La guerre que le Deep State ne veut pas gagner

Rédigé le 16 avril 2018 par | actu géopolitique, Deep State Imprimer

Les guerres bidon ne sont que des prétextes à des dépenses publiques. Elles ne seront jamais gagnées, pour continuer à extorquer l’argent des contribuables.

Ouf ! N’annulez pas votre réservation pour ce soir dans votre restaurant préféré… conservez vos codes bitcoin… et ne jetez pas votre dossier médical ; vous allez peut-être pouvoir vous en servir, en fin de compte.

Le Dow Jones a grimpé en fin de semaine dernière, les marchés ayant surmonté leur inquiétude quant aux menaces de guerre.

Comme vous le savez, toutes nos guerres sont factices… du moins pour l’instant.

La guerre contre les pauvres…

La guerre contre les utilisateurs de drogue…

La guerre contre les terroristes…

La guerre contre le libre-échange…

Et même la guerre entre Donald J. Trump et le Deep State.

Toutes sont des ersatz… Contrefaites… bidon.

Des intérêts supérieurs au profit

Mais les gens sont bizarres. Si tout le monde réagissait de manière parfaitement calme et rationnelle sous la pression, les guerres factices le resteraient éternellement. Ce serait un monde bien différent !

Au lieu de ça, les choses tournent mal. Parfois, par accident, quelqu’un met de vraies balles dans les fusils… ou manque son entrée en scène… ou bien oublie que tout ça était « pour de semblant ».

Tous les aspects de la vie humaine comportent un risque de perte. En d’autres termes : faites le mauvais choix au mauvais moment, et vous risquez de perdre. Et si vous êtes un gouvernement qui passe des accords gagnant-perdant, ce sont les biens des autres que vous risquez de perdre.

Vendredi, nous avons souligné le risque évident d’une guerre commerciale avec la Chine. L’économie mondiale toute entière dépend désormais de taux d’intérêt ultra-bas. [NDLR : comment transformer ce risque en profits ? La solution existe… et elle tient en un seul trade. Pour tout savoir, cliquez ici.]

A 230 000 milliards de dollars de dettes, chaque fois que les taux augmentent de 1%, l’économie mondiale doit verser 2 300 milliards de dollars supplémentaires d’intérêts annuels. Le coût d’un tel fardeau est déjà supérieur à l’intégralité des profits des entreprises de la planète… et il augmente.

Si la Chine le décidait, elle pourrait soudain larguer une bombe de dettes sur les Etats-Unis – se débarrassant des obligations US… faisant grimper les taux d’intérêt et s’effondrer la bulle des actions et des obligations aux Etats-Unis (et dans le reste du monde par contagion).

Le vrai enjeu : ne pas gagner pour continuer à dépenser

Le risque dépasse un krach rapide et un choc isolé pour le système financier.

Les Etats-Unis ne sont pas le seul pays à émettre de la fausse monnaie. Lorsque les Etats-Unis dépensent de l’argent à l’étranger, les étrangers encaissent des dollars. Les banques centrales étrangères doivent créer une plus grande quantité de leur propre devise pour acheter ces dollars.

C’est ainsi que le monde entier s’est retrouvé inondé de « liquidités » et que les marchés de la planète – actions, obligations et immobilier – ont généralement grimpé ces 30 dernières années. Les banques centrales du reste du monde ont amplifié l’impression monétaire de la Fed avec leur propre impression monétaire.

A présent, les liquidités s’assèchent. La Fed n’ajoute plus de cash et de crédit. Au lieu d’acheter plus d’obligations (assouplissement quantitatif), elle laisse expirer celles qui figurent à son bilan (resserrement quantitatif). Et tandis que les taux sont encore à des planchers record, la Fed a commencé à les faire grimper, tout doucement.

D’autres banques centrales font de même. Il ne faudrait pas grand-chose pour déclencher une panique.

Mais fin de semaine dernière, tant la guerre commerciale que la guerre contre les terroristes semblaient être sous contrôle. Tout le monde semblait jouer son rôle.

Un peu plus tôt dans la semaine, on aurait dit que The Donald était prêt à envoyer des missiles en Syrie pour venger une attaque au gaz. Nous étions inquiet.

« Le président se rend-il compte que c’est censé être une guerre factice ? », nous sommes-nous demandé. Les Américains n’ont rien à faire en Syrie – d’un côté ou de l’autre – et n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe là-bas… ou pourquoi.

Mais ça va, pour une guerre factice, non ? S’il n’y a rien en jeu « pour de vrai », pas besoin de s’inquiéter de gagner.

En fait, mieux vaut ne pas gagner… de manière à pouvoir maintenir le flot d’argent et de pouvoir – extorqués au public pour aller aux quelques initiés du secteur militaire/défense.

Durant sa campagne, Donald J. Trump a suggéré qu’il mettrait un terme à ces guerres ingagnables. Il y a 10 jours, il disait :

« Que d’autres s’en occupent, maintenant. Très bientôt, très bientôt, nous partirons… Nous reviendrons dans notre pays, où nous appartenons, où nous voulons être. »

Oui, chez eux, c’est là que les Américains veulent être. Mais le Pentagone et ses compères fournisseurs ne peuvent pas gagner beaucoup d’argent si les Etats-Unis s’occupent de leurs affaires.

C’est désormais une exigence du Deep State que le président approuve les guerres hors de son sol. Cela signifie un plus gros budget pour l’armée… et plus de mésaventures à l’étranger.

Quelqu’un du Deep State (il en est entouré) doit le lui avoir rappelé. Des frappes ont donc eu lieu ce week-end – et M. Trump a été remis sur les rails :

« Mission accomplie ! », a-t-il tweeté.

Et le monde soupire… avant de tourner son attention vers une autre guerre factice : celle entre The Donald et le Deep State.

Nous y reviendrons.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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