Patrimoine, inflation et taux zéro

Rédigé le 22 mars 2017 par | Banques Centrales, Simone Wapler Imprimer

Cela va peut vous paraître étrange vu de la France, mais l’euro pourrait rapidement mourir d’inflation.

Tout l’artifice des systèmes monétaires actuels tient à un postulat : un banquier central sait exactement combien de monnaie – c’est-à-dire de crédit – il faut injecter dans une zone monétaire donnée. Il le sait au vu de grandes statistiques telles que la croissance, les indices de prix, le chômage, etc.

Le paradoxe de la situation actuelle est que certains pays de la Zone euro sont en proie à l’inflation et que la Banque centrale européenne sera incapable de la contrer puisque toute hausse des taux serait insupportable aux pays surendettés (dont la France).

La divergence de l’inflation dans les pays partageant l’euro ne pourra donc pas être correctement traitée par la Banque centrale européenne.

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Nous ne prétendons pas à l’omniscience des banquiers centraux. Notre préoccupation dans ces Chroniques est différente : trouver des moyens pour préserver notre patrimoine et investir au mieux notre épargne dans un monde d’inflation, de crédit gratuit et de taxation spoliatrice. S’occuper de nos oignons occupe la plus grosse part de notre pauvre cerveau dont la capacité est évidemment très inférieure à celle des cervelles de Mario Draghi, Michel Sapin, Catherine Lagarde…

Aujourd’hui, Le Figaro publie son feuillet patrimoine. On peut y lire :

« La Bourse monte plus avec la gauche au pouvoir. »

Le quotidien avance certaines explications :

« La ‘gauche’ peut plus facilement faire passer des réformes douloureuses pour les salariés que la ‘droite’. D’autres rappellent que la ‘gauche’ arrive au pouvoir lorsque l’économie va bien et que la ‘droite’ est appelée aux affaires pour redresser la barre quand tout va mal« .

Ces clichés se contredisent. La  » gauche  » opprimerait les salariés ce qui augmenterait les bénéfices des entreprises. Mais pourquoi le ferait-elle puisqu’elle est appelée quand  » tout va bien « .

Que nous soyons gouvernés par la  » gauche  » ou par la  » droite « , inexorablement, la mainmise de l’Etat sur l’économie s’est renforcée jusqu’à maintenant atteindre 57%. Le secteur privé est devenu minoritaire en France. Des bureaucrates et des fonctionnaires ont en main le destin de notre pays.

« La Bourse » est avant tout le CAC 40 qui comprend des grandes entreprises internationales. Leurs chiffres d’affaires et leurs marges dépendent peu de l’activité nationale.

La différence entre les étatistes de gauche et les étatistes de droite est l’ouverture du robinet du crédit. Toujours en grand pour les premiers. Qui a le plus facilement accès un crédit ? Les grandes entreprises multinationales bien notées par les agences. Elles vont donc investir en profitant de ce privilège. Ce faisant, elles étouffent la concurrence des « petits » qui payent plus cher leur développement.

Ensuite, les étatistes de droite arrivent « aux affaires » (pour reprendre la terminologie du Figaro). Effrayés du débit du robinet de la création de crédit, ils vont non pas le fermer, mais trouver des recettes fiscales pour essayer de rétablir la situation.

A notre échelle, lorsque le crédit n’est pas cher, cela signifie que nous payons très cher tous nos investissements. Les acheteurs « au comptant » sont rares dans de nombreux domaines et surtout l’immobilier. Le crédit presque gratuit multiplie les acheteurs pour une offre limitée. Celui qui paye comptant paye donc trop cher car il se retrouve en concurrence déloyale avec de multiples acheteurs qui n’existeraient pas si les taux étaient plus élevés.

Le système monétaire fondé sur le crédit organise un transfert de richesse au profit de ceux qui ont accès au crédit facile : grands dirigeants de multinationale, établissements publics et bénéficiaires de la redistribution. La classe moyenne perdante du système vote de plus en plus mal…

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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