Le « risque Trump » et autres considérations

Rédigé le 13 juin 2016 par | Article, Bill Bonner, Desinformation Imprimer

Ce week-end, nous avons monté une clôture en bois. Ce n’était pas facile. Dans une petite ferme, rien ne fonctionne comme il le faudrait.

En quelques minutes, nous étions trempé de sueur. Des tiques rampaient sur nos mollets. Pire encore, nous avions à peine avancé. En deux jours, nous n’avons posé que 20 poteaux… il en reste 130 à faire.

Le progrès était lent. Mais au moins, il était réel.

Nous réfléchissions à la lâcheté… qui semble avoir envahi nos sociétés actuelles.

Les électeurs, les patriotes, les investisseurs — on trouve bien peu de Mohammed Ali parmi eux.

Ali était l’un des rares « vrais » héros de l’époque du Vietnam, avons-nous dit. Il a défié le système. Il a dit ce que la majorité des Américains pensait probablement : nous n’avons rien contre les Viet Cong.

L‘individu moyen préfère se cacher derrière des concepts solennels et des fantasmes flatteurs

Mais l’individu moyen préfère se cacher derrière des concepts solennels et des fantasmes flatteurs. Plutôt mourir que défier le système.

Il pense qu’il contrôle le pays… ses fils et ses filles, qui protègent la nation, sont des héros… la Fed s’assurera que rien ne tournera trop mal pour l’économie…

De quel côté êtes-vous ?

Un expert lui dit que le climat planétaire change. Le citoyen lambda affirme qu’il se sent concerné. Ce n’est pas que nous ne le croyons pas ; simplement, nous ne savons pas ce que ça signifie.

Est-ce bien ? Est-ce mal ? Est-ce que le pique-nique de dimanche s’en trouvera gâché ? Ou bien est-ce que les récoltes iront mieux ? Est-ce une clôture ou une clownerie ?

Nous n’en savons rien. Nous savons seulement que le soleil brille, ici et maintenant.

On honore les morts les jours d’armistice ; on se souvient de ceux qui sont tombés pour leur patrie.

Bien entendu. Mais qui et pourquoi ?

Par une chaude journée d’été en 1863, durant la bataille de Culp’s Hill, non loin de Gettysburg, le régiment du Maryland s’est vu ordonner d’attaquer. Leur commandant, le brigadier général Steuart (un lointain cousin) a protesté. Ce serait du suicide, a-t-il dit. Puis il s’est pris la tête entre les mains et s’est exclamé : « mes pauvres petits gars ! »

Plus de la moitié ont été tués.

De quel côté êtes-vous… ou le citoyen lambda est-il ? Quel « pays » servez-vous ?

Votre capitale ? Le fin fond de la campagne ? Les péquenauds de l’intérieur ? Ou les bobos citadins ? La droite ou la gauche ? Les chrétiens fondamentalistes ou les musulmans fondamentalistes ?

Attendre… et observer

Les valeurs US restent proches d’un sommet historique.

La présidente de la Fed, Janet Yellen, a rassuré les investisseurs. Si les taux grimpent et les valeurs chutent, ce ne sera pas de sa faute. Elle prendra tout son temps pour augmenter les taux.

Nous restons donc en mode « attendre et observer ».

C’est l’une des choses que l’économiste Herbert Stein devait avoir en tête. Comme il l’a formulé : « si une chose ne peut pas durer éternellement, elle cessera ».

La Fed ne peut demeurer en état d’urgence permanent. Il faudra que ça prenne fin un jour

La Fed ne peut demeurer en état d’urgence permanent. Il faudra que ça prenne fin un jour.

Le plus étonnant est que ce ne se soit pas déjà terminé… et impossible de dire combien de temps ça continuera encore.

En attendant, les sottises coulent comme de la bière lors d’une finale de l’Euro.

Le « risque Trump »

L’un des fournisseurs les plus importants (parmi d’autres, très nombreux) de mythes et de fraudes est l’enfant prodige du MIT et ancien secrétaire au Trésor US, Larry Summers.

Dans un article du Financial Times, il fait feu sur le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump.

Il y a de nombreuses bonnes raisons de penser que Trump est un charlatan, mais aucune d’entre elles ne semble venir à l’esprit de M. Summers.

Il fait plutôt référence au « risque Trump », qui, selon lui, mesure les dommages que Trump occasionnerait à l’économie américaine s’il était élu.

« Les conséquences économiques d’une victoire de Trump seraient graves », affirme M. Summers en titre.

Sauf qu’il n’a aucun moyen de savoir quelles seraient ces conséquences, sans parler de leur degré de gravité.

Seraient-elles pires que si Mme Clinton était élue ?

Personne ne le sait.

« S’il est élu, je m’attends à ce qu’une récession commence dans les 18 mois ».

Quoi ?

Regardez les chiffres. Au cours des 12 derniers mois, la croissance du PIB US a baissé de manière constante, trimestre après trimestre. De 3,9%… à 2%… à 1,4%… à 0,8%.

Sous 18 mois, il devrait y avoir une récession prolongée — et peu importe qui est élu à la Maison Blanche.

Des mensonges bien pratiques

M. Summers reprend également le thème d’Hillary : si M. Trump était aux commandes, le pays — le monde ! — ne serait pas en sécurité.

« Qui dormirait sur ses deux oreilles avec un président Trump contrôlant le FBI et la CIA ? »

« Qui dormirait sur ses deux oreilles avec un président Trump contrôlant le FBI et la CIA ? » demande-t-il.

Il n’a pas tort.

Mais attendez… personne ne devrait dormir sur ses deux oreilles — et là encore, peu importe qui est à la Maison Blanche. Ces agences sont de toute évidence hors de tout contrôle… et ce depuis de nombreuses années.

Rappelez-vous que ce sont des francs-tireurs de la CIA qui ont lancé l’invasion de la Baie des Cochons — apparemment sans en informer le président Kennedy. Et c’était il y a plus d’un demi-siècle.

Kennedy jura d' »exploser » l’organisation en mille morceaux, qu’il jetterait « aux quatre vents ». A la place, c’est JFK qui a explosé.

Depuis, le Deep State s’est développé aussi vite que le crédit qui le nourrit.

C’est bien là la différence entre la politique et une clôture… Plus les proportions sont grandes et loin de nous, moins nous savons vraiment ce qui se passe.

Nous avons alors recours à des mensonges bien pratiques pour remplir les cases vides… jusqu’à ce que « les pauvres petits gars » meurent.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

7 commentaires pour “Le « risque Trump » et autres considérations”

  1. bien dit !
    Voilà ce qui devrait être claironner partout dans nos journaux.

    La mafia du « deep state »

    Mais malheureusement si peu de gens savent cela…

  2. «  » »Mais l’individu moyen préfère se cacher derrière des concepts solennels et des fantasmes flatteurs. Plutôt mourir que défier le système. » »

    Et qqe fait le vieux Bill pour défier le système ? A moins qu’il ne soit encore plus lâche que les individus moyens et attende qu’ils combattent ce système à sa place ? Ou alors à moins que le vieux Bill soit partie intégrante du système oppresseur ?

  3. bga80 est toujours dans son rôle de vierge effarouchée dans ce blog.
    Je suppose que bga80 à la solution clé en main à tout les problemes de l’humanité et qu’il va nous apprendre comment le monde devrait être avec un bon discours bisounours sur le « monde est méchant ».

  4. Bonjour,
    Je suis toujours « surpris de constater » que chacun s’exprimant dans cette rubrique, se met en « situation » pour formuler son « avis sur ce qui se passe  » en Amérique!!!
    Pour la plupart du temps , on s’en « fout » totalement » car laissons les Américains règler leurs problèmes eux-memes , ce qu’il « savent parfaitement faire », d’ailleurs!!
    Pour ce qui nous concerne, nous avons assez à faire pour que les choses , qui ne vont pas tres »bien « chez nous, notamment au moment des élections , pour mettre en « place commes responsables » des « gens » qui auraient été + utiles au Pays en « cultivant leurs légumes « !!!!!: mais c’est ainsi, alors assayons d’etre  » + pragmatiques » « en attendant le « prochain tour « !!!!!

  5. @ Ity78

    Disons que je préfère une approche de Simone Wapler lorsqu’elle dit que les autorités rendent dépendant la population de l’État ou plus exactement du gouvernement. La plupart des habitants d’une population ne demande qu’à vivre de son boulot, mais trouver un emploi est devenu quasi-impossible, ou créer son propre job l’est tout autant, c’est à dire que c’est compliqué d’obtenir des moyens de production par l’intermédiaire d’un prêt et ainsi pouvoir se lancer. Donc, les autorités font tout pour tenir la population par le ventre avec comme instrument les aides sociales, les autorités entravent la volonté d’autonomie des individus, tout en les culpabilisant de paresse en parallèle. Puis l’arme monétaire fait le reste….

    Pour en revenir à Bill, je ne vois pas ce qu’il y a de drôle que d’envoyer des pauvres petits gars à l’abattoir. Que propose-t-il pour lutter et remettre en question le système ? (à part nous raconter qu’il va acheter de l’or et planquer ses lingots )

  6. et bien moi j’adore les chroniques de Bill et sa façon décalée de présenter les choses les plus graves.
    je pense qu’il est blessé intérieurement par toute cette connerie, par la bêtise infantile dont la pluprt des gens fait preuve. il a le courage, justement, de profiter de sa tribune pour dire les choses qu’il voit et comprend, pour essayer de les partager avec nous (c’est ce qui me rendent ses chroniques si précieuses), afin de nous aider à comprendre aussi et à être moins dupes des mensonges et tromperies dans lesquelles nous baigons tous, lui y compris.
    il ne serait pas du tout obligé d’écrire tout cela et pourrait se contenter de compter ses lingots.

  7. Parce que vous cherchez des sauveurs extérieurs ? Qu’est-ce que le bien, qu’est ce le mal ? Réponse : Même s’il arrive parfois à l’être humain d’être altruiste, malgré tout chacun agit pour son bien avant-tout ! (et Bill n’échappe pas à la règle), quant au mal, c’est lorsqu’on sait que l’on agit dans l’intention de nuire à quelqu’un ! Moral de cette histoire : Soyez avant tout votre propre sauveur ainsi que de vos proches, car après tout ce que peut vous dire Bill ce n’est pas lui qui vous sauvera !

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