Les quatre piliers de cette nouvelle hausse de l’or qui commence

Rédigé le 23 juin 2016 par | Or et Argent, Simone Wapler Imprimer

Il ne vous a probablement pas échappé que l’or avait brièvement touché 1 300 $ l’once. En général, les grands médias financiers ne parlent de l’or qu’en dollar. C’est normal, ils s’adressent à des gens qui peuvent intervenir sur le marché des devises. Mais pour nous, l’évolution de l’or dans la devise dans laquelle nous vivons et dépensons est importante.

Depuis le début de l’année, voici l’évolution des cours de l’or dans différentes grosses devises.

DeviseAugmentation du prix de l’or en% en 2016
Livre britannique+20,32
Dollar+18,45
Franc suisse+14,91
Euro+14,84
Dollar canadien+9,63
Yen+2,63

Source : kitco.com

Si Madame Michu, Mrs Smith, Frau Muller ou Suzuki-san avaient acheté de l’or en 2008 et s’étaient sagement assises dessus, elles seraient largement gagnantes aujourd’hui

Dans toutes ces devises, l’or s’échange pour plus cher qu’en octobre 2008. Certes, il est beaucoup moins cher qu’en août 2011, paroxysme de ce qui fut ensuite nommé « crise de l’euro ». Mais si Madame Michu, Mrs Smith, Frau Muller ou Suzuki-san avaient acheté de l’or en 2008 et s’étaient sagement assises dessus, elles seraient largement gagnantes aujourd’hui.

Selon nous, une nouvelle étape de la hausse de l’or débute. La semaine dernière, j’ai interviewé Jim Rickards au sujet de son livre Nouveau plaidoyer pour l’or, dont j’ai eu l’honneur de préfacer l’édition française.

En 1980, neuf ans après l’abandon officiel par les Etats-Unis de l’étalon-or, les cours de l’or flambèrent. Une forte pression en faveur d’un retour à l’étalon-or s’exerçait et Ronald Reagan institua une commission qui se prononça contre. Une minorité importante siégeant à ladite commission ne partageait cependant pas cet avis. Afin de faire connaître ses arguments, cette minorité publia un « Plaidoyer pour l’or » qui rencontra un vif succès.

La fin du monopole bancaire ! Lancée en 2002, une start-up est sur le point de donner une véritable correction aux banques européennes en s’octroyant 5 milliards d’euros de transactions.Elle va devenir le leader européen du commerce en ligne. Pour le moment, elle ne cote que 7 €… mais son cours pourrait doubler dans les mois qui viennent… avant de s’envoler plus haut encore. Comment en profiter ? Cliquez ici pour tout savoir.

Pour Jim, les arguments de 1980 méritent d’être dépoussiérés à la lumière de la croissance hallucinante des dettes publiques et privées et surtout de la dématérialisation de la monnaie existant essentiellement sous forme de lignes de crédit inscrites dans des mémoires informatiques. D’où ce nouveau plaidoyer.

Une différence fondamentale

Jim et moi, nous ne vivons pas dans la même monnaie. Jim est américain et vit en dollar. Je suis française, résidente en France et vis en euro. Nos conclusions convergent, à quelques nuances près. J’ai pu, en parlant avec Jim, éclaircir un point très important. Ainsi, Jim dit souvent que le dollar va baisser. Lorsqu’il dit « le dollar va baisser », il parle comme un Américain, du pouvoir d’achat du dollar. Il pense que le dollar de demain achètera moins de choses que le dollar d’aujourd’hui. Il ne présume pas de la parité euro-dollar, ou de la parité yen-dollar ou encore de la parité livre-dollar.

La spéculation sur l’évolution à court terme des parités monétaires est un autre sujet passionnant mais ce n’est pas mon sujet du jour.

Un marché haussier bien parti…

Revenons à notre tableau du début. Toutes les monnaies achètent moins d’or depuis le début de l’année. Et toutes les monnaies achètent moins d’or qu’en 2008. En 2016, le PIB de la Zone euro est à peu de chose près identique à celui de 2008. Mais il y a 27,5% de monnaie (crédit en plus).

Si la quantité de monnaie augmente bien plus vite que la quantité de ce qui s’échange, le prix de ce qui s’échange va augmenter. En l’occurrence, la hausse la plus criante est aujourd’hui celle des actifs financiers et surtout des obligations.

Malgré des marchés financiers euphoriques, les gens sentent bien que quelque chose ne va pas

Malgré des marchés financiers euphoriques, les gens sentent bien que quelque chose ne va pas, que les taux négatifs signalent quelque chose de très grave et que les élites pataugent.

Même le professeur d’université keynésien Kenneth Rogoff, auteur de Cette fois c’est différent – Huit siècles de folies financières conseille aux banquiers centraux des pays émergents d’acheter de l’or plutôt que de placer leurs excédents dans la dette de leurs riches clients étrangers.

Selon moi les piliers de cette nouvelle hausse de l’or sont les suivants :

– Les taux sont négatifs, conserver de l’argent coûte. 10 000 milliards de dollars cherchent potentiellement un abri contre les taux négatifs. – Les banquiers centraux qui le peuvent se tournent vers l’or. – L’or déjà sorti de terre est de moins en moins disponible. Ceux qui en ont le conservent. – La production minière plafonne

Au fur et à mesure que la confiance dans les banquiers centraux et dans le système monétaire s’effrite, l’or va continuer à grimper. Le dollar est de moins en moins vu comme un refuge car les taux d’intérêt réels en dollar sont négatifs. En effet, les taux courts (Fed Funds Rate) sont à +0,5% et l’inflation américaine s’établit à 1,1%. Le taux d’intérêt réel est donc de -0,6%. Jim a raison : le dollar s’effrite ; le fait que les autres monnaies baissent plus encore ne doit pas brouiller votre vision.

Oui, ce nouveau marché haussier de l’or semble bien parti.

[NDLR : Non seulement il est bien parti… mais il existe un moyen de le multiplier par 192. Oui, vous avez bien lu ! Tout est expliqué ici…]

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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