Il y a des choses sur lesquelles on peut compter

Rédigé le 13 novembre 2007 par | Epargne Imprimer

** En dépit de la confusion et de la désinformation habituelles de la presse financière, vous pouvez compter sur un certain nombre de choses.

* Premièrement, les prix de l’immobilier baissent. En théorie, ils doivent baisser — parce que la famille moyenne ne peut plus se permettre d’acheter une maison moyenne. Cette situation ne peut pas durer longtemps. Si la famille moyenne n’achète plus la maison moyenne, qui le fera ? Personne. Son prix baissera donc jusqu’à ce que la famille moyenne soit à nouveau en mesure de l’acheter. Plutôt simple, non ?

* Bien entendu, cela ne signifie pas pour autant qu’elle baissera en termes nominaux. Les prix pourraient rester les mêmes tandis que l’inflation augmente les autres prix — ainsi que les revenus familiaux. Mais en termes réels, l’effet est le même : le prix de l’immobilier doit baisser.

* Deuxièmement, les profits des entreprises baissent. Ils baissent parce qu’ils baissent toujours après avoir grimpé. C’est comme ça que va le monde. Chaque fois que vous pouvez gagner une somme exceptionnelle, vous trouverez un nombre exceptionnel de gens voulant vous l’enlever. La concurrence réduit les marges. Certaines entreprises font des profits exceptionnels parce qu’elles ont pu sous-traiter en Asie… mais les coûts de main d’œuvre grimpent en Asie aussi. D’autres entreprises ont fait des profits exceptionnels parce qu’elles se sont aventurées dans le secteur de la finance — comme General Motors. Mais tout à coup, la finance n’est plus ce qu’elle était il y a quelques années. D’une manière ou d’une autre, les marges vont diminuer.

* Troisièmement, les prix des actions vont baisser. Là aussi, ils pourraient baisser en termes nominaux… ou ils pourraient être laminés par l’inflation. D’une manière ou d’une autre, les actions vont chuter. Pourquoi ? Parce que les marges baissent. Parce que les primes de risque grimpent. Et parce que la marée d’argent qui faisait flotter les cours est en train de se retirer.

* Quatrièmement, la classe moyenne américaine va devoir se débrouiller avec moins d’argent. Le niveau de vie chutera pour la plupart des gens. Leur actif principal — la maison — baisse. Ils sont déjà profondément endettés, alors que le prix de la dette grimpe. Leur seul espoir de progrès, c’est de gagner plus. Mais avec deux milliards de travailleurs en Asie, une hausse des salaires ne semble guère probable. Pour y parvenir, il faudrait des investissements colossaux dans l’équipement et la formation — de l’argent que l’on gaspille pour l’instant entre consommation et guerre.

** Qu’en est-il de l’or ? Le métal jaune semble prêt pour une correction. Il a grimpé très haut, très vite ; il a sans doute besoin de faire une pause.

* Ceci dit, l’or, lui aussi, a quasiment toutes les chances de grimper à long terme. C’est l’anti-dollar… l’antidote aux manipulations financières, à la dette, aux dérivés, et aux devises papier en général. C’est ce que les gens achètent lorsqu’ils commencent à douter du fait que les autorités financières savent ce qu’elles font. Notre supposition : grimper sera un jeu d’enfant pour l’or.

* Mais attendez un instant, cher lecteur. Nous sommes également confrontés à une crise financière potentielle aux proportions monumentales. A mesure que les actions, les maisons et les instruments financiers sophistiqués perdent leur valeur… la "richesse" disparaît. Les gens ont de moins en moins de dollars à perdre… et ont de moins en moins envie de s’en séparer. En termes de dollars, le prix de l’or pourrait se stabiliser… voire chuter. Malgré tout, étant donné la rareté de l’or… et son historique de valeur refuge en temps de crise, nous pensons que le prix réel du métal jaune va grimper… même en cas de déflation généralisée à la japonaise.

* Enfin, nous n’en sommes pas encore là. Pour la majeure partie des gens, nous sommes toujours en plein boom… les prix grimpent… et l’or semble une bonne couverture contre l’inflation. Juste une supposition : attendez-vous à une correction à court terme… puis une autre hausse qui mettra l’once à plus de 1 000 $.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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