donataires » sont anonymes dans la comptabilité de la BCE, et il existe un marché secondaire des titres d’obligations souveraines. Cependant, elle a le mérite de présenter une justification ; il est d’ailleurs probable que cette aide ne se limite pas à la BCE.

Jeudi dernier la France ne levait que la modeste somme de 7,665 milliards d’euros à 30 ans, 16 et 10 ans. La seule catégorie d’obligations boudée fut les « green bonds » ou « OAT vertes » censées financer la transition énergétique. Encore de l’eau au moulin « complotiste » ? Si vous êtes un roi du pétrole, votre abnégation ne va tout de même pas jusqu’à financer les industries concurrentes…

Hypothèses et complots, alors que la question exige transparence et rigueur : une façon de clarifier les choses serait que les citoyens sachent à qui notre pays vend vraiment sa souveraineté.

Les autorités détestent l’anonymat pour les transactions entre citoyens qu’elles soupçonnent immédiatement d’intentions terroristes ou d’évasion fiscales. Pourquoi accepter l’anonymat dans le cas de cette comptabilité nationale et supranationale ? A quels non-résidents hors Zone euro devons-nous de l’argent ? Si la réponse n’est pas honteuse, elle devrait être simple à obtenir.

(*) Voir aussi toutes les analyses précédentes de Jean-Pierre Chevallier

Mots clé : -

Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

4 commentaires pour “L’énigme des taux négatifs élucidée”

  1. Bonjour,
    Je suis honteux que le trésor public français- c’est à dire Bercy- brade notre souveraineté nationale à de riches musulmans. Nos gouvernants sont des traîtres.
    Je suis porté à croire à la véracité de vos propos. Hélas! L’écoeurement est sans fond. Et dire qu’ils chantent la Marseillaise à la moindre occasion. Sans doute pour plaire aux va-t-en-guerre de tout poil qui rêvent d’un conflit armé chez nous.

  2. Mme Wapler:
    Je pense aussi que vous avez raison. Trop de choses coïncident . Il est évident que des pays tirant leur richesse de la dépendance pétrolière de la France… et d’autres pays, cherchent à influencer sa politique. Il ne serait pas étonnant qu’ils subventionnent certains groupes politiques pour empêcher l’exploitation du pétrole de schiste par exemple ou pour arrêter nos centrales nucléaires … voire construire des mosquées en France.
    Qu’ils achètent des bons du trésor français est tout aussi évident. C’est exactement ce que fait la Chine avec les USA. Mais je me demande s’il sera facile de les démasquer. Tout simplement car tout cela suppose des complicités politiques de haut niveau.
    A mon sens, les mondialistes ( au 1ier rang desquels les grosses entreprises US) jouent aussi ce rôle : acheter la dette pour continuer à engranger les bénéfices au détriment des peuples.

  3. You are missing the connections
    Continue to build the Map

    infinite rehypothecation
    cavalerie
    100% BS

    https://www.thenational.ae/business/banking/qia-brought-20bn-back-from-abroad-to-support-qatari-banks-1.720096

    drain the swamp

    Trust the plan

    Goldspeed Simone

  4. Tout à fait d’accord avec vous, une transparence plus grande concernant à qui nous devons de l’argent (public) est nécessaire, surtout dans le climat guerrier actuel.

    A mon humble avis, le poids de la Chine n’est pas à négliger non plus: acheter de la dette française est une bonne diversification des risques et une bonne porte d’entrée pour acheter d’autres actifs (entreprises, brevets, terres agricoles,….).

Laissez un commentaire