Les espions sont parmi nous

Rédigé le 29 juin 2018 par | Bill Bonner, Deep State, Desinformation Imprimer

C’est la Saison du Marigot… et ceux qui l’alimentent sont justement ceux qui étaient censés le drainer.

Les marchés sont en baisse ces derniers jours.

Nous sommes d’avis – et ce n’est qu’un avis pour l’instant – que les actions américaines ont atteint leur sommet le 26 janvier 2018. Elles sont désormais sur une tendance baissière… qui durera probablement longtemps. [NDLR : N’attendez pas que les choses s’aggravent pour prendre des mesures de protection – cliquez ici pour mettre en place votre plan de survie dès maintenant.]

Les barrières commerciales renaissent. Les accords gagnant-gagnant cèdent la place à des accords gagnant-perdant. Le gouvernement s’accroît. La dette augmente. Et les taux d’intérêt grimpent.

C’est la Saison du Marigot.

Les bestioles du marigot profitent déjà de milliards de dollars de contrats, d’heures facturables et de frais de lobbying grâce à la nouvelle « guerre commerciale » de Donald Trump.

Chacun des 1 102 produits chinois ciblés par l’administration, par exemple, a un fabricant, un propriétaire et un concurrent.

Et chacun d’entre eux est en ce moment même en train d’écrire un chèque – à leur représentant syndical, à un avocat, un lobbyiste ou un politicien – pour tenter d’obtenir de meilleures conditions.

Aujourd’hui, les initiés anticipent des centaines de milliards supplémentaires alors que le président attire dans la vase, à son tour, le secteur le plus dynamique des Etats-Unis.

Oui, il installe toute une nouvelle bureaucratie, sous le Foreign Investment Risk Review Act (FIRRMA, loi d’encadrement du risque sur les investissements étrangers), destinée à surveiller et approuver tout transfert de technologie qui pourrait affecter la sécurité nationale américaine… ou, selon le président lui-même, sa prospérité :

« Si le Congrès n’approuve pas une législation FIRRMA vigoureuse qui protège mieux les joyaux de la couronne de la technologie et de la propriété intellectuelle américaine contre les transferts et les acquisitions qui menacent notre sécurité nationale – et notre future prospérité économique –, j’ordonnerai à mon administration de déployer de nouveaux outils, développés sous les autorités existantes, qui le feront au niveau global ».

Attention à ce que vous pensez

Quasiment toutes nos idées, nos pensées, nos transactions passent désormais par une forme ou une autre de technologie. Chacune d’entre elles pourrait avoir des conséquences sur la sécurité ou la prospérité.

Vous voulez vendre vos gadgets informatisés en Chine ? Non, impossible. Ils pourraient les désosser et les imiter.

Et votre logiciel de coordination logistique ? Nan nan. Ils pourraient apprendre quelque chose d’important.

Vous voulez faire un partenariat avec une entreprise européenne… ou acheter vos plaques de silicium en Inde ? Attendez… nous devons vérifier… au fait, vous avez versé des contributions électorales, ces derniers temps ?

La dernière question est la plus parlante. Elle révèle le véritable effet du programme entier : augmenter le pouvoir et la richesse du Deep State.

Le « vilain petit secret » de l’Amérique de Donald Trump…

… et comment les élites mondiales vont y mettre fin

… Ouvrant ainsi des opportunités de gains à trois chiffres pour les investisseurs français !

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Bientôt, ils n’auront même plus besoin de poser cette question. Parce que – pour en revenir aux sinistres points que nous avons examinés hier – ils sauront déjà.

Données financières, données téléphoniques, données informatiques… conversations… historique d’achats… appartenance religieuse… affiliation politique… clubs… amis… livres, films… plaisanteries…

Lundi, nous sommes allé faire examiner nos pneus. On nous a dit que nous avions besoin d’en acheter de nouveaux.

Mardi, une publicité pour des pneus nous attendait dans notre boîte e-mail. Comment savaient-ils ?

Avez-vous dépassé les limitations de vitesse sur votre chemin ? Avez-vous visité un site coquin ? Avez-vous ri quand votre beau-frère a fait une plaisanterie sur le président, ou bien avez-vous oublié de renvoyer le formulaire du recensement ?

Les services secrets de Staline n’arrivaient pas à suivre tout le monde en permanence. Aujourd’hui, avec l’arrivée du Big Data… c’est simple comme bonjour.

Espionnage américain

Provenant d’Amazon, Google, Facebook, Netflix, des GPS, des moteurs de recherches, de la reconnaissance faciale, des cartes de crédit et d’une myriade d’autres innovations technologiques… les données affluent dans les vastes centres d’espionnage déjà en fonctionnement dans huit villes américaines… où elles sont traitées… examinées… et analysées.

Ce programme de surveillance, nom de code FAIRVIEW, est opérationnel depuis 1985. Le magazine en ligne The Intercept a les détails :

« Atlanta, Chicago, Dallas, Los Angeles, New York, San Francisco, Seattle et Washington DC. Dans chacune de ces villes, The Intercept a identifié un établissement AT&T contenant des équipements véhiculant de grandes quantités de trafic internet dans tous les Etats-Unis et le reste du monde. Un ensemble de preuves – notamment des documents classés de la NSA, des documents publics et des entretiens avec plusieurs anciens employés d’AT&T – indique que ces bâtiments sont essentiels pour un programme d’espionnage de la NSA qui, depuis des années, surveille des milliards d’e-mails, d’appels téléphoniques et de chats en ligne passant sur le territoire américain ».

A présent, FIRRMA contribue à amener le Big Data – qui fonctionne déjà avec de gigantesques contrats gouvernementaux – encore plus complètement sous le contrôle du Deep State.

Une démocrate comme Hillary Clinton, en faveur d’un gouvernement étendu, aurait voulu développer le Deep State. Mais aurait eu à affronter l’opposition implacable et instinctive des républicains, dont les genoux auraient tremblé à chaque fois qu’elle aurait suggéré une expansion de son autorité. Elle en aurait été empêchée. Le Deep State aurait dû attendre.

Mais voilà qu’arrive The Donald… et le royaume des cieux s’ouvre à eux : les républicains sont debout, poussant des vivats devant le grand gouvernement qu’ils méprisaient il y a une génération. C’était le diable en personne dans les années 80 ; aujourd’hui, c’est un ange.

A présent Big Brother… géré par le Deep State et dirigé par Donald Trump… devient réalité : il restreint le flot d’informations… manipule l’opinion publique… contrôle l’argent et la manière dont il est utilisé… et, enfin, détecte et supprime toute opposition.

Déjà, lorsque vous faites des recherches sur internet, les moteurs de recherches (Google !) vous dirigent vers là où ils veulent que vous alliez. Ils peuvent s’assurer que vous voyiez ce qu’ils veulent que vous voyiez… et vous empêcher de voir ce qu’ils ne veulent pas que vous voyiez.

La Chine a de l’avance sur nous dans ce domaine. Dans notre bureau de Pékin, par exemple, nous devons faire attention à ce que nous écrivons… sans quoi les lecteurs ne recevront pas nos messages. Et les autorités chinoises pourraient nous arrêter !

Subtil contrôle

Aux Etats-Unis, le système de contrôle est plus subtil. Nous sommes surveillés par des entreprises du « secteur privé » (dont la R&D a peut-être été financée par les autorités… dont la capitalisation boursière a été gonflée par l’argent factice de la Fed… et dont les profits peuvent dépendre de juteux contrats avec les autorités), et nous devons suivre des règles que nous n’avons pas la permission de voir.

Si nos réflexions sont trop « extrêmes »… ou trop « effrayantes »… nous n’irons pas loin sur la Toile.

Imaginez que ce cône de silence technologique ait régné aux environs de 1939. Imaginez que nous ayons vu venir une période sombre… avec une guerre mondiale… des massacres… des camps de concentration… et 50 millions de morts.

Si les modérateurs de Google et Facebook (appuyés par les autorités) avaient été là à l’époque, jamais nous n’aurions été autorisé à le dire !

Aujourd’hui, ils sont bel et bien là. Et ils semblent s’associer au Deep State pour créer une société où il y a bien peu de place pour le désaccord ou le conservatisme traditionnel.

Comme nous l’avons suggéré hier, il existe un combat invisible permanent. Il oppose les initiés des élites, avec leurs accords gagnant-perdant… aux gens ordinaires, avec leurs accords gagnant-gagnant.

Oui, cher lecteur, c’est un combat immémorial :

… Ceux qui fabriquent sont toujours forcés de se protéger contre ceux qui prennent…

… La société civile est toujours menacée par les barbares…

… Et l’hôte se bat toujours contre les parasites.

Les innovations technologiques de ces 30 dernières années semblent avoir donné un gros avantage aux parasites : vraiment, c’est la Saison du Marigot.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Les espions sont parmi nous”

  1. Dans les années 70, le pouvoir était déjà entre les mains de politiciens avides, mégalo et hargneux. De jeunes étudiants protestaient sur les campus et dans les rues, alors que le mouvement hippie s’étendait dans le monde occidental avec ses fleurs, ses communautés, sa philosophie de l’amour libre et universel.
    Despotisme, tyrannie, démocratie, démagogie, despotisme, etc.. Se suivent plus ou moins dans cet ordre depuis des millénaires. Action : Réaction. C’est ainsi que fonctionnent les sociétés humaines.
    Le succès des « contrariens » est assuré à la seule condition qu’ils ne soient pas trop en avance.
    Quelle sera la réaction humaine à la société « Technologique » ? Il faudra probablement attendre une génération pour le constater, si la méga-bombe démographique n’a pas exploser d’ici là.

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