Des marchés actions à l’assurance-vie, les banques centrales truquent le casino

Rédigé le 23 octobre 2014 par | Epargne, Simone Wapler Imprimer

▪ Est-ce le grand krach qui va nous croquer à la sauce 2000, 2008… ou n’est-ce qu’une "consolidation" qui nous offre une opportunité d’achat, pour reprendre la terminologie chère aux traders ?

"Vendez tout et fichez le camp pour sauver votre peau"

"Vendez tout et fichez le camp pour sauver votre peau", conseillait le vendredi 17 octobre un investisseur légendaire, Jim Rogers, co-fondateur du Quantum Fund qui partage l’analyse du stratège de la Société Générale Albert Edwards.

Mais il y aura bien un QE4 pour que les marchés actions ne se vautrent pas au tapis, non ? C’est effectivement ce que tout le monde veut croire. Les marchés ne peuvent plus baisser, ou tout au moins, leur baisse ne peut être que limitée. Les banques centrales sont là.

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Peu de gens le savent… mais avant de se faire éjecter du gouvernement, le locataire de Bercy a réalisé un véritable coup de maître…

Il a manoeuvré pour qu'un futur leader de l'industrie européenne – sur le point d'être racheté par les Américains – reste en France et par là-même, pour que les investisseurs particuliers comme vous puissent en profiter.

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Avant, pour que des cours de Bourse montent, il fallait que les entreprises aient des perspectives de chiffre d’affaires et de bénéfices en hausse. Maintenant, il suffit que des entreprises empruntent pour pas cher et rachètent leurs propres actions.

Mais le procédé est-il éternel ? L’annonce chez IBM d’un recul de 99% de son bénéfice et de 4% de son chiffre d’affaires a été plutôt mal accueillie. Le cours d’IBM a perdu plus de 7%. Depuis 2012, IBM a dépensé 37 milliards de dollars pour racheter ses propres actions ; sa dette est de 36,1 milliards de dollars et elle verse un dividende de 2,40%. Sa capitalisation est désormais de 169 milliards de dollars, presque 13 milliards partis en fumée, mais la dette, elle, reste.

rachat d'actions par IBM

dette d'IBM

▪ Est-ce qu’un QE4 peut faire monter le cours d’IBM qui vend moins et fait moins de bénéfice ?
Cela m’est égal, j’ai décidé de rentrer en hibernation, je colle à la stratégie de Bill Bonner : on achète des actions lorsqu’elles ne sont pas chères et on les vend lorsqu’elles sont trop chères. On les achète avec un ratio cours sur bénéfice inférieur à 10 et on les revend dès que le ratio cours sur bénéfice est supérieur à 20.

Il faut avoir le courage de ne rien faire malgré les boniments du consensus

Entre temps, il faut avoir le courage de ne rien faire malgré les boniments du consensus. IBM se paye 10,65 fois ses bénéfices : c’est trop cher… et même beaucoup trop cher pour une entreprise dont le chiffre d’affaires baisse.

Depuis que les taux d’intérêt sont manipulés à la baisse et que l’impression monétaire est la règle, les marchés sont devenus un casino où la triche est la norme. Imaginez un joueur naïf. Il change son vrai argent, qu’il a honnêtement acquis, contre des jetons du casino. Il pénètre dans la salle de la roulette (ou du baccara, ou de la boule, peu importe). Là, il s’attable avec des joueurs professionnels à qui les croupiers donnent des jetons.

Si ces joueurs professionnels sponsorisés par les croupiers perdent, ils reçoivent encore plus de jetons pour se refaire une peau. C’est vrai dans la salle des marchés actions et c’est vrai aussi dans la salle des marchés obligataires.

▪ Et pour l’euro ?
Mario Draghi, croupier en chef de la table euro, va-t-il intervenir pour que les taux d’emprunt à 10 ans de la Grèce qui dépassent à nouveau 8% retombent ? Va-t-il la racheter pour que les joueurs sponsorisés qui ont acheté de la dette souveraine grecque depuis 2012 ne se retrouvent pas en difficulté ? Le consensus le pense… mais une ancienne de Goldman Sachs, Natacha Valla, dans l’émission C dans l’air intitulée "Budget, l’épreuve de sincérité", indiquait le 15 octobre à propos de l’assurance-vie en euros :

"Si la dette qui est en face des contrats d’assurance-vie perd 50% de sa valeur, à mon avis, il faudra que quelqu’un prenne la perte".

Ce quelqu’un peut-être l’épargnant, le contribuable ou l’assureur (si Mario refuse de lui donner d’autres jetons). Interrogée sur le sort de l’assurance-vie, Natacha Valla répond : "moi, je n’ai plus d’assurance-vie". Au moins c’est clair : plutôt que de jouer avec des tricheurs, les ours avertis rentrent en hibernation.

Croyez-vous une minute que notre joueur naïf attablé avec les joueurs sponsorisés aux jetons gratuits va revoir la couleur de son vrai argent

Croyez-vous une minute que notre joueur naïf attablé avec les joueurs sponsorisés aux jetons gratuits va revoir la couleur de son vrai argent ? Les professionnels prudents — Jim Rogers, Charles Gave, Natacha Valla et d’autres comme Mohamed El-Erian, l’un des gérants du plus gros fonds obligataire mondial PIMCO — ont déjà quitté les salles du casino. Ils ont préféré changer leurs jetons contre du vrai argent.

Les langues de certains joueurs professionnels commencent à se délier, ce qui laisse penser que ce système de tricherie organisée par les gouvernements et les banques centrales touche à sa fin. Les ours qui auront encore du vrai argent sortiront ensuite de leur tanière.
[NDLR : Comment vous assurer d’avoir encore du "vrai argent" après le krach ? Continuez votre lecture pour le savoir…]

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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